14/09/2013

Pyjama Day

L'été indien a été. Ce samedi, c'est plutôt l'automne diluvien. Il pleut, il bruine, il grisaille. Alors aujourd'hui, l'homme, il bouge pas. Mettra pas le nez dehors. Restera en peignoir. En fera un pyjama day, le mec. Peut-être, sur le tard, ce soir, un petit resto douillet et sympa, mais pas plus, hein. Et donc, Jade : et si on allait chez Nespresso, hein hein, on a presque plus de capsules et... naaan, sors pas, moi. Jade (bis) : on pourrait peut-être aller ensemble au Delhaize, hein hein, j'ai besoin de fruits, de légumes et... naaan, j'sors pas j'te dis. Jade (ter) : et si on prenait la voiture, hein hein, et... naaan, j'reste ici, moi. Quoi ? C'est pas social ? Ben non, c'est pas social. A été social toute la semaine, l'homme. Du matin au soir, qu'il a été social. Cinq jours, dix heures par jour, qu'il a été social. Alors en a marre d'être social. Lui faut du "me time". Et un fond de musique qui le détende. Genre ci-dessous.     

Et Jade, tout compte fait ? Ben... ça fait deux heures qu'elle s'est retirée dans la salle de bain et que l'homme doit se farcir le ronronnement de son Epilady. Enfin, il suppose que c'est son Epilady... mmwwoouuuahahaha... m'escuse... 

 

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12/09/2013

Dynamique

 

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Dans la vie de couple, à un moment donné, on se rend compte qu'on entre dans une dynamique de résignation. Résignation à la routine. Au train train. A l'ordinaire. Une sorte de dynamique de l'immobilisme, en mouvement vers l'arrêt. Genre un mec et une nana, les cheveux au vent sur l'autoroute, dans une voiture sport, toute décapotable et tout, et qu'on croyait qui roulerait toujours, pleine de rires et de bonheur et de joie, à fond la caisse direction le sud, le soleil et le mistral, et qui soudain tomberait en panne d'essence et ralentirait, et  ralentirait encore, et ralentirait jusqu'à mourir sur la bande des pneus crevés, au milieu des orties, des canettes de coca étranglées et des cartons d'emballages de Mc Do éventrés. Bon d'accord, cette phrase est nulle mais c'est juste pour que vous pigiez où l'homme veut en venir. Et c'est là, justement là, qu'il faut rester bien éveillé. Because là, si t'es pas sur le qui-vive, t'es mort. Hein ? Quoi ? Les signes annonciateurs de perte de vitesse relationnelle ? Ben c'est simple, chacun dans son écran, dans ses pensées, dans ses silences, retranché dans ses retranchements, dans son camp, dans sa moitié de lit, de canapé... mais... nondidju di nondidju... c'est exactement ce qui arrive à Jade et à l'homme, ça... Non non, grand temps de relancer la mécanique, de démécaniser sa vie, de revitaliser le "nous", de renouer avec la tendresse, de tendre à nouveau vers la passion.            

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10/09/2013

Incorrect

Alors sur ce coup, l'homme vous file une vidéo qui décoiffe : celle d'un mec qui en août dernier a fait le tour de Manhattan, soit 42,5 km, en top chrono 24 minutes et 7 secondes. Et attention, hein, en s'arrêtant aux feux rouges. Et à six reprises en plus. D'ailleurs, puisqu'on cause reprises, celles de sa BMW Z4 3.0 doivent pas être mal non plus. Le genre de caisse qui arrache, hein, ça. Quoi ? Vous trouvez que c'est pas bien !? Vous dites que c'est complètement débile !? Que ce mec doit être enfermé ? Pendu par les burnes ? Aaah c'est que montrer des trucs pareils c'est pas du tout politiquement correct. Et ça, l'homme le sait pertinemment bien. C'est justement pour ça qu'il le fait. Car disons-le franchement, par les temps qui courrent, ce qui est politiquement correct, c'est surtout hypocritement faux. Collectivement castrant. Individuellement abêtissant. Et de manière générale, égalisant par le bas. Et donc l'homme dit non à une société trouillarde et peureuse qui, toujours plus, a tendance à considérer la liberté comme une menace. 

