19/07/2013

Rosé

Mes cigarettes, t'as oublié mes cigarettes, dit Jade sur le ton maman gronde bébé. C'était hier soir, l'homme est attablé derrière son laptop et Jade rapplique du boulot. Ben ouais, il a oublié ses sèches. Et alors ? N'en a rien à cirer de ses sèches, d'autant qu'en plus, il ne fume pas, lui. Avant de rentrer il s'est tapé le Delhaize, a rempli le frigo de Coca zéro, d'eau, de bière, de Schweppes agrumes, de salade de moules, de salade de poisson, de brochettes de dindes marinées, d'oeufs, de petits pots de riz au lait, de jambon braisé et plein d'autres trucs et oui, c'est vrai, il oublié les sèches de Jade. Je te l'avais encore spécialement demandé, n'oublie pas de me ramener des cigarettes, t'as oublié ? Ouaiiis ça va, j'ai oublié, vais aller te les chercher, tes sèches, d'accord ?   

Dans la rue, l'homme a cette impression qu'il est là pour tout le monde, qu'il court après tout le monde, qu'il fait tout pour tout le monde, ses fils, Jade, les barjots du boulot, mais que personne n'est là pour lui, ne court après lui, ne fait quoi que ce soit pour lui. Très désagréable, ce sentiment, qu'il ne connaît que trop bien. Et qui, en général, font qu'il se retire dans ses plaines intérieures, dans ses silences, derrière ses murs d'enceinte. Et comme si ça ne suffisait pas il a aussi mal aux genoux, aux ménisques, aux rotules, aux ligaments, au cou, aux omoplates, aux cervicales et aux os en général, qui fait qu'il se sent tout à coup tout vieux, et il est mal dans sa tête où y a comme un cocktail qui clapote mollement, un tiers de putain quelle vie, un tiers d'à quoi bon, un tiers de qu'est-ce que je fous ici et un zeste d'après moi les mouches, qui fait qu'il se sent tout à coup tout dépri. Mais là aussi, le monde s'en fout.

Heureusement, heureusement, il a également ramené du Bordeaux rosé (Bordeaux Clairet, Château Parenchère, 6,49 € au Delhaize. Et qu'est-ce qu'on dit ? Merci l'homme pour le product placement. Ah bon.). Ce qui lui rappelle sans crier gare la chanson du même nom de Clo-Clo. Qui date de 1978. L'année de son second mariage, à l'homme. Fou ça, hein. D'accord, la vidéo est tout à fait tarte. Mais c'est la nostalgie. Une nostalgie tout à fait tarte aussi d'ailleurs. 

Allez, Bordeaux rosé, take us away...

11:21 | Commentaires (1) |

17/07/2013

Norbert

Aaah c'est trop con... Mais perso, trouve ça... mmmooouuuaaahahaha... M'escuse...

Arthur 3.JPG

13:34 | Commentaires (0) |

15/07/2013

Papou

 

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Voila-ti pas, pendant que l'homme était une fois de plus en train d'essayer de faire semblant de savoir jouer au golf, qu'aujourd'hui un de ses fistons est devenu papa. Et en conséquence, ce qui est normal vu qu'il est tout de même un mec plutôt conséquent, l'homme est devenu papou. Pour votre info : papou vient du latin papinus. Hein ? Naaan, ça veut pas dire que t'as pas de pinus, ça veut tout simplement dire grand-père. Voila ! Non mais ! Aaah ça fait tout de même quèque chose avec un homme, hein, ça. Qu'aujourd'hui y a un petit bonhomme qui commence sa vie, sans passé, sans histoire et sans histoires, avec une page miraculeusement blanche, où la première lettre du premier mot de la première ligne doit encore être écrite. Très certainement cette première lettre sera un A, en majuscule, et ce premier mot sera "Amour". Alors aujourd'hui, c'est simple : c'est champagne pour tout ce qui bouge. Mais quel défi, pour tous ceux qui bougeront désormais autour de lui, que d'être les défenseurs, les gardiens et les garants de son bonheur... Allez, on fera de notre mieux, c'est promis, petit Maxime, puisque tel est ton nom.      

       

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14/07/2013

Bout

 

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Y a quelques jours l'homme lisait sur un des rares blogs qu'il fréquente (http://zosio.skynetblogs.be) la fin de cet intello qui, sur le tard, s'enfermait avec sa bouteille de whisky et ses Gitanes pour écrire une thèse de doctorat qu'il ne présentera jamais et qui au final se fait laché par un corps prématurément, irréversiblement, et presque volontairement, usé jusqu'à la corde. L'homme a toujours été fasciné par ce genre de conquérants de l'inutile qui vont jusqu'au bout de leurs passions, de leurs rêves et de leurs excès, et par la déchéance, le délabrement et la dégénérescence, précoce, prévisible et prévue, qui en est généralement le prix. Car dans la vie, l'intensité se paie cash. En années de moins. Sous forme de formule formulée plus formellement on pourrait dire : plus tu vis et moins tu vis.

