19/12/2013

Perspectives (bis, suite et fin)

 

i_am_not_immature__by_tanzanitecoil17-d5043nb.png

L'homme l'écrivait encore y a pas longtemps, voire même y a peu, les hommes agissent par désir et dans l'immédiat, les femmes par sentimentalité et sur la durée (voir note "Relation" du 7 décembre apr. J.-C.). Ce qui fait que là où les mecs font dans la spontanéité, le coup de folie, le "on y va, on verra bien après", les nanas, elles, font dans le réfléchi, le calculateur, le pondéré. La plupart du temps, la combinaison de ces deux approches ne pose pas problème. D'un côté les gisquettes aiment ce côté un peu casse-cou, un peu gamin, un peu immature chez les hommes. Tu leur fourguerais dans les pattes un barjot aussi aventureux qu'un bidet d'occase, aussi prévisible qu'une diarrhée après des pruneaux ou aussi apathique qu'un constipé sans ses Dulcolax, qu'elles seraient les premières à l'envoyer bouler vite fait bien fait. Aurait son C4 rapidos, le petzouille. D'un autre côté, elles aiment aussi jouer la sécurité, et donc tout à fait le contraire. Bref, chez les mecs, elles aiment sur le court terme ce qu'elles n'aiment pas sur le long. En somme c'est simple, elles aiment ce qu'elles n'aiment pas. Ce qui ne simplifie pas les choses. Surtout à partir d'un certain âge. Et le mec ci-avant dénommé l'homme - et ci-après aussi d'ailleurs - a atteint ce certain âge. Et le vit très mal, merci. Rien qu'à l'idée du nombre de balais qu'il se coltine, il crise de partout, hyperventile des soufflets et déchire du coeur. Se dit que c'est pas vrai, que c'est pas possible. Comme s'il était en train de rêver qu'il avait l'âge qu'il a, sachant qu'il se réveillerait - ouf - avec trente ans de moins. Sauf qu'il est déjà réveillé et que c'est un cauchemar. 

16:35 | Commentaires (2) |

17/12/2013

Perspective

 

996968_648970288483061_320717481_n.jpg

Ce matin, l'homme était au garage pour un winter check de sa caisse. Et donc, en attendant que sa casserole soit prête, il a déambulé entre les BM du show-room. Aaah du matos de première, hein, ça. De la beauté, de la puissance, de la technologie. Et comme la sienne sera payée dans quelques mois, ben, se verrait bien dans une nouvelle au printemps prochain... Alors l'homme raconte à Jade son mini-trip au pays des vroum-vroum. Plaît pas trop à Jade, ça, tout ce délire. Demande à l'homme comment il voit leur vie dans cinq ans. Quelle est sa vision ? Sous-entendu : y a d'autres priorités qu'une caisse qui coûte la peau des fesses. Enfin, elle a d'autres priorités qu'une caisse qui coûte la peau des fesses. La réponse de l'homme a été... euh... comme qui dirait... euh... directe. Alors, point de vue vision, c'est simple, a dit d'un trait que dans cinq ans il serait peut-être mort, ou dans une chaise roulante, ou un légume tenu en vie au bout d'un baxter. Que dès lors, en conséquence, et vu ce qui précède, il préférait nettement jouir de la réalité d'aujourd'hui que d'attendre un hypothétique paradis pour demain. Bon, d'accord, a peut-être dégainé un peu vite, le gars. N'a pas vraiment fait dans la dentelle, le mec. Mais Jade, coincée dans les files, n'avait pas eu le temps de passer au Delhaize, le frigo était désertique et l'homme avait faim. Et à un homme qui a faim, faut pas poser de questions existentielles, philosophiques ou autres trucs du genre. Un homme qui a faim veut bouffer. Point barre. Là-dessus, Jade s'est retirée dans la salle de bain pendant une heure... A suivre.  

