16/05/2012

Remplissage

 

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Ouais ouais je sais, l'homme fait que râler ces temps-ci because n'a plus jamais le temps. A toujours plein de trucs et de machins à faire au boulot, avant le boulot, après le boulot, le samedi, le dimanche, les jours fériés, bref n'a plus un moment de repos, un moment à lui, un moment pour faire ce qu'il veut, un moment pour se faire plaisir, un moment où on lui fout la paix. Alors ce matin il se disait comme ça, et si demain t'arrêtais de bosser, que tu resterais full-time at home, qu'est-ce que tu ferais, hein, de ton temps, de tout ce temps, maintenant que t'aurais le temps? Première chose : il serait moins à la bourre. Devrait plus se presser, s'empresser, presser le pas. Bon. C'est déjà pas mal. Et ensuite? Ah oui, ensuite? Ben sais pas moi, ce qu'il pourrait bien faire. Rester dans son fauteuil et lire. Pas bête, ça. Mais y a pas de masses de bons bouquins et puis... pffff... pas quitter son fauteuil c'est plutôt abrutissant, hein. Pourrait se ballader aussi. Se promener au parc. Mais bon... le parc... le parc... à la fin en aurait ras le bol, du parc. Pourrait jouer tous les jours au golf. Aaah ça, c'est pas mal. Mais il joue comme une clinche et si c'est pour rentrer tous les jours en fulminant sur ce jeu à la con et sur le sens que ça a de taper comme un con sur une balle à la con pour la faire rentrer dans un trou à la con 400 mètres à la con plus loin, ben, voit pas vraiment où est l'intérêt du bazar. Pourrait aussi aller tous les jours au Delhaize et cuisiner plein de petits plats à l'aise. Chouette ça, quand on a, comme les chefs à la télé, une big cuisine avec ilôt de cuisson, un grand four à l'ancienne, une méga cuisinière avec plein de becs à gaz et plein de belles casseroles en cuivre partout, mais nettement moins dans une cambuse d'appart où les pots vous tombent sur le cigare dès qu'on ouvre une armoire. Aaah décidément, pas évident de remplir son temps une fois qu'on a du temps. Déjà qu'y a cet affreux mot "remplir". Car qui dit remplir, dit vide. Vide comme la vie qui en fait est un immense machin mais où y a rien dedans, un énorme conteneur mais sans contenu. A nous de le remplir. Avec n'importe quoi. Certains passent leur vie à être premier ministre, PDG ou star de cinéma, d'autres à collectionner des timbres postes, à glandouiller dans leur potager ou à fixer le bout de leur canne à pêche. Et intrinsèquement, y a pas la moindre différence : ce qui importe c'est de remplir, pas avec quoi on remplit. Ou pour le dire plus plastiquement, l'important n'est pas la farce mais de farcir. Bon, là, j'arrête because l'homme pffff... faut se le farcir aussi, hein...  

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14/05/2012

Lundi

 

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Sale lundi, pour l'homme. Les jambes lourdes, la tête lourde, l'homme est fatigué. A trop d'ordres du jour à mettre à jour, de présentations à présenter, de réunions à réunir, d'agendas à agender, de démotivés à motiver, de notifications à notifier, qu'il en perd le contrôle. Et le courage. Travailler jusque ses 65, 75 ou 95 ans l'homme veut bien, mais pas bosser pour deux. Là, y a exagération. Et exaspération. Non non, faut que ça reste raisonnable, hein. Y a cinq ans, il coltinait pas la moitié de ce qu'il se tape comme boulot aujourd'hui, le gars. Pas normal, ça. D'accord, les heures comptent encore toujours autant de minutes qu'avant, par contre, avec toute cette informatique qui va de plus en plus vite, maintenant tu ramasses plus de boulot en une demi-heure qu'avant en une demi journée. De là l'indigestion. La surchauffe. Le ras la patate. Surtout les jours comme aujourd'hui. Où il fait beau, où y a du soleil, où le ciel est bleu et où on se dit en sortant du parking, encore une belle journée de loupée. Et qui ne reviendra plus.

