17/12/2011

Trou

 

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"Vous saviez depuis longtemps qu'il y avait un mur, mais maintenant, vous venez de taper en plein dedans", se sont les premières paroles du psy lorsque, voici quelques années déjà, l'homme avait emmené son ex à l'hosto, complètement éteinte à l'intérieur, aux prises avec sa première dépression. L'homme a toujours retenu ces mots. S'il écrit ça aujourd'hui, c'est parce que l'homme, lui, n'a pas un mur quelque part en lui, mais comme un trou noir. Là, dans son ventre. Ou dans son coeur. Ou dans sa tête. Il sait pas très bien où, mais il est là. Et parfois, aux moments les plus inattendus, en sortant de sa douche, au volant de sa voiture, en sortant de réunion, il l'entrevoit, l'espace d'une fraction seconde, d'un vertige, d'un frissonnement, ce trou béant, sans fond et tout noir. Qui heureusement disparaît tout aussitôt. Ouf, il n'est pas tombé dedans. Pas cette fois. Mais lorsqu'il culbutera, ce sera quoi? La vie l'aura-t-elle épuisé au point qu'il n'aura plus ni l'envie ni la force de parler, d'écouter, de regarder, de comprendre, de ressentir? Fera-t-il tellement sombre derrière ses yeux que même en plein jour il fera nuit? Où son coeur se sera-t-il arrêter de battre, tout simplement? Il sait pas. Attention, avec l'homme tout va bien hein, n'est pas dépri, cafardeux ou un truc du genre. Pas du tout. Il se marre, se fout des autres et de lui-même, déconne, dérisionne et se self dérisionne, c'est pas ça. Mais, quelque part, y a ce trou noir. Parfois la taille d'une pointe de crayon, parfois un cratère à ses pieds, mais toujours là...

13:27 | Commentaires (2) |

14/12/2011

Esthétique

 

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Alors l'homme avait un rendez-vous l'autre jour avec un chirurgien esthétique, plastique ou un doc du genre. Bref, un toubib qui opère dans le ravalement et la rénovation, et... Quoi? Qui a dit : c'est pas trop tôt? Non mais, si vous voulez, j'arrête d'écrire directement, hein ! C'est vrai, quoi ! Un minimum de respect ! Ah bon ! Reprenons. Donc l'homme était chez le médecin en question, juste pour faire enlever une petite boule de graisse, de sébum ou de je sais pas quoi, qu'il a là, sur le coin de l'oeil gauche, et qui le gêne. Rien de bien grave. Alors, puisqu'il était tout de même chez le mec, l'homme en a profité pour lui demander si, des fois, comme ça, y avait pas moyen de lui enlever par la même occasion les poches, format valoches, qu'il porte sous les yeux. Et, tant qu'à faire, de lui relever aussi ses paupières, qui lui drapent et lui nappent les hublots en couches superposées, lui donnant une poire d'endormi chronique, lui qui est éveillé que c'est pas possible. Alors le petzouille en blouse blanche est évidemment enthousiaste. Bien sûr, bien sûr, no problemo, je vous fais ça en deux temps trois mouvements, et en plus ça guérit à une vitesse pas croyable, trois semaines et z'avez une bouille nickel, quinze ans plus jeune, garanti sur facture. Ah ben oui, c'est bien. Mais justement, question facture, ça va me coûter combien, au juste, cette singerie, qu'il s'enquiert l'homme. Deux mille euros et on en parle plus, que lui répond le micheton stéthoscopé. Avec un air de pfff... gratos ça, non? Bon, d'accord, l'homme n'est pas radin pour un sou, mais tout de même, avec deux mille euros on peut se faire quelques restos, non? Se payer quelques bonnes bouteilles. Se tailler une dizaine de jours dans une île grecque. Bref, y a de l'alternative, de l'option, du choix. D'où dilemme. Qui fait que l'homme sait pas trop. Se tâte. Hésite. Z'en pensez quoi, vous, au juste?       

10:29 | Commentaires (3) |

12/12/2011

Vrac

Comme l'homme a plein de trucs à faire, il vous livre ici en vrac et vite fait, d'abord une pensée philosophique :

 

Les moments les plus forts de notre existence sont ceux où on oublie les conséquences de ce qu'on fait. M'écrirez cent lignes la-dessus pour samedi prochain. Les meilleurs textes recevront un magnifique prix ainsi qu'une surprise. La surprise, c'est qu'y a pas de magnifique prix.

 

Ensuite, deux idées de cadeaux super originaux :

 

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Et enfin, un gadget fort utile, surtout après les fêtes :

 

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16:13 | Commentaires (1) |

10/12/2011

Sapin

 