22:08 | Commentaires (1) |

15/12/2013

Poisson

 

mainstream-confusion-ruth-clotworthy.jpg

Et donc voila. On est dimanche soir et l’homme et Jade rentrent at home. L’homme arrête sa caisse à hauteur du boîtier avec les touches et les chiffres qu’il faut enfoncer pour ouvrir la grille du parking, pousse sur les boutons, puis sur le « E » de « Enter » et… il ne se passe… rien. Nul. Zéro. Que dalle. La grille bouge pas d’un poil. Et l’espace d’une seconde, d’une fraction de seconde, y a comme confusion dans sa tête. Les chiffres il connaît. Doit s’être gourré dans leur ordre. D’habitude il tape la combinaison dans un éclair, sans réfléchir, automatiquement. Et là, tout à coup, il hésite. Doit réfléchir. Et plus il réfléchit, plus il est incertain. Un éclair de panique le cisaille en deux. C’est pas possible, ça, ce qui lui arrive maintenant. Il tapote sur ce bazar tous les jours, les yeux fermés, sans y prêter la moindre attention, dans un réflexe. Et aujourd’hui, il pédale dans le cassoulet. D’accord, tout ce bordel n’aura duré que le temps d’une hésitation et au final il ouvrira cette putain de grille et garera sa casserole comme d’hab, mais tout de même, ça l’a secoué, l’homme, cet espèce de court-circuit. Même s’il est du signe du taureau, serait pas impossible qu’il ait l’un ou l’autre ascendant poisson, le gars. Vu que chez les poissons, c’est bien connu, c’est la tête qui pourrit en premier. D’autant que s’il y a un organe qui fonctionne à fond la caisse chez l’homme, c’est bien son… quoi ? naaan pas ça… enfin… ça aussi… mais c’est son cerveau, que l’homme voulait dire, avant que vous ne l’interrompiez, petites coquines que vous êtes… Et donc serait pas étonnant qu'il s'use avant son tour, hein. Du coup se sent un rien lourd à l'intérieur, l'homme. Avec comme une angoisse pour le même prix.     

22:16 | Commentaires (0) |

13/12/2013

Pub

Déjà que la télé lui pète les noix, mais la pub, alors là, j'vous dis pas. Non seulement c'est complètement débile, mais en plus faut se la farcir dix fois par jour. Ou par soir, pour être plus précis. Non mais attend, vous allez au ciné pour mater dix fois le même film, vous ? J'pense pas. Vous vous tapez dix fois le même plat au resto, vous ? J'pense pas. Vous vous envoyez dix fois en l'air avec la même gonz... euh... non... pas un bon exemple, ça... Enfin bref, vous voyez ce que l'homme veut dire, hein. Heureusement, heu-reu-se-ment, et c'est une des rares bonnes choses qu'apportent les soi-disants fêtes de cette fucking fin d'année, y a maintenant les pubs de parfums. C'est qu'avec Guerlain, Prada ou Jean-Paul Gaultier on change tout à fait de crèmerie, hein. On joue dans un autre registre. On entre dans une autre dimension. On sort du trivial à cinq balles pour débouler dans l'esthétique, dans la classe, dans la sophistication. Non mais c'est vrai, lookez moi ça :

  

 

 

Aaah on est loin de la pub d'Immodium contre la chiasse, là, hein. Ou de la barbaque festive de chez Lidl. Sans parler de Carrefour et de son choeur d'ahuris tout en rouge, sensé attirer le pigeon mais qui ferait à coup sûr déguerpir l'homme (l'homme a failli commettre le jeu de mots "Choeur de l'Armée louche" mais s'est abstenu in extremis, pris par une soudaine angoisse face à son propre potentiel de connerie).

