17/11/2011

Choix

 

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Bizarre et inquiétant à la fois que nos sociétés interconnectées, internetées, interfacées, newslettrées, networkées, twitterisées, facebookées, médiatisées, réseaux-socialisées, smartphonisées, soient également celles où, non seulement on bouffe le plus d'anti-dépresseurs, de tranquillisants et autres machins chimiques censés remplacer tout le bonheur, toute la chaleur humaine et toute la quiétude qu'on a pas, mais où y a aussi, et en même temps, le plus de suicides. Un rien contradictoire ça, hein. On pourrait croire qu'avec toutes ces pilules pour nous rendre heureux on aurait moins tendance à se flinguer, et ben, de toute évidence, c'est pas le cas. Que le désarroi, la détresse, la souffrance doivent être profonds... Peut-être qu'en fait nos sociétés sont trop riches. Qu'elles présentent trop de possibilités. D'opportunités. D'alternatives. Trop de canaux relationnels, de listes de contacts, d'amitiés et d'amours chattées et skypées. Trop de paradis possibles, trop de voisins à l'herbe plus verte, trop de fruits plus ou moins défendus à portée de main. Et puis aussi, quand les choix sont limités, qu'y en a pas des masses, les décisions sont plus simples à prendre et les risques de se tromper sont plus restreints. Quand par contre les choix sont vertigineusement multipliés, le risque de se planter est d'autant plus important, et donc les déceptions potentielles, probables, prévisibles également, si bien qu'on finit par prendre peur et, surtout quand on a déjà connu quelques douloureux échecs, par ne plus oser. C'est alors qu'on tombe dans l'immobilisme, l'apathie et, ultimemenent, le découragement et le désespoir. Jusqu'à ce que la vie reprenne les choses en main et choisisse à notre place. Dans le meilleur des cas. Ou jusqu'à ce qu'on choisisse d'y mettre fin, dans le pire.

12:27 | Commentaires (1) |

15/11/2011

Féminisme

 

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Aliaa Elmahdy, vous connaissez ? Naaan, faites pas semblant de chercher, vous connaissez pas. L'homme par contre, il connaît. C'est une féministe. Et pas n'importe laquelle, une féministe égytienne. D'un pays donc où il n'est pas évident d'être femme et encore moins féministe. Et qu'à fait la donzelle? Pour marquer d'un bon coup sa liberté et affirmer haut et fort sa féminité, elle a mis une photo d'elle sur son blog. Et pas n'importe quelle photo, hein. Pas une photo d'elle en pied au pied des pyramides, ou allongée en bikini sur les bords de la mer rouge, ou en amazone sur un chameau le long du Nil, non non, une photo d'elle sans fringue. Nue. Tout simplement, nue. Sans équivoque, sans flou artistique, sans ambages, sans pose et sans ambiguité. Nue, tel qu'elle est. Femme, tout simplement. Nue, sans aguicher, allumer, exciter. Nue, sans érotisme. Nue, d'une féminité assurée et assumée. Normale. Naturelle. Adulte. Aaah tout autre chose que les féministes à la noix qui sévissent en nos contrées, hein. Pour qui le moindre sein dénudé est une exploitation honteuse du corps féminin, la moindre jambe joliment galbée, une atteinte à la dignité de la femme, le moindre nombril dévoilé, l'expression de la lubricité de ces mâles immanquablement, toujours et partout en mal de sexe. Et bien non, c'est pas vrai. Et ici l'homme va vous surprendre. Les mecs n'aiment pas les nanas rien que pour les sauter. Il se trouve que les hommes aiment aussi la nudité féminine pour ce qu'elle est : pour sa beauté. Sans plus. Et sans fins copulatoires. Avec ou sans affinités.

 

PS : Si l'homme a caché, il est vrai à contrecoeur, certaines zones de la petite pharaonne, c'est uniquement because son blog n'est pas un blog "adulte", comme on dit. Un terme par ailleurs malheureux. Comme si "adulte" et "porno" c'était la même chose. Alors que c'est tout le contraire...