Attention, l'homme lui-aussi sent encore de temps à autres les vagues sauvages de l'interdit venir se fracasser contre les hautes digues que la raison a érigées en lui, et derrière lesquelles il s'est retiré, depuis cette unique fois où dans sa vie il est allé jusqu'au bout, et qu'au bout y avait la Bérézina. Nondidju de nondidju, mec, quelle belle littérature tu viens de nous faire là : les vagues sauvages de l'interdit venir se fracasser contre les hautes digues de la raison... c'est anthologique, ça. Proustien, Flaubertin, Baudelairesque... Quoi ? N'en avez rien à cirer, c'est dimanche et y a le Tour de France et le mont Ventoux à la télé ? Bon ok... 

11:44 | Commentaires (1) |

12/07/2013

Inanité

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La ville est vide. L'agenda et la messagerie de l'homme aussi. Autour de lui, y a rien qui bouge. Même pas le vibreur de son GSM. N'a pas l'habitude de ce genre d'inaction, l'homme. Accentue encore en lui ce sentiment d'inanité qui, déjà en temps normal, ne cesse de le tirailler. Quoi? Naaan, inanité et onanisme c'est pas la même chose. Hein ? C'est parce qu'y a deux "n" dans les deux que vous pensiez que... ? Ben, dans anonner y a plein de "n" aussi et pourtant ça n'a rien à voir non plus. Encore une chance, vous qui anonnez du matin au soir... z'auriez l'air beau sinon... Non mais attend, c'est vrai quoi... Et donc l'homme est en pleine décompression. Genre baudruche à moitié dégonflée. Sur une mer sans vague et sans vent. Avec zéro beaufort dans les voiles. Alors ça fait un peu radeau. Un peu dérive. Un peu naufrage. Et l'homme n'aime pas trop ça. Et puis ces chansons de Johnny qui hurlent quelque part dans sa tête : allumeeeez le feu, allumeeeez le feu-eu-eu... Et aussi : qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir envie, qu'on rallume ma vie...  

14:59 | Commentaires (1) |

09/07/2013

Koala

 

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Alors aujourd'hui, réunion. Autour de la table : une directrice générale de l'un ou l'autre machin, une directrice générale adjointe de l'un ou l'autre bazar, le président de l'un ou l'autre comité de direction, une conseillère de l'un ou l'autre cabinet de l'un ou l'autre ministre, une autre conseillère d'un autre cabinet et... l'homme. Tout ce petit monde, sympa, professionnel, brillant, novateur, passionné et passionnant, vraiment, mais surtout, surtout, 25 ans plus jeune que l'homme... Et ça, l'homme l'a senti. S'est senti un rien dépassé, le mec. Intellectuellement grillé. Pataud, pas à l'aise, pas chez lui. Un koala parmi les gazelles. 

Maintenant faut savoir, et ceux qui suivent le blog de l'homme le savent, et les autres qui ne le suivent pas le savent maintenant aussi, l'homme est dans la course pour une big promo. Genre CEO, niveau PDG, gabarit big boss, façon "je parle, tu écoutes". Alors, une fois rentré à son burlingue, il a une nouvelle fois parcouru les noms des gisquettes et petzouilles du comité de sélection qui sélectionnent les gisquettes et les petzouilles qui sont candidats. Et là aussi, rebelotte : et je te préside ceci, et je te directeur cela, et je te prof de management, et je t'expert en machin-truc, et je t'expérience en machin-chose.

Alors l'homme a été saisi. D'une sorte de découragement. D'une sorte de panique. D'une sorte de remise en question. Et s'il avait commis une erreur monumentale en s'engageant dans cette course à la promotion? Et si, dans un moment d'aveuglèment, d'euphorie, il s'était sur-estimé? Aaah, il le voit déjà, le magnifique mur qu'il va prendre en pleine bouille.

Alors, en désespoir de cause, il a relu le plan de gestion qu'il a dû introduire pour défendre sa candidature. Pfff... bon... voyons voir... qu'est-ce que j'ai encore pondu, au juste... euh... aaah ouais... c'est pas mal, ça... pas mal tourné... bien écrit, en fait... tient la route, ça... allez, ça va aller... quoi ? t'es le meilleur, mon pote.

Enfin, on verra. Toute façon, pas jouée, hein, cette singerie...

20:38 | Commentaires (2) |

06/07/2013

Citation

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"La solitude est une prison. Mais alors aux murs et aux barreaux à l'intérieur, au lieu d'autour de nous."

Citation du roman "Les noirs néons du néant" (Prix Goncourt 2015, Editions Lamotte-Auburnes) de Sylvain L'Homme (1951 - 20zut). Autres oeuvres du même auteur : "La pesanteur de l'apesanteur et vice-versa" (Prix Femina 2017) et "Les femmes, la flamme et la flammazine" (Prix Tena Lady 2018). Source : Wiskipedia.    

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