28/11/2012

Envie

 

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Ce soir, Jade a un dîner d'affaire. Alors, vers 18h30 petit échange de SMS. Lui : mon trésor à moi, bien arrivée à Bruxelles xxxx? Elle : Y suis arrivée en une 1/2 heure :-) xxxxxx. Lui : tant mieux xxxx. Elle : déjà à la maison xx ? Lui : Ouais. Mis les sacs poubelles dehors, vidé le lave-vaisselle et commence bientôt à cuisiner... tu peux déjà commencer à te sentir coupable... wouaahahah (humour) t'aime xxxx. Elle : :-) Pas du tout, yeeeh... tu sais vivre avec ça :-) ? Lui : :-) :-) :-) xxxx. Et donc l'homme a cuisiné comme avant, quand il habitait encore un étage plus haut : steak hâché et haricots blancs sauce tomate. Tout dans la même poêle et hop. Ceci dit, entre nous, en ce moment même où il tapote ce truc à la con sur son laptop, l'homme attrape vachement envie d'elle. Coup classique, ça. C'est toujours quand l'autre n'est pas là, qu'on en a le plus envie. Aaah bien sûr, il pourrait zapper sur Hustler (hasard ou non, le canal 69...) et s'envoyer un porno bien gras, dégoulinant et tout, et puis... et puis... Et ben non. Est plutôt de la vieille école, le mec. Trouve que s'envoyer en l'air en solo est plutôt bof par rapport à l'autre. Pas vraiment un signe de respect. Alors il attendra. Même si, au retour de Jade, il ronflera dans le canapé. Et que, pour le même prix, il n'aura plus envie du tout...   

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26/11/2012

Pub

 

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Cette fois, ça y est. Les fêtes de fin d'année sont en vue. Et comme d'hab, c'est le commercial qui donne le coup d'envoi. C'est bien simple, à la télé y a tellement de pub pour le Motilium, l'Imotium et le Nurofen que l'homme en attrape à la fois la nausée, la chiasse et la migraine. Attention, c'est assez génial, ça : tellement matraquer avec de la pub pour des médocs qu'on en devient malade, au point de devoir, justement, acheter les médocs de la pub. Non non, pas con, ça. Ceci dit, par rapport à la pub, la position de l'homme est simple : la pub l'emmerde tellement que, par principe, il n'achète jamais, mais alors JA-MAIS, un produit que la télé essaie de lui fourguer de force. Non mais c'est vrai, faut pas le gaver, le mec. N'est pas une oie, le gars. Alors la pub, pouvez-vous la mettre, hein. Enfin, faut peut-être pas trop généraliser non plus. Because y a aussi cette splendide pub sur le bord de la route, un méga panneau géant, illuminé et tout, devant lequel l'homme est à l'arrêt tous les soirs, dans la file, et qui, l'espace d'un instant, le fait immanquablement et instantanément rêver, lui faisant du coup oublier et l'hiver et le froid et la noirceur de ces nuits qui n'en finissent plus. Aaah cette nana de H&M... she makes my day, tous les soirs...

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24/11/2012

Caché

Même quand on se dit tout, on ne se dit pas tout. Parce qu'il y a des sentiments, des vécus, des ressentis dont on ne peut parler. Parce que même s'ils appartiennent à un passé depuis longtemps - et définitivement - révolu, ils pourraient encore toujours blesser l'autre. Ou l'inquiéter. Même sans la moindre raison. Ou parce qu'il est impossible de les évoquer parce qu'ils sont impossible à exprimer. Parce que mille mots ne pourraient suffire pour les décrire dans toute leur étendue, dans toute leur complexité, dans toutes leurs nuances. Ou parce que nous les laissons enfouis en nous par pudeur (si si, ça existe encore...), par respect, presque par politesse, vis-à-vis de l'autre, vis-à-vis des autres. Ce sont ces chagrins d'amour que nous portons tous en nous, fossilisés sous les couches successives du temps... et des nouvelles amours. Fossilisés certes, mais aussi mystérieusement ravivés à chaque visite impromptue de nos souvenirs.  

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21/11/2012

Tendresse

Tout va trop vite et la pression vient de partout. Parvient plus à se détacher, l'homme. A se relâcher. A lâcher tous ces machins et ces trucs encore à faire, à lire, à écrire, à remplir, à envoyer, à discuter, à négocier. Tant de choses qui lui polluent la tête. Qui l'envahissent. Qui occupent son cerveau. Quoi? Ben ouais, a un cerveau, le gars. Quoi ? C'est rare, un mec avec un cerveau ? Ben ouais, préfèrerait nettement ne pas en avoir, mais pas de bol, il est né avec... Bon, reprenons : qui occupent son cerveau. Implacablement. Comme une armée d'occupation. Avec plein de pensées comme plein de soldats. Qui grouillent. Qui pullulent. Qui l'encerclent. Mais surtout, qui le contrôlent et le privent de liberté et de repos. Et elle est où la tendresse dans ce délire, hein ? Tous ces soirs, chacun derrière son écran. Chacun dans son monde. Chacun dans son espace-temps. Et le partage, il est où aussi ? Et la chaleur ? Et la peau de l'un contre la peau de l'autre ? Hé putain, c'est important la tendresse, non !? Aaah faut absolument qu'il se reprenne, l'homme. Qu'il réapprenne la vie, la joie et l'insouciance. Et retrouve enfin ses marques et ses valeurs.

