29/05/2013

Bac à sable

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Décidément Bruxelles devient de plus en plus un bac à sable. Dimanche sans voitures (pour que les enfants de cinquante ans puissent pour une fois, youpie youpie, rouler dans les tunnels avec leur petit vélo), pique-nique sur la voie publique (pique-niquer en famille avec les enfants à même le macadam, entre les tâches d'huiles et les traces de pneus, miam miam) et maintenant les panneaux de signalisation réduits à des dessins d'école maternelle (l'oeuvre d'un artiste français du nom de Clet Abraham, qui pour être une clette est effectivement une clette...*), tout ça, l'homme veut bien. Le problème est que l'interdiction de circuler pendant le dimanche sans voitures est dépourvue de toute base légale, que le pique-nique sur la voie publique se fait sans la moindre autorisation des autorités dites compétentes et que si l'homme roule dans le sens interdit personne ne pourra le verbaliser because le panneau n'est pas règlementaire. Pour le reste tout va bien dans la capitale de l'Europe.   

* Pour les ignorants et ceux qui savent pas, en bruxellois, le mot "clette" signifie une nullité, un con, un imbécile. Et pour ceux qui voudraient s'initier au bruxellois, une seule adresse http://ericgodon.blogspot.be/2009/02/petit-lexique-du-bon...

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26/05/2013

Egoïsme

 

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En vieillissant on devient de plus en plus égoïste. Ce qui est moche. Mais comme en même temps on a de moins en mois de sentiment de culpabilité, la combinaison des deux fait que c'est tout à fait confortable. On se dit merde, j'ai plus des masses d'années, de santé et de qualité à vivre, alors à partir de ce jour et jusque désormais je vis pour moi tout seul. Et fais ce qu'il me plaît. Les autres n'ont qu'à se faire voir chez les Grecs. Ai assez donné, maintenant je prends. Et qui m'aime me suive. Et qui ne me suit pas n'à qu'à en aimer un autre. Non non, c'est clair, à partir d'un certain âge l'égoïsme cesse d'être un défaut pour devenir une nécessité. C'est que les vices et les vertus ont, comme toutes choses, eux-aussi une durée de vie limitée. Après ils deviennent interchangeables. Et finalement se subsitituent les uns aux autres. 

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24/05/2013

Cocotte-minute

 

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Toute la semaine on l'a tellement ennuyé, emmerdé, entubé et empalé de tous les côtés, par devant et par derrière, que depuis toute la semaine l'homme a en lui comme un énorme volcan en passe d'éruption, d'éructation, d'explosion. Mais alors pas n'importe quel volcan hein, non non, un tout gros, avec comme un énorme couvercle vissé dessus, genre cocotte-minute. Résultat : a les artères, le coeur et la bouille plein de bars, le mec. Quoi ? Naaan, pas des bars avec des mojitos, des tequila sunrise, des caipirinha ou autres coquetels à la con, non, des bars comme ceux dans les Michelin, Pirelli ou autres Bridgestone de vos caisses à la con. Des bars type pression, quoi. Et puis aussi ce sentiment d'être fâché contre tout le monde. Y compris contre lui-même. De n'avoir pas dit, fait, écrit ce qu'il fallait, au moment où il le fallait. De n'avoir pas assez gueulé, tapé sur la table et claqué avec les portes. Soit. Tout ça, c'est niveau business, boulot et autres conneries professionnelles. Pour l'heure, la seule priorité de l'homme est d'ouvrir un grand parapluie au-dessus de Jade pour la préserver de la tempête et la sauvegarder de toutes les possibles retombées relationnelles et émotionnelles, voire même moltonelles, de la situation, vu l'ambiance actuelle, éminemment chiante et carrément merdique, de là où il bosse.         

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21/05/2013

Canadair

Sait pas si c'est parce que l'homme connaît bien Aix, l'étang de Berre, Nice et le sud de la France en général, où il est si souvent descendu, si c'est la musique, si c'est la mystèrieuse poésie des paroles, ou si c'est cet indéfinissable mélange de finitude, de regret et d'amertume qu'il éprouva en l'écoutant la première fois, mais cette chanson l'a accroché un matin bleu foncé, tout enfoncé qu'il était dans le cuir de sa voiture et comme d'habitude engoncé dans cette vie qui, quoi qu'il fasse, lui sera toujours trop étroite.

