24/02/2013

Recto-verso

 

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Aaah bien sûr, l'homme ne serait pas l'homme si l'angoisse de la mort, entre autres démons et noirceurs, ne venait encore régulièrement le visiter. Trop régulièrement. En fait, chaque jour. Surtout quand viennent se rappeler à lui la demi-douzaine de dizaines d'années qu'il trimballe dans son balluchon et l'effrayante fulgurance avec laquelle celles-ci lui ont filé entre les doigts. Mais, contrairement au passé, elle ne s'installe plus en lui. Elle le traverse plutôt. Le fend, certe avec la violence instantanée de l'éclair, mais pour aussitôt après être remplacée par une inassouvible envie de vivre. Mais attention hein, pas de vivre genre midlife, chasser les nymphettes, s'acheter une Harley ou partir sac à dos au Guatémala, hein. Non, plutôt goûter la vie comme elle vient, au fil de l'eau, en toute simplicité. Profiter de l'instant, même s'il n'a rien d'extraordinaire. Curieux d'ailleurs de constater que la peur de mourir ou le désir de vivre, en fait, ça revient au même. Même si, quelque part, c'est aussi le contraire. Le premier étant négatif et paralysant, le second positif et dynamisant. Le coup de la médaille et de son revers, quoi. Ou du recto-verso. Ou de l'immanquable cliché du verre à moitié plein ou à moitié vide. Bien que sur ce coup l'homme est catégorique, chez lui ce genre de truc n'arrive jamais : ou le verre est plein et il le vide, ou le verre est vide et il le remplit. Au propre comme au figuré.   

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