 

 

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19/11/2012

Fâché

 

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Y a des jours, et dans ce cas-ci des soirs, où l'homme est fâché sur tout le monde. Fâché sur son boss qui distribue des iPad professionnels à ses copains et copines et pas à ceux qui en ont besoin. Comme l'homme. Mais il l'aura au tournant, l'homme. Sait pas encore comment, mais il l'aura. Sait pas vivre avec l'injustice, le mec. C'est plus fort que lui. Même s'il prendra à coup sûr le retour de manivelle en pleine poire. Because certains peuvent tout faire. Impunément. C'est comme ça. Fâché sur Jade. Sur tous ces soirs où ils bouffent ensemble mais à part. Elle dans le canapé avec sa pizza, végétarienne of course, 7 minutes au micro-onde à 750°, et lui à table avec sa lasagne "Comé a casa" de chez Delhaize, 20 minutes au four préchauffé à 180°, avec en fond sonore la télé et l'un ou l'autre programme à la con. Because n'ont pas le temps, trop à la bourre, trop pressés. Et donc fâché aussi sur le temps. Qui fout le camp et qu'il ne vit pas. Fâché sur son âge. Sur cette finitude qui fonce sur lui. Comme un mur quand on dérape à fond la caisse et qu'il est impossible d'éviter. Un mur qu'il sait qu'il tapera de plein fouet. Quoi qu'il fasse. Alors la solution? S'envoyer un max de pinard et se gommer de la réalité. Se tapir au fond de son pieu. En espérant que demain sera mieux.      

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17/11/2012

Internet

 

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Le père de l'homme est mort il y a 15 ans. En son temps, le père de l'homme était un homme relativement important. Relativement, puisque tout est relatif, toujours. Et puis qu'est-ce que c'est "important", hein ? Disons qu'il était le boss d'un gros machin, qu'il avait un énorme bureau avec des tapis, des tableaux, des canapés et des huissiers devant la porte, qu'il avait des grosses Mercedes avec chauffeur, qu'il était connu, reconnu, écouté, redouté, apprécié, décoré, qu'il avait des relations, beaucoup de relations. Tout ça, c'était il y a 30 ans, du temps où il était encore actif, encore en fonction, encore quelqu'un. Aujourd'hui l'homme, poussé par une curieuse forme de curiosité, s'est surpris à taper le nom de son père sur Google, comme ça, pour voir ce qui restait de lui dans cette mémoire universelle de l'humanité qu'est aussi l'internet. Résultat : son nom a été retrouvé dans... 1 (un) document, une version pdf d'un document datant de 1973 et mis en ligne en mars 2012. A part ça, rien, nada, nothing. Comme si tous ceux qui ont vécu avant l'HTTP, Adobe, Word, Windows et autres singeries du genre n'avaient jamais existé. Disparus sans laisser de trace. Du moins informatique. Juste quelques photos jaunies au fond d'une boîte à chaussures. Alors qu'aujourd'hui le moindre plouc un rien connecté en jette plein les écrans, du sifflement de son premier pet sur Facebook à la couleur de son dernier calbard sur Skynetblogs. Et que toutes ces conneries, y compris celles de l'homme d'ailleurs, resteront pour la postérité jusqu'à la fin des temps. Ou des serveurs, c'est comme on veut. Non non, y a là comme une grosse inégalité, hein. Mais heureusement aussi une belle leçon d'humilité. 

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15/11/2012

Cercle

 

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Aujourd'hui l'homme ne bosse pas. Jade bien. Et donc peinard en solo at home, qu'il est, le mec. Enfin, peinard peinard, faut voir. Car comme le jeudi c'est le jour où la petite nana des chèques-services vient faire le ménage, l'homme a pris sa caisse et est parti zoner. A d'abord passé une heure à la librairie du coin pour s'acheter quelques bouquins et puis s'est mis à rouler en direction de nulle part, destination rien à cirer. Au hasard de la route, a fini par déboucher sur l'une ou l'autre place du Marché, place de l'Eglise ou Grand place de l'un ou l'autre bled perdu où il n'avait jamais encore mis les pieds. Et comme il faisait tout de même un rien soif, il y a garé sa caisse et est entré comme un grand dans le bistrot local. Un bon vieux troquet à l'ancienne, avec rien que des habitués. Au comptoir deux ou trois barjots qui causent de Brel, de Renaud et de Brassens, comme si c'étaient des potes à eux. Qui se marrent avec des blagues sur des mouches qu'on sabre en deux, en quatre et puis en dix. Et qui enchaînent les pintes comme d'autres des perles à un collier. Non non, un de ces bistrots où on se sent directement chez soi, où les gens vous disent boujour même s'ils vous connaissent pas, où il viennent vous serrer la pince quand ils rentrent, où vous êtes directos un des leurs. Aaah, ça donne chaud au coeur tout ça. Pas comme tous ces établissements de la ville, plein de coincés de la rondelle qui causent à personne, ne regardent personne, s'intéressent à personne. Il y retournera, tiens, le mec, les jours de grande solitude. En a même pris une photo souvenir, ce qui a d'ailleurs passablement inquiété la patronne, bien sympa et tout, qui lui a expliqué vite fait qu'il devait revenir l'année prochaine, lorsque la façade aura été retapée. Et ben, l'homme repassera, c'est promis juré. En attendant, il en tape vite fait la photo sur son blog, question de faire un petit coup de pub à ce bastringue délicieusement vieux de la vieille. Allez, c'est ma tournée.               

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