15/03/2012

Haricots

 

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Alors, pour faire de la soupe aux haricots blancs on fait comme ça : on laisse tremper les haricots pendant la nuit, on chauffe de l'huile d'olive à feu doux dans une marmite, on y cale de l'oignon haché et on le fait sauter pendant un petit quart d'heure. On égoutte les haricots et on les ajoute au reste. Puis on y met un petit coup d'ail et une grosse rasade de bouillon de poulet, et éventuellement quelques lardons. On porte le truc à ébullition. Ensuite on baisse le feu et on laisse mijoter pendant une bonne heure et demi. Enfin on passe le tout dans un moulin à légumes, on remet la soupe dans la marmite, on réchauffe, on met du sel et du poivre et hop le tour est jouer. 

Quoi ? Non, l'homme ne va pas commencer un blog avec des recettes culinaires de cuisine. Quoi que ce serait pas con. Multiplierait par dix ou cent le nombre de ses visteurs, le mec, vu qu'y a plus que ça qui intéresse le populo. T'écris sur la bouffe, tu cartonnes. Tu fais dans le littéraire, t'es pas lu. Triste réalité mais c'est comme ça. Et donc, puisqu'il ne commence pas un blog sur la popote, pourquoi se fend-il d'une recette de soupe, hein? Ben, c'est juste comme intro pour dire que l'autre soir il a bouffé de la soupe aux haricots blancs. Jusque-là rien de bien extraordinaire si ce n'est que cette expérience, et surtout ces conséquences, lui ont inspiré la nuit suivante, des vers d'une force et d'une puissance insoupçonnée. S'est en effet réveillé les intestins gonflés à bloc, ballonnés façon zeppelin, ce qui déjà n'est pas agréable en soi, mais en plus entouré d'un silence absolu, ce qui, vu les circonstances, est vachement gênant, because peu propice à une libération discrète des méthanes digestifs et autres gaz naturels. Et c'est dans cette situation particulièrement pénible que lui sont venus à l'esprit ces quelques vers d'une simplicité et d'une beauté émouvantes, qu'il vous livre ici :

Si la quiétude est une béatitude pour une zen attitude,

elle est par contre une tragédie pour les affres de l'aérophagie :

il n'est en effet pire ennemi que le silence,

face aux pressants appels de la flatulence.

(Tous droits réservés et reproduction interdite sauf accord préalable de l'auteur)  

   

16:11 | Commentaires (3) |

13/03/2012

Congé

 

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Sur ce coup l'homme scribouille sa bafouille en direct, directement et directos du business lounge (aaah ça a de la gueule hein, ça...) du garage où il a rentré sa cage pour un entretien. A carrément pris congé, le mec. Because cette aprem va se payer peinard un petit golf vite fait. Ouais môssieur. Enfin peinard, faut voir. Comme il lui arrive plus qu'à son tour de jouer comme une louche, il lui arrive aussi plus qu'à son tour d'en revenir complétement frustré, grognongnon et imbuvable, le gars. Enfin, on  verra. Quand il était jeune il jouait au tennis, maintenant il golfe, bientôt ce sera la pétanque. C'est dans logique des choses. Commentaire de Jade hier, taquine : aaah bravo, moi je vais bosser et monsieur va taper la balle, c'est du joli. Réponse de l'homme : ben oui ma chérie, sinon je dois te laisser seule pendant le weekend et ça c'est pas sympa, non ? Et Jade qui rétorque : mais non, ce serait pas grave, moi j'irais faire les boutiques... mais qui sait à quelle heure je rentrerais hein... Aaah typiquement féminin ça : d'un côté dire au mec non mais t'es libre de faire ce que tu veux, hein, pas de problème, et d'un autre côté, dans la foulée, et même sans se fouler, laisser sous-entendre mais c'est à tes risques et périls, hein, mon grand. Alors là, l'homme dit non. La liberté, c'est sans conditions, sinon c'est pas de la liberté. Non mais c'est vrai, quoi. Aaah jamais simples, hein, les nanas...      

