12/05/2010

Souvenir

Quand le regret et/ou le remord vous mordent, il n'y a qu'un seul remède, une seule défense, il faut se souvenir. De tout. Pas uniquement des instants de bonheur, des moments heureux qu'on a vécu ensemble, mais aussi des choses que la mémoire, sans doute dans un reflexe d'auto-défense, a comme une tendance naturelle à gommer. Ou à tout le moins à diluer. Les moments de colère, de désarroi, de souffrance. Les disputes, les éclats de voix, les portes qui claquent, les pneus qui crissent. Les instants où on a pleuré d'impuissance, où on s'est tapé la tête contre le mur. Où on s'est cassé la voix, comme dans la chanson de Patrick Bruel. Où on s'est cassé tout court. Because invivable, plus d'air, au secours j'étouffe. Alors, alors, le regret et/ou le remord s'atténuent. Deviennent tout à coup beaucoup plus supportables. Voire même, disparaissent. Alors, alors, on peut repenser enfin à redevenir bien dans sa peau.   

16:48 | Commentaires (1) |

10/05/2010

Fragilité

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L'homme et sa fragilité. Et son besoin de protéger. Une fragilité induite par cette incessante quête de certitudes, alors que l'incertitude est le propre de la vie. Un besoin irrépressible de protéger ceux qu'il aime et son incapacité de les protéger tous. Voila ce qui le consume, l'homme. Voila aussi, peut-être, la raison de ces femmes autour de lui. Cette fragilité qui les attendrit et ce besoin de protéger qui les rassure. Mais cette fragilité, qu'elles prennent pour de la sagesse, et ce besoin de protéger, qu'elles prennent pour de la force, sont peut-être aussi, par la même occasion, la cause même de ses échecs, au mec. 

11:16 | Commentaires (2) |

09/05/2010

Tordu

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L'autre jour l'homme a dévoilé l'existence de Jade à son ex. Il fallait qu'il lui dise. Par respect pour elle et parce qu'elle avait le droit de savoir. Faut dire que son ex et lui sont restés fort proches. Il a encore toujours les clés de leur maison et elle lave et repasse encore toujours ses chemises. Pas beau, ça ? Ah bon ! D'abord elle a pleuré. Puis lui a dit que depuis quelques mois, elle se doutait bien de quelque chose. Et aussi qu'elle l'aimait toujours et qu'elle ne voulait personne d'autre dans sa vie. Après ils se sont encore téléphonés. Et ce qui est bizarre, c'est que ça les a rapprochés. Qu'à la limite, ça l'a même apaisée, elle, quelque part. Alors l'homme, au début, il pigeait pas trop. Et puis il s'est rappelé. Il s'est souvenu que dans le tonnerre et le fracas de l'explosion de leur relation, il lui avait jeté à la tête que ces sept années vécues ensemble avaient été les plus mauvaises de sa vie et elle, qu'elle n'avait jamais été aussi heureuse que pendant tout ce temps où elle avait été sa maîtresse. Et donc, l'homme commence à comprendre. Il ose à peine l'écrire, tellement c'est surréaliste, mais... et si... et si leur relation ne fonctionnait qu'en mode amant/maîtresse ? Et qu'elle retrouvait à présent, ou rêvait de retrouver, une situation quelque peu similaire... Fou ça, hein ?       

12:23 | Commentaires (11) |

07/05/2010

Page

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Notre existence est une page blanche sur laquelle s'écrit, année après année, le récit de ce que nous sommes et de ce que nous avons été. Aaah, c'est de la toute belle image, ça, hein. Mais trop belle. Beaucoup trop belle. Car la vie ne fait pas trop dans la calligraphie. Ferait plutôt dans le déchirement. Si bien qu'en réalité, la page, ben, on la déchire plutôt qu'on ne la remplit. Jusqu'à ce que, de déchirures de beaux amours en belles histoires lacérées, il ne reste en fin de compte que des bouts de papiers arrachés, plus ou moins jaunis, plus ou moins froissés, qui, épars, jonchent encore les dalles glacées de notre mémoire. Juste un souffle et les voila emportés à jamais.