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L'homme pensait passer un samedi peinard, cool, relax et tout et bien pas du tout. Because Jade a eu la lumineuse idée de... mettre le sapin. Et le sapin, c'est pas sain. C'est du boulot, du déménagement, du foutoir, du bordel, du désordre partout. D'abord faut lui faire de la place, au sapin. Déplacer le grand coffre antique et en bois, plein de trucs et de machins, qui nondidju di nondidju pèse une tonne, direction la deuxième chambre. Puis mettre le lampadaire qui se trouvait sur le coffre sur la commode, où y avait évidemment déjà d'autres bibelots, qu'il a donc bien fallu mettre ailleurs, à savoir dans la commode elle-même, qui elle-même était déjà tout à fait pleine et où il a donc bien fallu d'abord mettre de l'ordre. Ensuite glisser la longue chaise lounge jusque devant la porte de la terrasse. Mais comme alors on ne sait plus ouvrir la porte de la terrasse, mettre la poubelle en zinc qui se trouve sur la terrasse, avec dedans le grand sac-poubelle bleu, dans la cuisine. Dans la cuisine, d'accord, mais où ? Et donc faut déménager le rayonnage avec les bouteilles de vin dans la cave pour faire de la place. Ce qui tombe bien, car c'est précisément dans la cave qu'est emballé le sapin. Un conifère en plastique naturel de deux mètres de haut et deux mètres de diamètre, mais qui se trouve dans un grand carton, démonté en cinquante branches, trois morceaux de tronc, un trépied qui sert de pied et une pointe qui sert de cîme, et qu'il faut donc monté après l'avoir monté du sous-sol. Une cave où ils descendent d'ailleurs une seconde fois pour y chercher cette fois deux mégas bacs en plastique dur avec des grands couvercles en plastique dur aussi, remplis chacun de cinq ou six rangées de boules transparentes, de boules translucides, de boules brillantes, de boules blanches, de boules de couleurs, de boules dorées, de boules argentées, de boules avec des motifs dessus, de boules sans motifs dessus, des grosses boules, des petites boules, des boules moyennes, bref remplis de toutes sortes de boules. Mais aussi de figurines en tous genres, de loupiotes de toutes sortes, de guirlandes de toutes les longueurs, de petits anges, de cheveux d'ange et d'autres ornements ornementaux et décorations décoratives indispensables à la réussite d'une fête festive. Résultat, trois heures de turbin, deux Nurofen contre le mal de dos et une heure au pieu pour récupérer de l'aventure. Maintenant faut dire aussi, le sapin est somptueux.   

 

PS : Comme l'homme sait plus voir un sapin en peinture, il a mis vite fait des oeufs de Pâques comme image...

20:36 | Commentaires (2) |

08/12/2011

Lance

 

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L'autre jour au boulot, l'ascenceur était en panne et l'homme s'est farci 4 étages à pied. Et soudain il a perçu une douleur lancinante, une lance plantée au milieu de la poitrine. Heureusement ça n'a duré qu'une seconde. Le temps cependant de se dire : suppose que ton coeur lâche ici et maintenant, dans un claquement de doigts, style rupture d'anévrisme, que tout devienne noir, que tu tombes inconscient et que tu ne te réveilles plus, que ta vie finisse ici, dans ce couloir, à même le sol, loin de chez toi, loin des tiens, loin de tout, que t'aies pas eu le temps de dire au revoir, à personne... Alors une infinie tristesse s'est emparée de lui. Un sentiment infini de fragilité. De regret aussi. De n'avoir pas suffisamment vécu. De ne pas vivre suffisamment. De vivre une non vie. Tout ça en un éclair dans sa tête. Et puis il a respiré un bon coup. A secoué la tête. Repris ses esprits. Et ses activités de con. Changer de vie ? Personne ne change de vie. On est tous prisonniers.    

15:04 | Commentaires (6) |

06/12/2011

Feux

 

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Les choses vraiment importantes de notre vie, les moments les plus forts de notre existence, les sentiments les plus passionnés qu'on a ressentis, que rien ni personne, jamais, ne pourront effacer en nous, on les garde au plus profond de soi. On en parle pas. On ne les partage pas. Ne les divulgue pas. Pas qu'on veuille absolument les dissimuler, pas qu'on les regrette, pas qu'on ose pas les dire mais tout simplement parce qu'il est impossible de les communiquer, parce qu'il est impossible pour les autres de les comprendre, d'en appréhender ni l'intensité ni la totalité, parce qu'il nous est impossible de les traduire en mots sans les altérer, les affaiblir, les falsifier. Il est des feux, au fond de notre âme et de notre coeur, qui crépitent doucement et que rien ne peut éteindre. Des feux du passé, près desquels on peut toujours se recroqueviller, et se réchauffer, quand, à certains moments, le présent est trop froid.

12:41 | Commentaires (2) |

04/12/2011

Agitation

 

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Ce matin, 6:27 s'affiche en chiffres rouges sur le plafond noir. A l'intérieur de l'homme, dans son ventre, son coeur, partout, comme une mer houleuse. Pas vraiment une tempête mais des eaux agitées. Noël qui arrive avec ses boules et qui lui fout les boules. Ce boulot où il se débat. Et se bat tout seul. Ce lit où il dort avec Jade. Et qui bientôt deviendra son lit. Après tant d'autres lits. Beaucoup trop de lits. Des lits de plusieurs années et des lits de quelques heures. Des lits où il a fait l'amour sans dormir et des lits où il a dormi sans amour. Des lits à lui et des lits à d'autres. Des lits à domicile et des lits en déplacement. Des lits plein de feux et des lits éteints. Tant de lits. Le passé, le présent, le futur, tout se bouscule dans sa tête, s'entrechoque, se cogne, ricoche, Il ne sait plus quoi penser. Ne sait plus penser. Le jour qui se lève devrait l'apaiser.

12:46 | Commentaires (2) |