09/06/2012

Liberté

 

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Ce qui est grave c'est qu'on naît libre mais qu'après on ne l'est plus. Y a le boulot, la maison, la nana, les mômes bref plein de trucs qui font que la liberté, ben, n'en reste pas des masses. Because sont autant de choses qui nous lient, qui nous obligent, qui nous attachent. Et l'ironie veut que cette liberté qu'on chante sur tous les tons, qu'on chérit de partout, pour laquelle on se bat, on descend dans la rue, ben... c'est en premier lieu nous-même qui nous nous en privons. Pourquoi ? Ben parce que sur notre échelle des valeurs à la con, y a apparemment quèque chose d'encore bien plus important que la liberté, quèque chose pour laquelle on est prêt, jour après jour, à la sacrifier, la liberté, quèque chose pour laquelle on la troque sans sourciller, la liberté, et c'est quoi, ce bien suprême ? Ben c'est... le confort. C'est pas liberté, égalité, fraternité, qu'il faut écrire sur notre devise, c'est propriété, sexualité, facilité. C'est pour ça que tout le monde bosse. Pour avoir une plus grande maison, une plus grosse bagnole, une plus belle nana (ben ouais, les chouettes filles ont l'embarras du choix, alors, tant qu'à faire, elles choisissent les mecs qui ont du blé. Logique non ?). Ce qui est marrant c'est que justement les mecs qui ont une grande maison bossent tellement qu'ils n'y sont jamais, à la maison. Que les mecs qui ont une grosse bagnole sont tout aussi bien dans les bouchons que le commun des petzouilles dans sa caisse à savon. Et que ceux qui se tapent des nymphettes affolantes sont encore plus cocus que les autres, because savent pas être à la fois à la bourre et au câlin (audacieuse variante sur "au four et au moulin" : aaah l'homme, mais jusqu'où ira-t-il dans sa folle témérité littéraire...?). Non non, la seule liberté qu'on a, est celle de pouvoir choisir notre prison, c'est tout. Mais bon, dans le monde y a plus grave que ça, beaucoup plus grave. 

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07/06/2012

Urin-Art

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Aujourd'hui, l'art est partout : dans les rues, dans les parcs, dans les stations de métro et à présent même dans les urinoirs. L'Urin-Art, en quelque sorte... Extraordin-art, non ? 

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05/06/2012

Âge

 

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Aaah bien sûr y a quèque chose comme l'âge officiel. Celui de sa carte d'identité, de son acte de naissance ou de son permis de conduire. Mais à côté de ça, y a des tas d'autres âges, hein. Celui qu'on paraît, par exemple. L'homme a fait le test. A téléchargé sa bouille d'ahuri dans un logiciel à la noix qui lui a promptement fait savoir qu'il faisait un bon 8 ans de moins. Yéééé, vive l'informatique. Par contre, la dernière fois qu'il a vu son dermato because l'une ou l'autre tâche de beauté à enlever, ben, le petzouille dans sa petite blouse blanche à la con lui a annoncé tout de go que sa peau faisait un solide 10 ans de plus que son âge, au mec. Because trop au soleil pendant trop d'années. Merci docteur, fait toujours plaisir à entendre, ça. Mais c'est pas grave. Because dans sa tête, et ici l'homme est catégorique, il a sûrement pas plus de 17 ans. Alors ça compense. Quant à son coeur, bien malin qui pourrait lui donner un âge. A un côté vétéran. Vieux de la vieille. Revenu de toutes les guerres, de toutes les guèrrières, de tous les walhallas de seconde main et paradis de second coeur. Mais il reste aussi, et encore toujours, un rien imprévisible. Est encore très tachycardique de dessous chics. Sujet à emballements instantanés. A accélérations incontrôlées. Disons que s'il trimballe pas mal de bois mort, y a encore du bois vert dedans aussi. Plus des masses, mais tout de même...           

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02/06/2012

Sans

 

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Pas vraiment le jour de l'homme, hier. Le matin il devait se taper un des innombrables comités de pilotage (SteerCo, de steering committee, comme disent ceux qui veulent en jeter en anglais) / comités d'accompagnement (Comac, comme disent ceux qui veulent en jeter en français) / groupe de travail (GT comme disent ceux qui veulent en jeter en abrégé) et dont il est selon les cas, le président/médiateur/facilitateur/membre ou un truc du genre, z'avez qu'à rayer les mentions inutiles. Comme sur ce coup c'était un gros machin qui ne se réunit que tous les trois mois et auquel il avait en plus invité son boss, il s'était super bien préparé. Et donc le voila qui accueille tout le monde, qui remercie tout le monde et bla bla bla, et puis se lance dans le petit discours genre pep-talk qu'il avait soigneusement écrit, dont il avait minutieusement pesé et soupesé les effets, les images, les mots et les bons mots, et qu'il s'appliquait à présenter comme s'il lui venait à l'esprit à l'instant même - facile, suffit de parler lentement, voire même de s'arrêter de temps à autre question de faire semblant de chercher ce qu'en fait on connaît par coeur - lorsque, au moment précis où il allait lancer la pointe, brillante, de son discours, voila-ti pas que la porte de la salle s'ouvre brusquement dans son dos et rentre une bonne femme qui lance tout de go : "m'escouze, z'apporte il caffè, souis oune po in ritard et donque souis là maintenang avec les boissong". Du coup la pointe de l'homme part en vrille et tombe à plat, style plongeur qui prend une pelle et s'écrase splààààtch à plat ventre dans la flotte. Heureusement, il en avait réussi une toute belle juste avant, ce qui a tout de même limité les dégâts. Dégâts qu'il a encore plus limité en passant vite fait d'abord la parole à son boss et ensuite à l'ordre du jour...

 

Après dix milles "moi je pense que", "moi je dis que", "moi j'estime que" éructés à tour de rôle par les participants qui participaient de manière très participative, et après les avoir d'ailleurs remerciés pour leur participation, l'homme clôture la séance. Un coup d'oeil à sa montre. Nomdidju de nomdidju il est déjà 13 heures. Il déboule dans son bureau, lit en diagonale la chiée de mails qu'il a reçus entre-temps, éteint son ordi et sprinte vers les ascenseurs. Pas une seconde à perdre, doit absolument passer au garage because loupiote avant gauche de sa caisse pétée et donc faut réparer avant le weekend. Faut dire qu'à force de rouler à fond la caisse et de jouer des phares, sont toujours vite usés, ses lampions...

 

Enfin le voila qui déboule dans l'appart. Jade est allongée dans le canapé. Anéantie, annihilée. Passée chez le médecin, rhume des foins, allergie, asthme, les soufflets essouflés, sait pas respirer, a le nez qui coule, les yeux qui coulent, le moral qui coule. Et l'homme qui n'a toujours rien bouffé de la journée, qui crève la dalle, qui se réjouissait déjà de faire tantôt un petit resto sympa... et ben t'oublies. Avec tous ses médocs, Jade est complètement dans le gaz, pas faim, me sens moche. Et c'est donc au rayon traiteur du Delhaize qu'on le retrouvera peu après, le mec. Barquettes, micro-ondes et à la télé des feuilletons pour rigoler qui font pas rigoler...

 

C'est clair, y a des vendredis saints et puis y a des vendredis sans.              

                 

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