14/02/2012

Saint-Val

St-Val.JPG

Pas de chance (ou par chance, ça dépend des circonstances du moment...), cette année la Saint-Valentin est annulée. En effet, 14 - 2 - 12 = 0. Allez, sur ce coup l'homme vient de sauver vite fait, et disons le carrément, d'un trait de génie, tous les malheureux citrons qui auraient, volontairement ou non, oublié la grrrraaaande fête de l'amoooouuuurrrrr... Et qu'est-ce qu'on dit ? Merci M'sieur L'Homme. Ah bon !

09:14 | Commentaires (0) |

13/02/2012

Temps

 

Chronos,sleeping_on_Wolff_grave-ME_fec.jpg

Avant, jusqu'à il y a plus ou moins deux ou trois cents ans, le temps était cyclique. Il s'écoulait uniquement au fil des saisons. Le progrès était imperceptible. Ou tellement lent qu'on avait encore largement le temps de l'assimiler, de le gérer et de le digérer. Et donc, quand on avait atteint un certain âge, ben, on avait tout vu, tout connu, tout vécu. Et la mort, comme de toute façon il ne restait plus rien à vivre, en devenait acceptable. Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Le temps n'est plus cyclique mais linéaire. Il va toujours de l'avant. Et le progrès est omniprésent, journalier, quotidien. Plus encore, il ne cesse de s'accélérer. Et là, dans une vie qui n'est plus jamais achevée, qui ne s'arrête plus, où plus rien n'est répétitif, qui se réinvente à chaque instant, qui renaît chaque jour, la mort n'en devient que plus absurde, inacceptable et toujours plus inacceptée. Avec tous ces vieux qui s'adonnent au culte de la jeunesse. A grands coups de crèmes anti-rides, de lifting en tous genres et autres anti-oxydants à la noix, Mais qui trompent-ils, en fait ? Tout au plus eux-mêmes. Car c'est pas demain la veille que Chronos l'aura dans l'os.

09:40 | Commentaires (1) |

11/02/2012

Biochimie

 

pilules2.jpg

Aaah si les temps ont changé, si les hommes et les femmes ont changé, si les rôles et les comportements de chacuns de nous ont changé, c'est pas parce nous avons changé, ni parce que nos idées ou nos mentalités ont changé,  mais simplement parce qu'on a été changé... de l'extérieur. Because toute cette "modernité" n'est pas le résultat d'une évolution naturelle, lente, progressive mais d'une intervention externe, soudaine, brutale, et purement... biochimique. D'abord la pilule anti-marmaille qui a, enfin et rien trop tôt, déconnecté le corps des nanas du ballast de la reproduction et ensuite le viagra, qui a affranchi les mecs de l'impuissance et les ont rendus prêts à l'emploi full-time. C'est ça qui a tout changé, tout chamboulé. Pas la nature et pas notre nature. Et attention, le cocktail est explosif. Lâchez une meute de foufounes libérées sans conditions dans une forêt hérissée de zizis dressés à perpétuité et bonjour les dégâts. Là c'est plus l'amour qui fait la loi mais le désir. Avec toutes les conséquences que cela implique. Les couples qui se font, se défont, se refont. Avec d'un côté, au sein du couple, une sexualité au quotidien, banale, quasi sanitaire et de l'autre, en-dehors, une sexualité  possible, festive, à portée de main, générée par le désir et faite pour le plaisir. Aaah belle leçon d'humilité, non? Toutes nos belles valeurs humaines, toutes nos belles normes sociales, toute cette belle élévation morale, soigneusement et précieusement entretenues depuis plus de deux mille ans et balayées d'une chiquenaude par quelques molécules de laboratoire pharmaceutique...  

09:27 | Commentaires (2) |

09/02/2012

Hôtel

 

hotel.jpg

Comme l'hôtel où Jade organise son machin international n'est pas trop loin, hier en fin d'après-midi, elle a proposé à l'homme de passer la voir entre la fin des présentations et le dîner de clôture du bazar. Et donc, au bar, l'homme a fait connaissance avec les sales managers, les general managers, les product managers, bref les managers du machin où elle bosse. In English. In French. In international quoi. Et puis, comme elle voulait se rafraîchir avant le resto, ils sont montés dans sa chambre. Et puis, comme ça faisait un peu rendez-vous dans un hôtel de rendez-vous, ils ont joué hôtel de rendez-vous. Jusqu'au bout. Après, de retour au bar, à nouveau le même bla bla bla, nice to meet you, I am you are? very nice teambuilding and my sister is not a boy, bref les conneries habituelles qu'on dit dans n'importe quel bar de n'importe quel hôtel n'importe où dans le monde. Et puis l'homme s'est barré. Jade avait son dîner avec ses potes/collègues/boss et l'homme a horreur d'interférer, et encore plus de s'imposer. Et donc il est rentré chez lui. Enfin chez eux. A fond la caisse dans sa caisse, qu'il a roulé. Avec dans le coeur un cafard insondable. C'est qu'il en a connu beaucoup trop, de chambres d'hôtel. Avec dedans, beaucoup trop de femmes qu'il croyait pour toujours. Et trop d'amours qu'il croyait définitifs. Si bien qu'elles lui ont collé un traumatisme, les chambres d'hôtel. D'un autre côté, faut dire aussi que la vie n'est rien d'autre qu'un hôtel. Après tout, nous sommes tous de passage.         