13:33 | Commentaires (1) |

11/12/2013

Préfrontal

 

Prefrontal1.png

D'ordinaire, comme le tout-venant, l'homme est avenant. Serviable, sans être servile. Poli, sans pour autant briller (pas mal celle-là, hein, pas mal...). Bref amène, bien élevé et sociable. Toutefois, toutefois, une fois au volant de sa caisse, il change du tout au tout. Lui qui était empressé, devient soudain pressé tout court. Lui qui était prévenant, devient, sans prévenir, impatient. Tout à coup, lui qui était plein de diligence, devient un cow-boy (aaah, pas mal non plus, hein, surtout à cette heure tardive... Ah bon !). Et donc colle au pare-choc. Passe à droite. Cligne des phares. Tout à fait pas lui tout ça. Comme si lui était un autre. Aaah le nombre de fois qu'après avoir garé sa caisse devant chez lui, il s'est dit non mais quel crétin je suis, comment c'est possible d'avoir été aussi chiant, aussi malotru, aussi nul. Combien de fois il s'est fait la remarque demain, demain, je roule peinard, cool, normal, civilisé. Et le jour suivant, c'est rebelotte. Fou ça, hein, ce comportement qu'on sait répréhensible et qui pourtant reste irrépressible. Alors, il a un rien cherché. Voulait comprendre le comment du pourquoi. En fait, ce pourrait être un dysfonctionnement du cortex préfrontal. En particulier du cortex orbitofrontal, le machin qui régule le comportement social, l'inhibition, le contrôle de l'humeur. Aaah mais ça change tout, ça. C'est plus la même chose, ça. Puisque, en fait, il n'y peut rien, le mec. Tout compte fait, c'est pas ça faute, c'est celle de ce lobe à la con. Parfaitement innocent, qu'il est. Acquitté. Du coup, se sent tout soulagé, le gars. Tout léger. A moins évidemment, qu'il doive se faire soigner. Euh... y a-t-il un docteur dans l'avion?      

22:07 | Commentaires (3) |

09/12/2013

Ennui

L'autre jour l'homme zonait sur YouTube lorsque soudain, tout à coup, et même tout à fait subitement, il est tombé sur un titre de Brel qu'il ne connaissait absolument pas et qui s'appelle "Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient". Alors évidemment, ça l'a interpellé. Et l'a fait réfléchir. D'autant que s'il existe un trait typiquement masculin, c'est bien l'ennui. Blaise Pascal le disait déjà il y a 400 ans : un roi sans divertissement est un homme plein de misères. C'est vrai que les nanas ont toujours de quoi s'occuper, s'affairer, s'activer, pendant que les mecs, eux, très vite ils... s'ennuient. Et alors, très vite aussi, ils deviennent agités, nerveux, tendus. Genre chevaux enfermés trop longtemps dans les écuries et impatients de sortir au grand air. Non non, faut dire ce qui est : un homme qui s'ennuie devient très rapidement ennuyeux. Voire même ennuyant. Ou pire. Puisque pour tromper l'ennui, certains n'hésitent pas à tromper tout court. Ceci dit, la chanson de Brel (1963) est superbe. Surtout cette phrase : "Bon an mal an on ne vit qu'une heure". Peut-être un rien exagéré, mais tout de même, tout de même... 

13:52 | Commentaires (0) |

07/12/2013

Relation

 

kino1.jpg

Alors que le plaisir n'est rien de plus que la pure jouissance physique, le désir, lui, va bien au-delà : c'est l'attrait de l'inconnu, du mystère, de la découverte. Et c'est précisément par désir que les hommes commencent une relation. Dans une impulsion, une pulsion, qui leur est impossible à prévoir, qui les prend par surprise et les laisse pantois. Les femmes, elles, commencent une relation par manque. Manque d'affection, de tendresse, de protection, d'amour. Alors que l'homme agit exclusivement dans le moment, dans l'instantané, la femme pense déjà sur la durée. Le résultat est invariablement le même : d'abord les hommes perdent le contrôle de soi et ensuite, lorsque enfin ils retrouvent le contrôle de soi, ils perdent le contrôle de l'autre. Si bien que, pour paraphraser Aragon quand il dit qu'il n'y a pas d'amour heureux, à fortiori, l'homme déclare qu'il n'y a pas de relation heureuse.  

11:34 | Commentaires (1) |