16:15 | Commentaires (3) |

Pensée

 

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Faut pas confondre luxe et pognon. Comme le luxe coûte plein de pognon, n'est pas rare qu'une fois qu'on l'a, le luxe, on en ait plus, de pognon. A moins d'être riche, évidemment...

14:41 | Commentaires (0) |

13/11/2011

Clairières

 

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Sur le moment, une mauvaise nouvelle - et ici l'homme ne parle pas de bobos ordinaires mais de destins et de vies véritablement broyés par la maladie ou la fatalité - est un seau d'eau glacée qui vous tombe dessus. Mais la nature nous a doté de systèmes d'auto-défénse extrêmement développés et une armure psychologique est instantanément générée, qui garde, dans un premier temps, la calamité en-dehors de nous. Qui rend son impact épidermique, limité à la surface. On titube, mais on reste debout. Toutefois, cette carapace se révèle éphémère. Très vite, elle se ramollit. Devient spongieuse. C'est alors que la fange, d'un noir d'encre, tout doucement, s'infiltre en nous, comme dans une éponge précisément, jusqu'à nous imbiber totalement, jusqu'à contaminer notre dernière cellule, noircir notre fibre la plus profonde. Evidemment, et heureusement, personne n'est malheureux à temps plein. Même au coeur de la plus sombre des forêts, au creux du plus menaçant des bois, il subsiste toujours des clairières ensoleillées. Seulement, elles deviennent plus rares. Et le soleil qui y brille, plus voilé.          

10:46 | Commentaires (2) |

11/11/2011

Aston Martin

Aaah la vidéo de ce mec dans son Aston Martin V12 Vantage Carbon Black roulant à 292 km/h sur l'autoroute, a fait un véritable buzz. Même les journaux télévisés en ont parlé. Jusqu'à montrer la bouille de l'un ou l'autre ahuri de l'un ou l'autre Parquet venant raconter que c'est pas beau, qu'on peut pas et qu'on poursuivra en justice. Et, de fait, l'auteur des faits a entretemps été identifié par la valeureuse flicaille belge qui, une fois mise à la hauteur des faits, c'est, pour une fois, montrée à la hauteur des faits. Faut dire qu'une Aston Martin V12 Vantage Carbon Black est tout de même un rien plus simple à retrouver qu'une C4 Picasso. D'autant qu'y en a que 3 exemplaires en Belgique et qu'une autre vidéo sur YouTube en montrait la plaque d'immatriculation... Mais soit, la meute est lâchée et le contrevenant sera sévèrement puni. Même si, en fin de compte, il n'a pas causé le moindre accident, le moindre dégât, le moindre préjudice. Non non, il sera poursuvi pour les accidents, les dégâts et les préjudices qu'il aurait pu causer. Une justice dangereuse, au moins aussi dangereuse que le mec de l'Aston Martin, et que l'homme n'aime pas.

 

 

18:58 | Commentaires (4) |

09/11/2011

Echelle

 

