31/10/2012

Beauté

Allez, l'homme vous file vite fait une tite vidéo d'un régisseur canadien qui, le temps de cinq minutes, a concocté une ode époustouflante à la beauté du monde. Tel qu'il est. Certe, la beauté de la nature - sans l'homme - avec ses montagnes, ses cieux et ses rivières, mais aussi la beauté de ce nouvel environnement naturel qu'il s'est créé et que sont devenues pour lui ses villes, avec ses tours, ses ponts, ses chaussées, et la frénésie de ses foules, de ses lumières et de ses voitures. A regarder en plein écran. Et peut-être en silence. Pas pour mieux pouvoir s'imprégner des images, mais simplement because la musique du machin tape sur le système. Du moins, celui de l'homme.

 

16:40 | Commentaires (0) |

28/10/2012

Photos

 

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Aaah les photos, l'homme n'a jamais été un fan. Du moins pas des siennes. Les photos des autres, pas de souci. Les photos de lui, l'horreur. Se trouve à chaque fois con, moche, décevant. Toutes ses images où il est tellement différent de celle que, mentalement, il a de lui. Mais en regardant, aux côtés de Jade, les clichés du mariage de son fiston, il a soudainement ressenti autre chose. Comme une révélation. Un rien angoissante. Le fait que toutes ces photos, au final, lui survivront. Qu'un jour, qui sait peut-être même pas si lointain, ceux qui l'ont connu, et qu'il aime bien, les regarderont alors qu'il ne sera plus. Que, prises dans des moments heureux, elles deviendront une source de regret. De chagrin. Alors, il se sent mal.  

21:39 | Commentaires (2) |

26/10/2012

Dating

 

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Le down dating, connaissez ? Naan ? Alors esplication du patron. Le down dating c'est, par exemple, quand une frangine avec un diplôme d'ingénieur en physique nucléaire, diplômée docteur en philo et lettres ou avec un MBA de l'UCLA, se tape un mec resté calé au niveau plasticine, bilboquet et crayons de couleurs Caran d'Ache. Bref, quand y a comme une différence niveau études. Ou pour le dire plus simplement, quand y a une différence de niveau, au niveau du niveau. Et attention hein, pas seulement intellectuel. Question pognon aussi. Exemple, une nana CEO d'IBM qui se case avec le plombier ou le boucher du coin. Même si, sur ce coup, faut faire gaffe tout de même. Because y a des marchands de lard en banlieue qui se font deux fois plus de pognon que certains hommes de l'art dans les beaux quartiers, hein. Ah bon. Et donc la question préoccupante qui nous occupe aujourd'hui est de savoir pourquoi une gisquette qui vaut cinq étoiles et quatre maisonnettes en rouge au Michelin se laisse tenter par un troisième couteau d'arrière-cuisine? Aaah tout d'abord y a évidemment le mythe - ou le fait, faut voir - que les forts en thème sont nuls au pieu. C'est sûr qu'effectivement les intellos, ben, ils réfléchissent. Et qu'à force de réfléchir, ben, ils finissent par fléchir tout court. Surtout là où il faut pas, justement, qu'ils fléchissent. Alors que le simple plouc, lui, il pense pas. Et quand il pense, il pense à rien. Sauf précisément à ça. Que du bonheur pour madame, non? Le coup de l'amant de Lady Châtre-les ou Chatterley ou un truc du genre. A côté de ça, y a aussi le fait qu'elles se sentent moins menacées, plus désirées et plus à l'aise avec un brave en salopette qu'avec un barjot en Hugo Boss qui pistonnerait en Ferrari et carburerait full-time au champe dans les bars lounge - et parfois louches - chics et trendy de la ville. Avec en plus que les mecs à fric et à pouvoir ont comme une tendance à tout vouloir contrôler, diriger, dominer. Y compris leur régulière. Ce qui finalement est très castrateur pour une femme. Euh... qu'est-ce que je raconte, là... castrateur pour une femme... pfff... grand temps que je me repose, moi...       

11:30 | Commentaires (8) |

23/10/2012

Esprit

 

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La semaine passée, l'homme a tourné à plein régime et à fond les manettes : deux réunions par jour, et certains jours non stop du matin au soir, sans bouffer autre chose qu'une gauffre chopée d'un distributeur automatique au fond d'un couloir. Des journées entières à discuter avec - et ici l'homme tape au hasard dans les business cards qui jonchent son burlingue - des accounts managers, des partnership managers, des application team managers, des infrastructure manager, des sales managers, des business development managers, enfin, vous avez compris, avec des managers. Attention, il dit pas ça pour frimer ou parce qu'il a attrapé le melon, hein. Pas du tout. Au contraire. Il dit ça because ça lui fout le bourdon, au mec. D'autant qu'il est arrivé à un âge où on prend plus grand chose au sérieux. A commencer par soi-même. La preuve ? Ben justement, voila-ti pas que pendant un de ces marathons du blabla, le barjot assis à côté de lui, et comme lui pompé jusqu'à la moëlle par le délire ânonnant du consultant de service, lui montre un petit ruban - une lichette, comme on dit chez nous - cousue au bas de sa magnifique chemise Esprit, et sur laquelle y a écrit : this moment is your life. Alors ils se sont regardés et se sont marrés un bon coup. Du moins dans un premier temps. Car tout de suite après, se sont plus marrés du tout : si ce moment est notre vie, ben, alors là, on a comme un souci, qu'ils ont dû se dire, tous les deux. Au point que, tout de suite après, le mec à la chemise s'est penché vers l'homme pour lui dire tout bas "me taille moi, vais chercher ma petite fille à l'école", avant de se lever et de dire tout haut "messieurs, excusez-moi, mais j'ai un rendez-vous urgent, je dois vous laisser". Et cinq minutes après, l'homme a fait de même : "désolé mais je dois encore me rendre à un entretien tout à fait incontournable, continuez sans moi". Là-dessus il est descendu au parking, a pris sa caisse et est rentré chez lui décapsuler vite fait une bière bien fraîche dans son fauteuil.        

