31/08/2012

Sang

 

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Cette fois, les dés sont jetés. Demain, plus rien ne sera pareil. Cela faisait des mois que le formulaire traînait dans ses tiroirs. Dix fois, vingt fois, qu'il l'avait pris en main et remis à sa place, avec un pfff de "pas envie". Un papelard plein de rubriques et de cases à cocher, et dont un nombre impressionnant était d'ailleurs déjà coché. Et à côté, un récipient vide, en plastique transparent, avec un bouchon rouge vissé dessus. Z'avez pas idée combien de fois, rien qu'à leur vue, il a murmuré ces trois simples mots, résumant de manière saisissante son état d'âme le plus intime : me fait ch... Mais aujourd'hui l'homme a pris son air le plus décidé et a décidé que décidément sa décision était prise. Fini toutes ces tergiversations infantiles, ces procrastinations stériles et ces hésitations débiles, ce matin il ira jusqu'au bout. C'est à dire, jusqu'à la polyclinique. Où il a déposé son petit pot de pipi, qu'il a d'ailleurs rempli avec une étonnante précision, sans le moindre débordement et qui plus est, sans rien renverser, ce qui, pour un empoté de son calibre, est tout à fait renversant. Non non, se révèle être un véritable champion du contrôle uro, le gars. Pourrait jouer facile dans Miction Impossible IV, le mec ! Et s'est ensuite, stoïque que c'est pas possible, docilement prêté à l'incontournable et fatidique prise de sang. Et s'il dit que demain, plus rien ne sera pareil, c'est because il sait très bien que les petzouilles en blanc vont lui trouver des tas de trucs qu'il a trop ou pas assez, niveau foie, reins, prostate, sucres, graisses, cholestérol, bénécol, glycol et autres bazars catégorie pas de bol. Aaah il aura tout fait pour ne pas tomber entre les mains de la médecine, l'homme, mais là, ça devait bien arriver un jour... D'autant que le temps n'arrange pas les choses.   

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29/08/2012

Stats

Alors voila, l'autre jour, l'homme discutait avec un de ses potes du boulot au sujet d'un autre pote du boulot au sujet du nombre de nanas que ce dernier s'était envoyé dans sa vie. Une parlotte style tu te souviens, d'abord il a été avec celle-la, puis il a eu celle-la, ensuite il s'est marié avec celle-la, qu'il a laissé tomber pour celle-la, avant de se remarier avec celle-la, qu'il a d'ailleurs trompé avec celle-la et maintenant tu viens me dire qu'il va se marier pour la troisième fois !? Fou ça ! Le tout sur un ton à la fois amusé et, soyons francs, un rien admiratif : pfiou, quel mec, ce gars hein ! Ah ouais ça, un joyeux piqueur çui-la ! A la limite, encore plus fort que moi, qu'il s'est dit l'homme, alors que dans sa tête défilaient en un éclair toutes les gisquettes qui, à un moment donné, ont croisé sa vie et son lit. Aaah la première... il s'en souviendra toujours. Pas because c'était la première, mais because il se rappellera toujours la toute belle panique qui l'a envahi pendant les deux semaines les plus longues de son existence : les 10.080 minutes pendant lesquelles elle lui a fait un retard en règle de ses... règles. Et qu'il voyait déjà le tableau dans toute son horreur : elle, avec un polichinelle dans le tiroir et lui, obligé de l'épouser, alors qu'en fait elle ne cassait rien, mais quand on est du modèle grand dadais boutonneux à cheveux gras, ben, on est déjà bien content de pouvoir en désaper une, même si c'est beaucoup moins que Miss Poelkapelle 1970. Ensuite y a eu sa première conjugalement officielle. Et, après que celle-ci l'ai prestement largué pour un preste connard du boulot où qu'elle bossait, il s'est payé un chouette petit cortège de nanas de tout poil (ou de tous poils, c'est comme on veut... mmwwoouuaahahah... de tous poils... m'escuse...) : étudiante d'unif, réceptionniste au Soir, employée de compagnie d'assurances, fille de commissaire, d'épicière, de fermière, de laitière... Faut pas oublier qu'à cette époque on pouvait encore faire dans les grandes séries sans se faire du mourron, hein. Ouais môssieur : les nanas prenaient la pilule et les mecs prenaient les nanas, mais attention hein, sabre au clair et à découvert s'il vous plaît. Because c'est simple, y avait pas encore de SIDA, de séromachintruc et autre chienlit du genre. C'est venu après, tout ça. Et puis finalement, il s'est remarié, le gars. Et puis, a redivorcé. Et puis et puis et puis. Non non, vu comme ça, n'a pas été mal non plus, le parcours du mec. Allez, pour fêter toutes ces années de montagnes russes, deux petites chansonnettes vite fait : une d'avant pour chanter tout le passé et une d'aujourd'hui pour déchanter tout court.  