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Hier soir, Jade est rentrée après 23 heures because avait organisé un événement - un "event" comme on dit en espagnol - avec des plumitifs genre journalistes, et ce matin elle s'est levée doïïïnng, comme éjectée du pieu par un ressort direction salle de bain. Le réveil sonnait encore que déjà elle était habillée, maquillée, parfumée, pomponnée, rouge-à-lèvrée, blushée et brushée, alors que l'homme, encore dans le gaz, se demandait toujours où il était, au juste. Et dans la foulée se disait qu'en fait tout ça était complètement absurde. A moitié dans les vapes, il s'est fait la réflexion qu'en fait, tout compte fait, à bien y réfléchir, toute cette vie à se grouiller, à s'exciter, à se démener, à courir, à stresser, à se presser, à s'énerver, à s'agiter, si on met ça à l'échelle de l'univers, hein, par exemple, avec ces milliards de planètes, d'étoiles, de comètes, d'astéroïdes, de systèmes solaires, de galaxies, de voies lactées, ces milliards d'années lumière d'espace intersidéral, ou si on met ça à l'échelle du temps, hein, cette éternité qui est là depuis toujours et le sera à jamais, cette perpétuité sans début, sans fin, sans aiguilles, sans sable dans le sablier, ben, faut bien se rendre à l'évidence que tout ce que nous foutons ici relève de la plus totale insignifiance. De la nullité absolue. A la limite on devrait même se marrer, ce foutre de notre propre gueule, tant c'est dérisoire, ce qu'on fout ici. Et l'homme en est devenu tout calme. Est arrivé à snaise au bureau. Cool. Tout ce qui était tellement urgent, important, grave... l'est soudain devenu beaucoup moins. Non non, mettre les choses dans une juste perspective, ça aide. Du moins jusqu'à ce que le boss débarque, lui aussi comme doïïïnng éjecté de son pieu, pour dire que c'est urgent, important, grave et à faire ASAP. Pffff, pas métaphysique pour un sou, le boss. 

13:36 | Commentaires (1) |

07/11/2011

Fringues

 

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Hier l'homme a été acheter des fringues. Quoi ? Ben oui, hier c'était dimanche. Hein ? Ben oui, y a des magasins ouverts le dimanche (nom et adresse disponibles sur simple demande). Alors avant, quand il était en solo, c'était simple. L'homme déboulait à fond la caisse dans le magasin et en ressortait top-chrono une demi-heure après avec un costard, deux blazers, trois pantalons, un jeans, deux chemises, quatre cravates, une écharpe, six callebards, deux paires de pompes et le numéro de GSM de la vendeuse. Maintenant c'est plus pareil. Y a Jade. Et Jade a un oeil très sûr. Aime des trucs un peu cintrés mais pas trop, pas trop grands et pas trop étroits non plus, ni trop longs ni trop courts, et pas de n'importe quelles couleurs ou tissus, aux teintes bien assorties, pas trop claires et pas trop sombres, bref faut que ça soit juste, modieux, élégant et tout et tout. Et en plus elle parvient toujours à s'allier l'un ou l'autre vendeur, qui ne cesse bien entendu de lui donner raison, de la complimenter sur son bon goût, de la ravitailler en plein de loques sur plein de cintres, qui ne cesse de causer mais essayez donc ceci, ou ceci, ou encore ceci, non non, vous verrez, ça lui (à l'homme, comme si l'homme était du vent, le Ken de Barbie) ira très bien, à moins que vous ne préfèreriez ceci, qui combiné avec cela, sera pas mal non plus. Résultat, l'homme se voit réduit à l'état de marionnette, de poupée, de lapin Duracell, livré aux mains de Jade et du petzouille vendeur, juste bon à la fermer et enlever à répétition des vestes pour d'autres vestes, à se retrouver dix fois en callebard entre deux falzars, à se faire à chaque fois toiser, jauger, évaluer devant le miroir, genre oups un rien trop large aux épaules ou dommage que les manches soient trop courtes ou ah non, ce gris est trop foncé ou ce bleu est trop pâle, avec ce foutu barjot de vendeur qui ne cesse de renchérir à grands coups de mais c'est pas grave, vais vous chercher autre chose dans les rayons, j'ai ce qu'il vous faut, regardez-moi ceci, aaah c'est pas mal ça, hein, de la toute belle qualité en plus, si monsieur veut bien se donner la peine d'essayer, vous verrez... Et monsieur, lui, il commence à chauffer. A congestionner du bulbe. A en avoir ras la jatte de tout ce cirque. Mais bon. Il ne laisse rien paraître. Ou pas trop. Jade a tellement de patience et s'occupe de lui avec tellement de coeur qu'il lui est vraiment impossible, à l'homme, d'être grognongnon sur ce coup...     

14:02 | Commentaires (4) |