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07/09/2013

Comprendre

 

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Avant, quand l'homme pigeait pas certains trucs, ça le foutait immanquablement dans une rogne pas possible. Lui atomisait, à chaque fois et à la fois, son ego, son moral et sa fierté. Lui collait à tous les coups une déprime j'te dis pas. Mais l'homme change. Réalise toujours plus que la plupart de ces bazars au quotidien et de ces machins de tous les jours qu'il ne comprend pas, en fait, ne lui sont d'aucune utilité. Ne lui apportent rien. Rien pour mieux vivre, rien qui puisse lui apaiser l'esprit, rien qui soit susceptible de contribuer de quelque manière que ce soit à son bonheur. Alors, de plus en plus, il laisse filer. N'entrave que dalle mais s'en bat la rondelle. De toute façon, les choses vraiment essentielles dans  l'existence sont celles où il n'y a rien à comprendre.

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04/09/2013

Vivre

 

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Elle a 41 ans. Elle a un enfant de 12 ans. Elle a été admise aujourd'hui à l'hôpital. Aux soins palliatifs. Palliatifs, bordel de merde. Bossait pas directement pour l'homme, mais dans ses environs tout de même. Une femme bien. Onze ans de maladie. De saloperie dans son corps. Et pas une plainte. Du coup, les clichés envahissent les couloirs : et c'est injuste, et y a plein de salauds qui vivent cent ans alors qu'elle, et il faut vivre, et il faut profiter de la vie avant que... Et tout le monde acquiesce, approuve, adhère, opine. L'homme aussi. Lui qui chaque matin se les casse dans les files, qui du matin au soir macère dans l'airco de son burlingue, qui chaque midi bouffe son sandwich poulet curry / fromage moutarde / salade de l'un ou l'autre brol devant son laptop, qui chaque soir s'endort dans son fauteuil et ne se réveille que pour aller dormir. Lui qui fait tout, sauf vivre. Et qui, plus que quiconque, en est conscient. Et souffre de ce temps désespérément rationné, douloureusement contingenté, inéluctablement finissant, qui lui reste sans savoir combien il lui en reste. Résultat, ce soir il est rentré chez lui tout noir, noir de noir, dans sa tête. Demain, normalement, il devrait être toute la journée en séminaire de management. Pas sûr qu'on le verra à cette singerie... 

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02/09/2013

Braderie

 

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D'Euralille au Vieux-Lille en passant par le centre de Lille, pas une rue de Lille, pas une place, pas un pouce de trottoir, pas une once de parc public qui n'était pas plein de braderies, de brocantes et de brol, hier dimanche. Jeté par terre, éparpillé sur des tréteaux, étalé dans des échopes, disséminé sur des couvertures, était exposé le bric à brac de tous les greniers, de toutes les caves, de toutes les remises et de toutes les granges de France, de Navarre et des contrées environnantes. Tellement indescriptible qu'impossible de décrire dans une description descriptive. Le tout envahi par une masse de bombasses, de chaudasses, de pétasses, de snobinards, de loubards, de malabars, de glandouilleurs, de zoneurs, de flambeurs, de flâneurs, de tous poils, de tous âges, de toutes sortes, de toutes fringues, de toutes couleurs, tellement que z'avez pas idée. Et emportés par cette foule qui les traîne et les entraîne - voir Edith Piaf - y avait aussi Jade et l'homme. Quatre heures à chiner, qu'ils ont passées. Non stop. Sans rien chercher. Et sans rien trouver. Normal, vu qu'ils cherchaient pas à trouver quelque chose non plus.

Quant à la bouffe, c'est simple : dans tout Lille, z'avez le choix entre 3 (trois) plats. Soit le potje vleesch avec des frites, soit le tartare avec... des frites, soit les moules avec des... frites. Point barre. Si t'aimes pas, passe ton chemin. Alors, le potje vleesch c'est un bazar avec des morceaux de poulet, de lapin, de veau, de lard et dieu sait quels autres restes de barbaque trouvés par le chef au hasard de sa cambuse, et le tout en... gelée. Euh... non merci... sans façon. Le tartare, alors ? Euh... c'est à dire que... le tartare, c'est bien connu, c'est de la viande de boeuf crue avec du ketchup, de la sauce Worcestershire, des câpres, du Tabasco et un... jaune d'oeuf... question d'être certain de ne pas louper la salmonellose aigüe... euh.. c'est pas pour rien que dans la mythologie grecque le Tartare est un lieu des enfers... et donc pas vraiment le truc de l'homme non plus. Restent les moules. Sauf que les moules locales sont aux moules hollandaises ce qu'une crevette est à une baleine : insignifiantes. Tout ça pour dire, qu'en période de braderie, pour bien manger à Lille faut aller à Bruxelles.

Résultat final de cette belle journée française : l'homme s'est levé ce matin avec les pinceaux en coton, les genoux en compote et les panards en lamelles. Pensait jouer au golf cette après-midi, mais vu son état de délabrement général, s'est vu contraint d'aller bosser. C'est dire...      

20:29 | Commentaires (1) |