 

 

 

                  

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26/08/2012

Rencontre

 

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Hier, alors qu'ils se balladaient sur l'un ou l'autre piétonnier du coin, Jade et l'homme ont croisé l'ex de ce dernier, flanquée comme d'hab de son inséparable fille. Rencontre frontale. Fatale. Pas d'échappatoire possible, pas de zone de dégagement, pas de bande d'arrêt d'urgence. Alors les options, vite ! Euh... faire comme si on ne s'était pas vu, alors qu'on s'est très bien vus? Pfff... un rien hypocrite, ça. Se limiter à un vague signe de la main, avec un vague sourire et un vague signe de la tête, comme si on rencontrait une vague connaissance? Pfff... trop faux. S'arrêter et dire: ça va? et les vacances? Pfff... plus coincé que ça, tu meurs. Non, dans les trois cas c'est l'embarras, la gêne, le malaise garanti sur facture. Et, dans les trois cas aussi, ça jette comme une ombre. Du passé sur le présent. C'est hier qui déboule dans aujourd'hui. Un coup de froid en plein été. Décidément, rien dans cette vie, jamais, ne disparaît sans laisser de traces. Quoi qu'on fasse, où qu'on soit, nos chemins restent parsemés de feuilles mortes. Même au mois d'août.

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23/08/2012

Représentation

 

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Important aussi dans la vie, c'est d'avoir quelque part une représentation de ce qu'on voudrait être si on parvenait à se débarrasser enfin de toutes ces idées et pensées tordues, secrétées et imposées par notre esprit, et qui viennent inlassablement polluer notre bien-être. Une sorte d'idéal quoi. Pour certains ce serait d'être cool, relax, calme, bon (dans le sens de bonté), sage (dans le sens de sagesse) ou un truc du genre. L'homme, c'est simple, ce qu'il voudrait être, c'est être en paix avec lui-même. Avec ce passé qu'il ressasse. Et ce futur béant qui l'attend. Aaah pas facile à apaiser tout ça, hein. Surtout que vivre c'est un peu comme rouler en voiture. Sauf qu'y a pas de marche arrière, que c'est la vie qui conduit et que nous, on est assis à la place du mort... 

08:49 | Commentaires (0) |

21/08/2012

Sit-in

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A Adelaïde, la "Coalition des constipés" (si si, ça existe...) a manifesté contre le manque d'infrastructures sanitaires sur les plages australiennes en organisant un sit-in sur des pots de WC. Enfin, un sit-in... l'homme aurait plutôt tendance à dire : un shit-in... mmmmwwooouuuaahahah... m'escuse... l'homme n'a pas des masses à raconter, alors c'est du n'importe quoi...    