12:52 | Commentaires (6) |

05/05/2010

Prisonniers

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D'accord, l'homme n'a peut-être rien compris à la vie. Et peut-être qu'il ne la comprendra jamais. Et peut-être qu'il n'y a rien à comprendre. Et peut-être que s'il y a quelque chose à comprendre, qu'encore il vaudrait mieux ne rien comprendre, parce qu'alors le charme, le mystère et l'inattendu disparaîtraient et il ne resterait que l'ennui, la monotonie et l'indifférence. Mais s'il y a une chose que l'homme a compris, c'est que la liberté n'existe pas. Qu'on est tous prisonniers. Prisonniers des autres, bien évidemment. Des obligations, de la bienséance, de la politesse, des sensibilités de la famille, voire même de celle des amis. Mais surtout, surtout, nous sommes tous prisonniers de nous-mêmes. De notre vécu, de notre enfance, de nos souvenirs, de nos regrets, de nos remords, de nos échecs, de nos illusions, de nos espoirs, de nos chimères (liste hélas non exhaustive...). Et s'il est possible, à la limite, de se libérer des autres, il est par contre tout à fait impossible de s'affranchir de soi-même.   

20:36 | Commentaires (6) |

03/05/2010

Accélération

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Ben non, l'homme n'a rien écrit ce weekend. A passé deux jours et une nuit avec Jade. Chez Jade. Emporté dans une sorte de tourbillon relationnel. Et si l'homme adore rouler à fond les pédales avec sa caisse, par contre il n'aime pas des masses que la vie passe trop brusquement à une vitesse supérieure, que les événements soudainement s'emballent et le trimballent, qu'au lieu que ce soit lui qui mène son existence, ce soit l'existence qui le mène lui. A horreur de se retrouver comme un con dans son petit kayak en plastique bleu et blanc, emporté par les crues débridées d'un torrent fou, avec dans les pognes juste deux petites pagaies à la con pour éviter la horde de rochers qui, au dernier moment, surgissent de partout. Sans parler de la cascade, qui est là tout au bout, qu'on entend mais qu'on ne voit pas, sauf évidemment quand c'est trop tard, et qu'on s'écrase la bouille en premier, en plein dedans. Aurait plutôt tendance à le déstabiliser, tout ça. Déjà que l'homme n'est pas des plus stables en temps normal, voire même carrément contradictoire de nature, ça va pas simplifier les choses.  

12:02 | Commentaires (4) |

30/04/2010

Eclipse

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L'autre soir, Jade souhaitait rester seule. Voulait du temps pour soi. Rien qu'à elle. Alors l'homme, la nuit venue, est parti arpenter les rues désertes de son patelin. Comme avant. Du temps où il errait, esseulé, dans son maquis. Où il pataugeait en solo dans son marais. S'est dit qu'en fait, qu'on soit en couple, qu'on ait une relation, qu'on connaisse un amour fusionnel ou un électron libre style Jade, ben, en fin de compte, on est toujours, quelque part, tout seul. Tout seul face à ses problèmes. Tout seul face à ses sentiments. Tout seul face à sa vie. C'est que la solitude est à jamais gravée dans le destin des hommes (h/f). Une sorte de mauvais sort originel. D'ailleurs, selon la mythologie, le mythe de Cellophane ou Aristophane ou un truc du genre, au départ, l'humanité était carrément androgyne. Ce n'est qu'après avoir fait l'une ou l'autre connerie contre Zeus que celui-ci, un rien fâché, la sépara en hommes et femmes. Et Adam et Eve, c'est un peu la même histoire. Puisque Eve, en fin de compte, a été créée à partir d'une côte d'Adam, si bien qu'avant ça, ben, ils partageaient en quelque sorte, eux-aussi, le même corps. Bref, tout ça pour dire qu'au final, ce n'est que dans les paradis charnels, quand les corps s'unissent et que les émotions se fondent, qu'on retrouve, l'espace d'un instant, cette plénitude perdue. Et qu'il y a comme une éclipse totale de la solitude. C'est aussi ce qui fait dire à l'homme qu'y a pas plus solitaire que Don Juan. 

13:19 | Commentaires (13) |