30/09/2013

Dés

 

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Voila. Les dés sont jetés. Et pour l'homme, ces dés sont ceux de désillusion, de désaffection et de désappointement. En z'effet, l'homme, qui était candidat pour devenir le boss de là où il bosse, et bien, il l'a eu in ze baba. Tout comme d'ailleurs ses deux autres potes qui étaient eux-aussi dans la course. Tous les trois dégommés. Trop cons, pas assez bons, valent pas un rond. Non non, le jack-pot c'est pour un barjot de l'extérieur, venu d'ailleurs, sorti de nulle part et qu'il fallait absolument caser, vu qu'il a la bonne carte du bon parti avec la bonne couleur et qu'il a bossé dans le même cabinet que le président de la commission de sélection, ce qui, en plus d'être un heureux hasard, aura tout de même un rien facilité ladite sélection, qui pour le reste s'est bien entendu déroulée de manière tout à fait objective, transparente et impartiale et bla bla bla et honni soit qui mal y pense et pour le reste la politique se fout de notre gueule et continue et persiste et signe. D'accord, l'homme ne s'était donné aucune chance dans ce jeu de dupes, mais tout de même, du coup disparaît aussi un des derniers challenges de sa vie professionnelle. Voire même une des dernières excitations, exaltations, expériences possibles de sa vie tout court. Déjà que l'absence de manque (voir billet précédent) ça lui faisait tout drôle, si en plus y a plus de défis, ben, ça devient carrément Waterloo morne plaine, non ? Espérons que tout ce manque de manque et déficit de défis ne lui fassent pas encore faire une de ces conneries monumentales dont il a le secret et qui l'ont à chaque fois conduit directos à la Bérézina. 

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28/09/2013

Paix

 

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Est plutôt du genre à déboussoler l'homme, cet été indien qui reste au lieu d'avoir été. D'accord indien vaut mieux que deux tu l'auras, mais tout de même. Quoi ? Plutôt lourd comme intro ? Et plutôt nul aussi ? Non mais attendez, l'homme fait ce qu'il peut, là... Et d'ailleurs, c'est weekend pour lui-aussi, hein... Non mais, bande d'ingrats, va... Bref, tout ce rim-ram pour dire que cet estival tardif, immobile et paisible, ne lui va pas des masses. L'automne, avec ses bourrasques, ses nuages bas filant à toute allure, sa grisaille menaçante et ses pluies intempestives s'écrasant sur les carreaux, correspond, hélas, beaucoup plus à la nature tourmentée, agitée et tempêtueuse du mec. Maintenant faut dire aussi que l'homme connaît - du moins pour l'heure, mais ça peut changer du tout au tout, à tout instant, avec l'imprévisibilté de l'orage - un calme intérieur inhabituel. Pour une fois dans sa vie, il ne lui manque... rien. Très rare, ça, cette absence de manque, chez lui qui, précisément, a connu tellement d'absences dans sa vie. Et de privations. Et de vides aussi. Non non, laissez venir cet automne, qu'il se retrouve à nouveau en phase avec les éléments, qui sont son élément naturel.   

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26/09/2013

Pages

 

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A chopé une méchante crise d'angoisse ce matin, le mec l'homme. Comme les petzouilles qui revoient en quelques secondes leur vie se dérouler devant leurs yeux juste avant de clamcer, l'homme a revu, et même ressenti, tous ces coups de colères, toutes ces disputes, toutes ces scènes, toutes ces vitupérations, ces récriminations et ces vociférations, qu'il a connues avec trop de femmes et trop de gosses, le tout avec une acuité et un réalisme aussi tranchants qu'une lame de couteau. D'ailleurs c'est simple, s'est retrouvé tout recroquevillé sous la couette, le gars, foetal et lacéré de partout. S'est dit que, décidément, il était arrivé à un stade où on pense plus au passé qu'au futur. Et si, quand on est jeune, l'avenir est une immense page blanche qu'on a hâte à écrire, avec l'âge, la page qui reste devant soi, elle, est non seulement déjà écrite à l'avance, mais en plus noire au point qu'on ne veut même plus la lire tellement elle est pleine  de calamités prévisibles, inéluctables et incontournables, genre décrépitude générale, délabrement total et autres états de ruines fatales. Mais tout n'est pas perdu. Sur l'autoroute, en descendant sur Bruxelles, l'homme a été saisi par la splendeur des champs ondulant dans les brumes matinales et les couleurs toutes fraîches du paysage dans la frêle lumière du jour naissant. Et il s'est promis que, quand il arrêtera de bosser, il irait à la recherche de la beauté. Pas celle de pays lointains et de contrées exotiques, non, mais la beauté ordinaire, proche, à la portée de tout un chacun, pourvu qu'il prenne juste le temps de s'y arrêter. Le jour qui se lève sur la plaine, la senteur de l'herbe sous la pluie, le clapotis du ruisseau, la caresse du vent sur le visage : ce serait pas ça, le bonheur, des fois ?          