10:15 | Commentaires (1) |

07/02/2012

Silence

 

calme2.JPG

Jade est partie. Mais attention hein, pas pour toujours, n'a pas plaqué l'homme ou un truc du genre, non non, elle passe trois nuits dans l'un ou l'autre hôtel pour l'un ou l'autre machin qu'elle organise pour sa boîte. Et donc, en solo qu'il est le mec. Alors il a fait une petite expérience. Hier soir, dans l'appart, il n'a rien allumé. Quoi ? Non, il n'a pas allumé Jade non plus, vu qu'elle n'est pas là, petits malins. Non non, ce qu'il n'a pas allumé c'est la télé, la radio, son ordi, son laptop, bref rien de tout ça. Un retour aux sources, qu'il a fait, le mec. Back to basics, comme disent les espagnols. Et ce qui l'a frappé en premier lieu, c'est le calme. Un divin silence. A peine dérangé par le tic-tac mécanique de l'horloge au mur, le crissement sporadique de pneus sur les gravillons quand une voiture vient se garer, le souffle du chauffage dans les radiateurs. Toutes choses qu'on entend jamais because trop de décibels de trop d'appareils connectés à trop d'antennes, de wifi, de routers, de câbles, de satellites et autres trucs de la même eau. Et alors, dans ce silence, qu'est-ce qu'il a fait, l'homme? Ben, il a... lu ! Un verre de Médoc dans une main, un bouquin dans l'autre. Distrait par rien, impliqué par rien, réquisitionné par rien, il a lu. Comme on lisait il y a cent ans. Avant que la cacophonie et la fureur radiophonique, médiatique, informatique n'aient envahi, assourdi, hébété et émotionnellement émasculé le monde et la vie de ceux qui y vivent. Et il a découvert une quiétude qui reconstruit, une sérénité qui fortifie, une plénitude qui ordonne, un espace mental où les pensées, les idées, les sentiments reviennent en équilibre. Et puis il a médité. A écouté longuement et attentivement le silence autour de lui. L'a laissé descendre en lui et prendre doucement possession de son esprit... Bon, c'est peut-être pas un truc qu'on peut faire tous les jours, d'accord, mais ce serait pas mal tout de même si on pouvait, de temps à autres, ouvrir une parenthèse du même style, et échapper un moment à toute cette frénésie qui ne fait que nous emporter.

15:29 | Commentaires (2) |

05/02/2012

Loin

Comme dehors il fait frigorifique, allez hop, une tite chanson pour donner vite fait chaud au coeur. Une chanson d'amour en plus. Une vraie. Une forte. Une puissante. Comme l'homme les aime, les chansons et l'amour.

 

 

Mais l'homme ne serait pas l'homme s'il n'avait pas ses pensées sous-jacentes. Et ses questions subsidiaires à la chanson de Sardou, comme par exemple : mais d'où nous vient cette attirance vénimeuse pour l'inaccessible? Et pourquoi, une fois atteinte l'inaccessible étoile, celle-ci perd-elle immanquablement son éclat? Aaah, c'est toute la tragédie humaine, ça. La cause même de nos errances perpétuelles. Mais, d'un autre côté, quelles somptueuses errances, hein ?

11:20 | Commentaires (1) |

03/02/2012

Ballade

 

bord-l-etang-gele-357499.jpg

Vu que l'homme s'est levé aussi tendu que hier quand il est allé se coucher, vu que Jade, ce matin dans la salle de bain, lui a glissé une allusion quelque peu assassine sur son niveau de service "fesse", largement en dessous de la moyenne nationale cette semaine - merci Jade, là tu m'aides hein, vraiment -,  vu que, une fois dans sa caisse congelée, l'homme n'avait pas encore tourné le coin de sa rue que déjà un louf lui collait au pare-choc arrière, vu que là où il bosse ça bataillait de partout dans son mêle-boxe, vu que quand il est bouffé comme ça par la vie il se dit qu'il doit bien y avoir autre chose dans la vie que cette vie qu'il mène, vu tout ça, il a dit salut tout le monde et s'est barré. Chez lui, il a pris son gros manteau, sa grosse écharpe et ses grosses godasses, et est parti faire une grande ballade dans le grand parc. Il a marché seul dans les longues allées désertes, a fait le tour de l'étang gelé, s'est arrêté pour écouter au loin l'écho glacé d'un canard perdu dans la grisaille. Et puis il est rentré à l'appart. Où tout est silencieux. Où il est seul. Où il a longuement regardé la neige qui s'est mise à tomber à gros flocons. Et s'est dit qu'il fallait revenir à l'essentiel. A la simplicité. A ce qui est beau. Vrai. Humain. Alors, enfin apaisé, il s'est mis à écrire ce que vous venez de lire.                  

18:09 | Commentaires (2) |