09:34 | Commentaires (2) |

11/03/2012

Recette

 

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Aaah le bonheur. Tout le monde le cherche et personne ne le trouve. Et ceux qui le trouvent tout de même, finissent immanquablement par le perdre. Alors la recette du bonheur, l'homme a renoncé. Par contre, la sérénité, ça doit être jouable. Alors la recette de la sérénité à la manière de l'homme, c'est quoi? Bon voyons voir. Réfléchissons. D'abord... d'abord faut oublier le passé. Il est ce qu'il est et rien ni personne ne peut le changer. Donc, de hier on s'en fout. Bon débarras. Ensuite... ensuite faut mettre ses désirs en harmonie avec ce qu'on est. En zeffet, ça sert à rien de cultiver des désirs qu'il nous est impossible à réaliser because c'est justement cette impossibilité de les atteindre qui nous dépriment, nous angoissent et nous frustrent. Et donc il nous faut cultiver des attentes réalistes et réalisables. Mettre nos désirs en adéquation avec nos possibilités et nos limites. De manière à connaître la satisfaction de la réussite. Exemple. L'homme aimerait bien avoir la même caisse que son beauf (qu'il salue au passage, ainsi que sa grrrrande soeur, bonjour soeurette, te téléphonerai un de ces jours...), une Mercedes SLK, AMG, KLM ou un truc du genre, avec plein de cylindres, de vitesses et de cuir, mais l'homme n'a pas et n'aura jamais le pognon de se la payer et donc il a le choix : ou bien pousuivre cette utopie à la con et être malheureux à perpète, ou bien revoir ses ambitions à la baisse et se dire que sa prochaine caisse sera certe une plus grosse que celle qu'il a aujourd'hui mais alors d'occase. Aaah ça c'est faisable. Et le rendra heureux. Bon d'accord, l'exemple est un rien tarte, mais c'est juste pour dire. L'homme pourrait aussi bien passer à un niveau supérieur et la jouer philosophique. Exemple. Nous désirons tous être immortels mais savons que nous ne le sommes pas. D'où trop grande distortion désir-réalisation, avec les conséquences connues : angoisses, valium et psy. Et donc se limiter au fait qu'on est mortels, ça aide. Conclusion, réalisme niveau désir et oubli niveau passé. En principe ça devrait le faire, niveau sérénité.      

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08/03/2012

Dépassé

 

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Sur ce coup l'homme écrit pour se défouler. S'est fait un p'tit resto hier soir avec Jade et son fils aîné. Le fils aîné de l'homme, s'entend. Et pour la première fois, l'homme s'est senti passé, dépassé. Comme si la distance entre Jade et le gamin était plus courte qu'entre eux deux et l'homme. S'est senti un rien botté en touche, l'homme. Hors jeu. Isolé. Aaah, décidément trois est le plus mauvais des chiffres. Because quoi qu'on fasse on se retrouve toujours, immanquablement, à deux contre un. Et cet un, l'autre soir, c'était l'homme. En plus, c'était dans son resto préféré. Où le patron, jovial en temps normal, vient toujours déconner un coup avec lui. Et où cette fois il a fait comme si l'homme était du vent. Et ça l'homme a en horreur, supporte pas les cyclothymiques à humeur variable, les instables, les imprévisibles, les styles tout ou rien, comme ça, sans raison apparente. Décidément Ballavoine avait raison, il n'y a que deux races : ou les vrais ou les faux. Et le mec du resto de toute évidence fait partie des faux. Et donc, pour le même prix, une illusion de moins. Résultat, est sorti du resto grognongnon que c'est pas possible, l'homme. Totalement imbuvable, d'une humeur style armaguédon, déluge, fin des temps, fin du monde. N'a plus dit un mot. Tant que l'homme cause, se marre, joue, voire même fait semblant, y a pas de danger. Par contre, quand il se ferme, devient silencieux, ténébreux, ombrageux, faut faire gaffe. C'est le signe qu'il est au bord de l'explosion. Le calme avant la tempête. L'oeil du cyclone. Alors faut lui foutre la paix, ne pas lui adresser la parole, ne pas le secouer. Une fois rentré à la casa, s'est encore envoyé une solide rasade de vodka ou un truc du genre, s'est douché et s'est écrasé dans son pieu, la tête noire de chez noir. Avec pour seule mission oublier au plus vite cette soirée à la con. Aaaah certains diront qu'il est hypersensible, tendu, qu'il prend tout mal, qu'il est mauvais joueur, mauvais perdant, mauvais coucheur et autres trucs du genre. Mais il s'en fout. Il ressent ce qu'il ressent. Point barre.           