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12/05/2012

Souvenirs

 

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Demain c'est la fête des mères. Yéééé!!!  Enfin... yéééé... pas pour tout le monde. Pour les fistons de l'homme par exemple, dont ce sera la première fête des mères sans leur mère, qu'ils ont perdue y a six mois. Et donc doivent pas avoir facile ces temps-ci, les petits gars, avec ce matraquage publicitaire à outrance qui fait qu'à la télé, à la radio et à tous les coins de rue, y a plus que ça, des mamans rayonnantes, souriantes, ravissantes, qui rient, qui sourient, qui chantent, qui dansent, qui s'émerveillent, qui s'attendrissent, qui embrassent. Alors bonjour les dégâts hein, quand la seule chose qui reste c'est des souvenirs. Surtout que les souvenirs, ça a toujours un goût amer. Les bons parce qu'ils nous rappellent des choses qu'on a plus et les mauvais parce qu'ils nous rappellent des choses qui nous ont déplu. Et donc les souvenirs, t'oublies. Non non, sur ce coup y a pas hésitation : fêtez-les moi, et fêtez-les moi bien, les mamans, les mamma, les mamies, les mamounes, même si parfois elles vous scient les côtes, sont pas toujours top ou vous pompent l'air à l'occasion, car une fois ce sera la dernière fois et vous ne l'aurez pas su.    

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10/05/2012

Questionnement

 

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Une des hantises récurrentes de l'homme - et il en a quelques-unes, c'est moi qui vous le dit - est de perdre la vie sans savoir pourquoi il a vécu. De toute évidence il n'aura pas découvert le feu, n'aura pas inventé la roue, ne sera pas entré dans l'histoire, n'aura pas de statue avec sa bouille sculpturale sculptée dessus. N'aura été finalement qu'un nom. Un nom anonyme, si on peut dire. Une poignée de lettres, entre une date d'apparition et de disparition. Rien qu'à l'idée, il angoisse, le mec. Alors, s'y a pas de réponse au pourquoi, serait peut-être plus malin de se poser la question du comment il a vécu. Aaah, pas con ça, comme option. Alors voyons voir... comment il a vécu... ben... euh... ici non plus, son passage terrestre n'aura pas vraiment été un feu d'artifice, hein. Ni un feu de joie. Ou de Bengale. Loin du feu de forêt qu'il aurait tant aimé être, brûlant de vie et flambant la vie par tous les bouts, incendiant le coeur et le sexe des femmes, enflammant l'admiration, l'envie et la jalousie des hommes, feu l'homme n'aura été au final, tout au plus, qu'un feu follet. Une vague et fugace lueur, un instant vacillante et aussitôt éteinte. Mais bon, c'est ainsi, il est trop tard et il n'en sera plus autrement. Ceci dit, l'homme n'a pas la moindre idée pourquoi il scribouille toute cette philosophie à la con. Non seulement la femme est l'avenir de l'homme, comme le chantait l'autre, mais en plus elle est la réponse à toutes ses questions. Et l'homme a trouvé Jade.             

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07/05/2012

Miroirs

 

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Si la Castafiore avait l'habitude de chanter aah je ris de me voir si belle en ce miroir, l'homme par contre se marre pas tous les jours quand il voit sa bouille. Parfois ce qu'il voit dans la glace, le glace. Se voit vieux, ridé, laid et pas beau. Mais parfois aussi, même si c'est nettement moins souvent, il se trouve potable. Très exceptionnellement, même buvable. Au mieux, pas trop mal. Jamais terrible, top ou un truc du genre, ça non. Aaah avant oui. Quand il était jeune et con. Maintenant plus, qu'il est vieux. Et tout aussi con, mais ça c'est une autre histoire. Alors comment se fait-il que les miroirs ne donnent pas toujours la même image de nous, hein? Z'y avez déjà réfléchi, à ça, vous ? Naaan, z'y avez pas réfléchi. Et ben l'homme, lui, oui. Peut-être est-ce une question d'éclairage. De lumière. D'angle d'incidence. Peut-être est-ce notre regard, la façon dont nous nous regardons. Peut-être que ça dépend de notre état d'esprit. Que quand on est optimiste, de bonne humeur, guilleret, on se trouve bien, et que quand on se sent moche, ben, on se voit moche. Possible. Mais pas sûr. Des fois le mec se sent super bien, jusqu'à ce qu'il se croise dans une vitrine... Ceci dit, l'homme ne peut se passer de miroir. Ne fût-ce que parce que c'est le seul endroit où il peut se regarder en face. Droit dans les yeux. Et droit dans le coeur. Pour s'entendre murmurer, le cas échéant : là, mon pote, t'as pas été vraiment droit dans tes bottes, hein. Ou, là, t'as été franchement nul. Ou encore, là, t'as pas été toi-même. Non non, le miroir en tant que miroir de l'âme, ça, ça va. Pour le reste, faut voir, hein.                 