21:04 | Commentaires (4) |

19/08/2012

Braderie

 

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Hier après-midi, Jade et l'homme se sont rendus à une espèce de foire/braderie/kermesse/ducasse dans un bled voisin. Et comme il faisait soif, ils se sont installés à un moment donné dans une grande tente, genre chapiteau, pour boire un coup, pendant que sur le podium y avait un groupe local qui jouait en laïve et à fond la caisse. Avec à la batterie le prof de gym du collège Saint-Joseph, à la basse le receveur du CPAS, à la guitare solo le fils du boucher de la rue du Pékèt et comme chanteur le neveu de la tante de l'échevin de la culture, des festivités, du beurre et des oeufs frais. Bref, ambiance assurée. Z'étaient pas encore assis que voila-ti pas qu'un petzouille débarque à leur table, file une solide claque dans le dos de l'homme, qui a hor-reur de tout contact physique plus ou moins familier (sauf si c'est d'une nana évidemment) et qui gueule d'un trait "Aaah mais qui voilà! Les voisins! Vous me reconnaissez, je suis le nouveau locataire d'en-bas, sympa ça de faire connaissance comme ça ici, non?". Ben ouais, super sympa, qu'il dit, l'homme, qui pense ça y est, c'est foutu, et qui déjà implore le ciel: va pas me pomper toute l'aprèm, hein, ce mec... Allez qu'est-ce que vous buvez pour moi, qu'il dit, le barjot, en s'installant à côté de Jade. Si, il va me pomper mon aprèm... Une heure, quelques Kriek, des chopes et des clopes après, ils savent tout : où il est né, d'où il vient et où il compte aller, ce qu'il a fait, ce qu'il fait, ce qu'il va faire, ce que font sa femme, son beau-frère et ses vieux, que la vie est belle, que le plus important c'est que tout le monde soit heureux, qu'il est très social (ben tiens...), très familial (et votre femme, elle n'est pas là? Non non, elle est à la maison, avec la petite... ben voyons...) et très conjugal (ma femme, c'est la meilleure, non non, elle est vraiment super... voir parenthèse précédente). Et de conclure "bon, faut que j'y aille, dois encore aller à Machinchose voir mon cousin Trucmuche. On pourrait peut-être faire un p'tit barbecue un de ces soirs, non?". Aaah ce serait pas mal, dit l'homme, qui, rien qu'à l'idée, se sent déjà mal... Bon, d'accord, sur ce coup, l'homme a été un rien méchant. Le mec est sûrement un bon bougre, un bon bouffant, un bon buvant. Et un bon vivant vaut toujours mieux qu'un pisse-vinaigre coincé de partout. Disons que ce doit être la canicule. Déjà qu'en temps normal l'homme n'aime pas trop être bousculé, envahi, réquisitionné, alors avec cette chaleur, ben, faut pas trop le secouer, le mec. Peut très vite devenir très explosif. A moins évidemment qu'il ne soit lui-même un pisse-vinaigre coincé de partout et qui s'ignore. Aaah pas impossible, ça...                          

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16/08/2012

Reparti

 

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Et c'est reparti. Ce matin, l'homme a retrouvé son costard, sa cravetouze, ses pompes luisantes, ses bouchons, son klaxon, ses jurons, ses "Dégage, Ducon" et, enfin, son burlingue. Son assistante l'a soigné aux petits oignons: sur son bureau, trois piles de mails, une par semaine d'absence, qu'elle a soigneusement imprimés, avec pièces jointes et tout, question de lui faciliter le boulot, et qui lui communiquent que, l'informent de, lui demandent de, l'invitent à. A côté, encore une pile. Des questionnaires. Un pour un audit externe sur le fonctionnement de notre audit interne (si si... ça s'invente pas, ça...), à remplir pour le au plus tard. Un second, pour la réorganisation. Ben ouais, on avait déjà réorganisé y a 4 ans et maintenant on réorganise la réorganisation (ça aussi, ça s'invente pas...). Puis un coup d'oeil à son agenda. Là aussi, la petite y a été gaiement: une vingtaine de rendez-vous et une douzaine de réunions, qu'elle lui a collé dans son Outlook, au mec. Merci ma grande. N'a pas encore calé ses fesses dans son fauteuil, qu'il est déjà overbooké, le gars. C'est le bordel et ça part dans tous les sens: allez, tout va bien.       

20:25 | Commentaires (6) |