07/10/2012

Souvenirs

 

1721722_RedacSel1_untitled6_jpg_0KVS7HYX.JPG

Aaah les souvenirs. Tout le monde a des souvenirs. Le problème c'est que ce ne sont que de petites séquences, de brefs fragments, des morceaux plus ou moins courts de situations, d'événements que nous avons vécus. Des tranches, minces, très minces, de vie. Et que de tous ces jours, ces nuits, ces semaines, ces mois - avant et après ces maigres scènes dont on se souvient - et pendant lesquels on a tout de même aussi ressenti plein de choses, connu plein d'émotions, eu plein de pensées, il ne reste rien. Tout ce vécu à jamais englouti, disparu sans laisser la moindre trace, la moindre réminiscence. A l'instar de ces temples de la Rome et de le Grèce antiques dont il ne reste de la grandeur et de la majesté que quelques pans de murs, quelques colonnes éparses, quelques mosaïques ci et là. C'est ça, l'abîme existentiel. Savoir que derrière soi c'est comme s'il n'y avait rien eu et ne pas savoir ce qu'il y a encore devant. En fait, la seule façon d'échapper à l'abîme, c'est de prendre conscience de la vie telle qu'elle se déroule en réalité, c'est à dire d'instant en instant. Sans avant et sans après. Ce n'est qu'alors qu'on se rend compte qu'en fait, le présent, en temps que tel, n'est que très rarement menaçant. Que la menace vient toujours du passé qu'on regrette ou du futur qu'on craint, pas du moment qu'on est en train de vivre réellement.

12:04 | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.