13:04 | Commentaires (2) |

21/10/2012

Chansonnette

Ben non, il la connaissait pas, l'homme, La Grande Sophie. Mais depuis sa découverte sur une radio de hasard, big fan qu'il est, le mec. Les mots, la voix, la mélodie, l'homme adooooore. Alors t'inquiète, Ne M'Oublie Pas, ben... on ne l'oubliera pas.  

11:42 | Commentaires (0) |

19/10/2012

Naître

 

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Alors l'autre soir, l'homme regardait l'un ou l'autre documentaire scientifique sur National Geographic ou géographique sur National Scientific, enfin un truc du genre, avec plein d'alligators, de baleines et autres bestioles de nature naturelle dans la nature. Et en regardant ces images, sans vraiment faire attention, un peu comme on mâche un chewing-gum, il s'est retrouvé dans une sorte de rêverie philosophique, et s'est dit que, en fait, il avait eu du bol de naître en tant que homme. Tant qu'à naître, ben, il aurait tout aussi bien pu naître, sais pas moi, comme dauphin, lézard ou bonobo, et ce serait peut-être lui qu'on serait venu filmer. Aurait pour le même prix passé toute sa vie à se geler les noix dans les eaux salées de l'une ou l'autre mer à la con, le gars. Ou à bouffer des mouches avec sa langue de lézard. Ou, babouin, à sauter toute la journée les babouines en se lèchant les babines. D'autant que si on remonte dans le temps, loin dans le temps, on a tout de même tous commencé par être poisson, puis par ramper le bide dans la poussière, avant de se ballader à quatre pattes pour, au final, se dresser et devenir les bipèdes debout que nous sommes. Evolution, que ça s'appelle. Et en anglais, la même chose. Ce qui est curieux, vu que les langues germaniques et latines sont tout de même très différentes, même si fondamentalement elles découlent toutes deux d'un même tronc commun, à savoir le groupe centum des langues indo-européennes et que... mais bon, va pas vous faire un cours de linguistique comparée ou d'histoire des langues, hein, le mec. Surtout vu le côté lamentablement rachitique de vos neurones, au demeurant - et sans vous traiter de demeurés - déjà relativement clairsemés au départ, ça et là, dans cette vague masse spongieuse en flottaison entre vos oreilles et que, non sans prétention d'ailleurs, vous appelez cerveau... Aaah bien sûr, l'homme aurait pu naître châton et vivre comme un gros matou, passant son temps à laper sa portion de Sheba et à glandouiller du tapis au fauteuil et du coussin au banc de fenêtre. Ou chat de gouttière, certe bouffant dans les poubelles et roupillant à la belle étoile, mais libre comme l'air. Sait d'ailleurs pas très bien ce qu'il choisirait, l'homme. 

20:50 | Commentaires (0) |

17/10/2012

Obligations

 

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Aaah... des obligations, on en a plein. Tous. D'abord les obligations qu'on doit se taper à cause des autres. Celles du boulot par exemple. Où on est obligé de faire semblant d'être malin, intelligent et intéressé, de faire comme si on était dynamique, enthousiaste et impliqué, de jouer les petzouilles sérieux, responsables et tout. Et puis y a aussi les obligations sociales. Rire avec des autres qui ne nous font pas marrer. Ecouter avec intérêt des conneries qui nous font gerber. Dire oui, dire non, dire que c'est super, que c'est méga, dire je pense que et moi je trouve que, bref dire n'importe quoi parce qu'il faut bien dire quelque chose. Bon, déjà que ces obligations là, c'est pompant. Mais y a pire. Celles qu'on s'impose à soi-même. Tous ces barjots qui matin et soir courent comme des déjantés dans leurs p'tits shorts Adidas à technologie Climacool ou pédalent comme des dégoupillés sur leurs p'tits vélos Eddy Merckx, chrono en main, autant de kilomètres en autant de minutes et de secondes, alors qu'à part eux, ben, personne n'en a rien à cirer. Tous ces loufs qui jouent au tennis, au basket, au foot ou à plein d'autres singeries avec des balles, des raquettes, des maillots, des filets, des règlements, des points, des lignes par terre, et qui veulent absolument gagner alors qu'en fait, y a strictement rien à gagner. Même pas à être connu. Et là l'homme dit non. Exemple. Il jouait au golf et bien, il joue plus. Depuis ce jour où il s'est dit non mais qu'est-ce que je fous ici, moi, avec ce club à la con, à taper sur cette balle à la con, pour la faire entrer dans ce trou à la con. Trop con tout ça. Avec en plus la pression qu'on se met. Quand on joue mal, faut absolument jouer de nouveau pour dire que c'était juste un mauvais jour, et quand on joue bien, faut absolument jouer de nouveau, pour confirmer qu'on joue bien. Et donc a dit stop, le mec. Et pour ce blog de mes deux, c'est du kif. Commence aussi à se demander pourquoi il se casse les noix à scribouiller tous ces trucs, le gars. D'autant que dans la vie y a déjà tellement de choses qui sont obligatoires. Ou qui, si elles ne le sont pas, sont interdites.  

22:32 | Commentaires (3) |