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05/05/2012

Gagnez !

 

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Sur ce coup l'homme va vous enrichir. Quoi ? Non, pas spirituellement. Depuis le temps qu'il essaie, c'est pas demain la veille qu'il réussira à éclairer les profondeurs ténébreuses de vos intellects endormis... mmwwouuaahahaha... m'escuse... Non non, il va vous enrichir niveau pognon. Pas bien, ça? Ah bon ! En zeffet, vous saviez, vous, que vos euros valent de l'argent? Quoi ? Ben non, l'homme se fout pas de votre balle. Il sait aussi que l'euro c'est de l'argent... Non, ce qu'il veut dire le mec, c'est que certaines pièces qui sont librement en circulation valent plus de pognon que ce qui est marqué dessus. Beaucoup plus même. Ainsi une pièce de 2 euros de Monaco, à l'effigie de Grace Kelly, vaut vite fait 1600 euros. La même pièce mais alors une autre, de Slovénie celle-la, frappée avec la convention de Rome, rapporte rapidos 30 euros. Encore une autre, du Portugal et datée 2007, vaut 200 euros. Ou cette piècette de 1 eurocent belge de 2005 qui vaut un bon 5 euros. C'est fou, ça hein!? Suffit de bien regarder la mitraille qu'on trimballe au fond de ses fouilles pour, avec un peu de chance, passer à la caisse. Et donc, un seul mot d'ordre : à vos bourses, comme on dit chez les eunuques. 

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03/05/2012

Suicidaire

 

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Ce qui est grave, c'est que nous utilisons tous, que nous sommes tous dépendants, que nous ne savons plus nous passer, de pleins de trucs informatiques, électroniques, technologiques que nous ne maîtrisons pas, que nous ne comprenons pas, qui dépassent notre entendement et sur lesquels nous n'avons aucune prise. Tous ces trucs genre GSM, internet, I-Pad, qui, quand ils ne fonctionnent plus, nous coupent, sans pardon et sans appel, du monde, de nos amis, de notre famille, de notre boulot et que, en plus, et comme si ça ne suffisait pas, nous sommes totalement incapables de réparer de nos propres forces. En d'autres mots, nous mettons toute notre vie affective, professionelle, relationnelle, bref tout ce qui compte dans notre existence, entre les mains - enfin si on peut dire - d'objets et de technologies que nous, en tant qu'individus ordinaires, ne contrôlons d'aucune façon. Pieds, poings, bonheur et malheur liés au bon vouloir du fonctionnement digital, au bon vouloir helpdeskien, au bon vouloir d'une voix robotisée et déshumanisée qui ânonne pour un collaborateur machin-truc appuyer sur un... pour un problème trucmuche appuyer sur deux... toutes nos lignes sont occupées veuillez réessayer plus tard.. tûûût et salut bonsoir. Quelle dégradation. Quel assujettissement. Quelle aliénation. Avec la circonstance aggravante, inquiétante et encore plus frustrante que face à une oppression "normale", de nature humaine, genre dictature, despotisme ou autre totalitarisme, on peut toujours se révolter, prendre les armes, entrer dans la résistance, alors que face à cette soumission invisible, impalpable, inodore et incolore, il n'existe pas de moyens de défense. Car l'oppresseur n'a pas de visage et pas de nom, et l'invasion n'est pas physique mais virtuelle. Et ça, à terme, si on n'y prend garde, c'est suicidaire.               

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