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23/09/2013

Caoua

 

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Pour ceux qui croiraient que la seule chose qu'il s'envoie est le Médoc en général et le Château Chasse-Spleen en particulier, la cervoise en général et la Duvel en particulier, la Vodka en général et la Smirnoff en particulier, l'homme dit non, stop, attend. Car sur ce coup, y a de la gourance sur ses penchants, de l'erroné sur ses préférences, de l'à-côté-de-la-plaque sur ses habitudes. Because l'homme aime beaucoup aussi le caoua en général, et le Nespresso en particulier. Alors, comme leur réserve touchait à sa fin, Jade s'est attelée à dresser une p'tite liste, question de refaire le plein de capsules. Comme d'hab, chez l'homme c'est simple : 30 fufuno lungo, 30 tuffonero et 30 tanga ristretto, le tout griffonné vite fait sur un morceau de papier. Point barre. Emballez, c'est pesé. Par contre chez Jade, c'est tout le contraire. Plus organisé qu'elle, t'es mort. Même pour les choses les plus ordinaires, elle passe en mode manager, management by objectives, mise en oeuvre des ressources disponibles, processus de sélection, stratégie de communication, planification et priorisation des actions, à savoir : lancer son iPad, se connecter au site concerné, lister les nice to have, cocher les must have, procéder à une capture d'écran, sauvegarder dans "my pictures", ouvrir sa messagerie, sélectionner l'homme dans ses contacts, annexer l'image du print screen en pièce jointe, rédiger un wrap-up succinct de ses attentes (11 sortes, 15 cartouches au total), et enfin, finaliser la procédure en appuyant sur la touche "envoyer". Aaah la technologie, que ferait-on sans elle...        

PS à l'intention des mecs de chez Nespresso : l'homme enverra par courrier ordinaire son n° de compte bancaire pour le product placement de ce jour.  

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21/09/2013

Mono

Tellement monotones, ses jours, tellement monosyllabiques, ses dialogues, tellement monocordes, ses fredonnements, tellement monochrome, la couleur de son temps, que l'homme n'a rien à écrire. Alors autant fourguer une chanson. Surtout si elle a pour titre "C'est écrit"...

  

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18/09/2013

Grenade

 

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Hier l'homme a été chez le chirurgien plastique, esthétique ou un truc du genre pour se faire enlever quelques machins cutanés de l'épiderme. Deux sur le crâne, un sur la tempe gauche et un sur le maxillaire droit. Alors le gars au bistouri s'est un rien lâché : a raboté sec, coupé à mac et cousu à tire larigot. Résultat, l'homme a une bouille comme s'il avait reçu une grenade en pleine poire. Sparadraps, compresses et pansements comme si avait eu liquidation totale chez Hansaplast. Vous balancerait une vanne du type j'suis juste de retour de Syrie, que vous le prendriez au mot. D'ailleurs c'est simple : n'ose plus se regarder dans la glace tellement qu'il a l'air con. Quoi ? Qui a dit : encore plus que d'hab ? Hein ? Que c'est pas possible !? Non mais, attend, un minimum de respect tout de même ! Déjà suffisamment pénible comme ça... D'ailleurs, pour éviter toutes situations embarrassantes qui pourraient l'embarrasser, voire même, le mettre dans l'embarras, l'homme a décidé de rester cloîtré (ce qui tombe bien vu qu'il crèche dans un ancien cloître) dans l'appart jusqu'à ce que guérison, cicatrisation et normalisation s'en suive. Non mais c'est vrai, va pas donner l'occasion à tous les petzouilles et greluches de sa boîte de se foutre de sa balle tout de même...  

15:45 | Commentaires (0) |

16/09/2013

Philosophite

 

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Dans sa quête à la recherche de réponses à des questions sans réponses, l'homme commence à discerner une vague loupiote au bout du tunnel : un cocktail philosophique de Taoïsme (un bail av. J.-C), de Pyrrhon (un bon 200 av. J.-C.) et de Nietzsche (1844-1900), avec pour terminer un zeste de Camus (1913-1960). L'homme voit déjà vos bouilles qui s'allongent et entend jusqu'ici les pffff s'échapper de vos lèvres contrariées : va pas encore venir nous casser les bonbons avec ses délires à la con tout de même ! Et ben si. Pas de bol. Mais sur ce coup l'homme fait dans la rassurance pour vous rassurer : vu l'activité électro-magnétique proche du zéro absolu des quelques neurones qui flottent encore dans le flan caramel que vous appelez pompeusement votre cerveau, l'homme va simplifier au maximum, voire même à l'extrême.

Alors, explication des ingrédients qui devraient nous permettre de vivre en paix et de mourir heureux (ou de vivre heureux et de mourir en paix, c'est comme vous le sentez) :

1) choisir de ne pas choisir (Taoïsme);

2) ne pas plus vouloir une chose que son contraire (Pyrrhon);

3) se contenter du monde tel qu'il est et l'accepter sans jugement, et donc au delà des notions de bien et de mal, de faute et de culpabilité, de péché et de remord (Nietzsche).

Le zeste de Camus c'est lorsqu'il déclare que la vie étant la seule chose que nous possédions avec certitude, il faut la vivre et en jouir pleinement, telle qu'elle nous vient et sans s'attarder à en chercher le sens, puisque, de toute façon, elle en est dénuée.

Notons au passage que le parallèle entre ces approches millénaires et les fondements du tout moderne mindfulness, est tellement saisissant que l'homme en a été tout saisi.

Et pour les quelques barjots encore éveillés qui s'étonneraient de retrouver Nietzsche parmi les préférés du mec dénommé l'homme, dont les penchants libertaires et libertins, individualistes et anarchistes, àquoibonistes et jemenfoutistes sont bien connus, juste ceci : la pensée de Nietzsche a été traîtreusement et outrageusement vendue, après sa mort, au nazisme par l'entremise, scandaleuse et écoeurante, de sa soeur. La philosophie de Nietzsche est en effet un immense "oui à la vie", et se trouve donc aux antipodes du national-socialisme qui, lui, comme chacun sait, ne prônait qu'un immense "oui à la mort".

Et l'homme a gardé le meilleur pour la fin. Une règle de conduite du pote Friederich susmentionné. Une du genre qui vous change du tout au tout : il faut vouloir ce qui nous veut.

"Vouloir ce qui nous veut" : non mais c'est vrai, c'est tout de même extraordinaire ça, hein, comme leçon existentielle...

Ben ouais, l'homme a parfois de ces crises de philosophite aiguë.

21:25 | Commentaires (3) |