 

13:36 | Commentaires (1) |

18/05/2013

Impasse

 

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Rien ne va plus. Hein ? Naaan, on est pas au casino, on est dans la vie de l'homme. Avec tout autour de lui, plein de coincés sans consistance, sans constance, sans connaissances et sans conséquence, qui le contredisent, le contrecarrent, le contrarient, le contrent tout court. Tous ces gens qui n'ont pas envie de, qui pensent qu'il vaut mieux que, que ce serait mieux de, qui sont d'avis que. Qui bougent pas et qui, quand ils bougent, le freinent, l'entravent, l'immobilisent. Et ça le mine, le mec. Donnerait beaucoup pour que, ne fût-ce qu'une fois, une petite fois, quelqu'un lui donne raison, le suive, lui dise oui, je suis d'accord, je suis avec toi. Aaah décidément, il ne lui est que trop reconnaissable, ce sentiment de donner et de ne rien recevoir. D'être compréhensif et de ne pas rencontrer de compréhension. De concéder sans recevoir de concessions en retour. Bref d'être tout seul.   

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15/05/2013

Vélos

 

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Jade et l'homme se sont achetés un vélo. Pour l'homme ça s'est passé comme ça : il est entré chez le marchand de vélos du coin, a fait le tour des vélos et a choisi un vélo. Chez Jade ça s'est passé comme ceci : après avoir, les jours précédents, dûment prospecté une demi-douzaine de magasins de bicyclettes dans un rayon de 15 km aux alentours, s'être minutieusement documentée à l'aide d'une tonne de catalogues, de listes de prix et autres descriptions techniques, s'être enquise des remises, réductions et autres gestes commerciaux éventuels, s'être renseignée sur le service après-vente, sur l'entretien et le coût des pièces de rechange, s'être informée sur l'âge de la belle-soeur du vendeur et la marque de son T-shirt, elle est entrée d'un pas décidé chez le marchand de vélos local, bien décidée d'acheter la bécane de ses rêves, pas vraiment une machine de course mais tout de même un truc vachement sportif. Et donc le marchand de lui présenter un magnifique modèle, bien sport et tout. Aaah oui, pas mal, ça. Mais y a pas de garde-boues, là. Euh, non, c'est un modèle sport, hein. Ben ouais, mais faudrait tout de même des garde-boues, contre la saleté et tout, sinon euh... Et puis aussi, y a pas de lampes... Euh, non, c'est un modèle sport, hein. Ah oui, évidemment... et pourquoi y a pas d'amortisseurs, là, à l'avant ? Serait tout de même mieux, non...? Euh, oui, mais c'est un modèle sport, hein (la bouille du vendeur vire un rien au rouge). D'accord... d'accord... Et un porte-bagage avec des élastiques, y a pas non plus... Ben non, c'est un modèle sport, hein (écarlate, la bouille du vendeur). Evidemment évidemment... je comprends... et on peut pas monter des garde-boues, des lampes, des amortisseurs, un porte-bagage et tout ça, sur ce modèle-ci? Euh, c'est à dire que c'est un modèle sport, hein et donc... (le vendeur cherche ses Valiums). Je vois, je vois... Ben écoutez, alors, je vais peut-être opter pour un autre modèle... quèque chose de sportif bien sûr, mais aussi un peu confortable, hein... sans être pour autant trop bobonne non plus, hein... vous voyez à peu près ce que je veux dire ? Le vendeur ne voit à peu près plus rien, sauf un ballet de tâches rouges et noires qui lui dansent mollement devant les yeux, signe évident d'une tension artérielle proche de l'apoplexie... Non non, quand Jade investit dans la mobilité durable, on rigole plus, hein.. ah bon!      

21:40 | Commentaires (0) |

13/05/2013

Houellebecq

 

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Important, ça, la capacité de s'observer, d'analyser comment le temps nous change, d'évaluer le parcours entre ce qu'on a été et, avec les années, ce qu'on est devenu. Ou voué à devenir. Si l'homme écrit ça, c'est parce que pour le moment il lit Houellebecq et que ce mec explique, avec une précision chirurgicale, tout le tragique des hommes vieillissant "pleins de désirs de jeune avec un corps de vieux" et leur quête pathétique de jeunes filles en fleurs, ultime remède pour enrayer cette régression des capacités érectiles qui les désespère. C'est toute l'inclination Berlusconnienne pour les collégiennes, ça. Le bunga bunga désespéré des Don Quichotte luttant contre les moulins à temps. Avec en plus cette opposition toujours plus vive entre l'érotisme et la tendresse, dont Houellebecq fait également, et très justement, état. C'est que le sexe est une fête sauvage, triviale, animale, qui, au lieu de rester comme au début une émanation toute naturelle de l'amour, se change sur le tard en une sorte d'instrument de mesure de prestation, exclusivement destiné à rassurer, à tranquilliser, à conforter le malheureux mâle en perte de rigidité phallique. Hein ? Quoi ? Naaan, l'homme n'en est pas encore là... Même si, niveau balais, doit naviguer quèque part entre Houellebecq et Berlusconi, le gars. 

21:03 | Commentaires (1) |