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07/03/2012

Coucou

 

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Riche ou pauvre, PDG ou peigne-cul, noir ou blanc, jeune ou vieux, beau ou moche, tout le monde est égal devant le temps. Un jour fait 24 heures, une heure 60 minutes, une minute 60 secondes, partout et toujours. Sur ce coup c'est le même prix pour tous, sans exception. En fait, y a rien de plus démocratique que le temps. De plus incorruptible aussi. C'est le seul machin que l'homme ne parviendra jamais à manipuler, à déjouer, à acheter, à soudoyer, à escroquer, à tourner à son avantage, à rouler, bref le seul truc qu'y a pas moyen de truquer. On peut accélérer ou freiner, rationaliser ou optimiser, améliorer ou moderniser tout ce qu'on veut, une heure restera toujours une heure. Et le tic-tac du vieux coucou d'avant-guerre, suspendu depuis mémoire d'homme là au mur, ben son tic-tac fera toujours le même tic-tac. Hier, aujourd'hui et dans mille ans. Par contre, la seule chose qui change c'est la durée. L'impression qu'on a du temps. Le temps tel qu'on le ressent personnellement. Quand on se dit qu'il est passé trop vite, qu'on a pas vu l'heure filer. Et c'est justement ça, le stress, quand la durée se réduit pour se faire pressante et nous enserre la gorge comme un garrot. De là aussi l'importance de s'arrêter. Pour retrouver enfin le temps vrai, tel qu'il s'égrène réellement. 

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05/03/2012

Océanique

 

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Avait d'abord écrit océanuque, l'homme. Ce qui faisait un peu eunuque. Non mais c'est vrai, avec ces claviers aux touches si rapprochées un accident est vite arrivé. C'est pas la première fois que l'homme tape bonjouir au lieu de bonjour. Ou que dans le feu de l'action il oublie le "q" dans coquille ou le "l" dans complété. Ou que dans sa précipitation, il se mélange méchamment les pinceaux et tapote vite fait "molle bittes" au lieu de "mille bottes". Enfin soit. Revenons à océanique. Et plus précisément à "océanique" comme dans "sentiment océanique", cette expression utilisée par Romain Rolland dans sa correspondance avec Freud, pour exprimer une sensation d'appartenance à l'univers, de rattachement à quelque chose d'infini, d'illimité, comme l'océan. Et bien c'est exactement ce que ressent l'homme, pendant et juste après l'amour. Ces quelques instants où il oublie son "moi" et se dissout, d'abord dans un "nous" avec Jade, et ensuite dans un tout : la vie, la mort, le passé, le présent, la terre, le cosmos.             

16:41 | Commentaires (6) |

03/03/2012

Rêves

 

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Cela fait plusieurs fois que l'homme rêve qu'il est au bistrot et qu'il se réveille avec une gueule de bois. Marrant ça, non? Enfin faut voir. C'est peut être aussi un signe des temps. Quand il était jeune, il rêvait qu'il était avec une nana et se réveillait avec... euh... comment dire... enfin vous voyez le tableau hein... Maintenant ça lui arrive plus. Les seuls moments où il rêve encore de nanas c'est quand il est éveillé... wooouuuaaaaahahahah, elle est bien bonne celle-là... quand il mate une frangine et qu'il se dit faut pas rêver.... woouuuaaaahahaha, là je remets le couvert hein, m'escuse... Allez bon, un peu de sérieux, que diable. Non non, faut croire que nos rêves vieillissent avec nous. En même temps que nous. Ou au contraire. Peut-être que l'homme rêvera bientôt qu'il est jeune, beau et intelligent et se réveillera tout vieux, tout moche et con. Et attention, y a pire. Le jour - ou la nuit - où il rêvera qu'il sera dans un long tunnel tout noir et où il se sentira irrésistiblement attiré, aspiré, vers une éclatante lumière blanche tout au bout, là il aura un souci. C'est que quelque part, doit aussi y avoir comme une sorte de rêve final, du genre dont on ne se réveille plus. Bon là-dessus on arrête les frais. Tantôt l'homme n'osera plus aller dormir.          

11:35 | Commentaires (0) |