29/04/2012

Station-service

 

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Hier l'homme a connu un jour sans. Un jour vieux. Un jour brut. Abruti par le boulot, par les bouchons, par le boucan de la ville, par la boulimie de la vie, par la bourre au quotidien. Avait comme du brouillard dans la tête, le mec. Y avait comme une épaisseur entre lui et la réalité. Une sorte d'ouate invisible entre lui et le monde tout autour. Devait faire un effort pour parler. Pour écouter. N'aurait voulu qu'une chose : se coucher, n'importe où, et dormir. Mais devait absolument sortir. Et encore : pour faire quelque chose dont il a horreur, essayer un costard. C'est que un de ses fils se marie dans quelques mois et donc au programme le gros bazar, réceptions, bouffes, hôtel, chemises blanches, gilets, pochettes, cravetouzes et bien évidemment tous des mêmes costards pour les petzouilles de la suite. Dont l'homme. Résultat des courses : essayage obligatoire. Dans un patelin en Flandre, pas la porte d'à côté. En revenant, alors qu'il roulait sur l'autoroute, il a eu soudain comme une envie de s'arrêter et a bifurqué vers une de ces grosses stations-services qui s'égrènent le long des grands axes. Il s'est retrouvé entre des italiens, des polonais, des français, des allemands, tous de passage, et c'était comme si lui aussi était en voyage, en route pour une destination lointaine, inconnue, nouvelle. Il a bu un café bien fort et bien sucré dans un gobelet en carton avec Lavazza marqué dessus et pendant qu'il touillait dans son kawa avec son bâtonnet en plastique, s'est dit qu'il ferait bien lui aussi le plein de sa caisse. et, pour faire le vide dans sa tête, se tailler pour quelque part de hasard. Ou nulle part. C'est la même chose.           

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26/04/2012

Bruxelles

 

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A Bruxelles c'est l'horreur. Y a plein de bandes pour les bus et y a pas de bus qui roulent, y a plein de bandes pour les vélos et y a pas de vélos qui roulent, y a plein de trottoirs mégas et y a pas de piétons dessus. Par contre y a plein de voitures mais y a plus de place pour les voitures. Résultat, pare-chocs contre pare-chocs à toute heure du jour et de la nuit. L'immobilisme permanent. L'infarct urbain chronique. La congestion 24/7. Si ça continue encore longtemps, ce sera vite fini : plus personne ne se rendra encore en ville pour y faire son shopping because faut prévoir deux jours aller-retour et les bureaux foutront le camp because le personnel passera bientôt plus de temps dans sa caisse que derrière son burlingue. Ne restera plus qu'un grand désert commercial doublé d'un tout aussi grand cimetière économique. Même un enfant de cinq ans sait ça. Mais de toute évidence pas nos décideurs éclairés, tous aveuglés par la pensée dogmatique, atteints de myopie intellectuelle aigüe, de sclérose du bon-sens. Non non, à Bruxelles c'est le bordel. A éviter de tout temps. 

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24/04/2012

Bêta

 

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Avant les nanas cherchaient une relation bien durable, bien stable et tout avec un mec qui avait assez de pognon pour les protéger convenablement pendant longtemps. Paraît que maintenant c'est différent. Elles cherchent plutôt des relations de courtes durées et se foutent du pognon des mecs because elles bossent et n'ont donc plus besoin de protection financière. Sale nouvelle pour les leaders, les gagnants, les meneurs hein, qui se font plein de blé mais qui se voient bottés en touche. Et en plus les gisquettes ça leur fait un double bonus. Because les mecs à pognon, en général, c'est du genre dominant, qui commandent, qui ont une grande gueule, qui n'en font qu'à leur tête, qui n'écoutent personne, bref méga chiants quoi. Et qui en plus risquent de larguer vite fait leur régulière dès qu'ils croisent une jupe un rien plus courte ou plus attrayante. Alors que les paumés, eux, sont plus cool, font sagement ce que leur demande madame, prennent pas trop de risques et surtout pas trop d'initiatives. En un mot, sont plus faciles à vivre. Et plus fidèles aussi. Et donc à bas le mâle alpha, vive le mâle bêta. Ah oui, encore un petit tuyau pour les gisquettes : paraît qu'en temps de crise, les mecs préfèrent les frangines qui débordent généreusement niveau bonnets. Un peu à la Christina Hendricks. En cette époque incertaine et dangereuse, un retour à la sécurité mammaire primaire de la mère, en quelque sorte. Mais pas vraiment le fantasme de l'homme, ça. Au contraire. Aurait plutôt peur d'étouffer dans le flan massif, le mec. Préfère du petit bien ferme. Pfff... allez bon... arrêtons les frais... non mais c'est vrai, qu'est-ce que j'écris moi ici....           

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22/04/2012

Don Juan

 

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Aaah, quand il part en safari, Juan carlos emporte son matos, hein. Part pas seulement pour tirer l'éléphant, le mec. Va pas au Botswana sans sa nana. Faut dire que la dénommée Corinna zu Sayn-Tönisteiner, ou un truc du genre, est plutôt affolante, affriolante et aphrodisiante, hein. Vaut bien un petit coup de fusil, la gamine. Enfin.. fusil fusil... fuzizi oui... woouuaaahahahah aaah pas mal hein, pour un dimanche matin... Quoi? ça vous fait pas rire? Bon... m'escuse... Quant à la reine Sofia, ben, il l'a laissée à son sofa, le gars. Aaah évidemment, l'aventure n'est pas sans risques. La preuve : le Don Quichasse de la Manche c'est pèté la hanche. Dans le feu de l'action. Maintenant faut voir quelle action. A-t-il glissé sur une peau de banane dans la savane ou sur la carpette pendant la galipette? Allez savoir... Une chose est certaine, il est tombé en tirant. A partir de là, toutes les supputations, interrogations et interprétations, sont permises. Et une autre chose est certaine aussi : contrairement au populo, c'est pas parce qu'il est parti à la chasse qu'il perdra sa place.  

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19/04/2012

Wallonnie

 

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Avant, du temps où il vivait encore avec son ex - enfin, sa dernière ex - il habitait en Flandre dans un bled unilingue flamand mais où on pouvait voter dans les deux langues. Puis y a eu pétard chez lui et il a déménagé en wallonie, dans un bled bilingue cette fois, mais où on ne peut plus voter que dans une seule langue. Aaah pas simple, hein, comme bazar. Autre détail amusant, quand il crèchait en Flandre, il ne devait pas payer de redevance télévision. En Flandre, t'as une télé, tu dois pas payer de taxe dessus. Et donc, quand il a déménagé en Wallonnie (15 km plus loin...) il s'est acheté une télé est puis basta point barre. Pensait que c'était du kif, le mec. Là où ça devient moins amusant, c'est quand hier il a reçu une bafouille de l'une ou l'autre administration de la Wallonnie profonde lui réclamant 900 euros de redevance télé pour les 4 dernières années, soit le double du montant normal, because il a omis de... déclarer spontanément sa télé. Alors sur ce coup, l'homme veut bien, mais comment déclarer spontanément quelque chose quand personne ne vous informe au préalable quelle chose il faut déclarer spontanément, ni à qui il faut la déclarer spontanément ? Sait pas moi, peut-être qu'en Wallonnie faut aussi déclarer spontanément qu'on possède un grille-pain (au Ministère Wallon des Croûtes et Tartines, rue Tchantchès 96 à 4610 Beyne-Heusay), ou une bouillotte en caoutchouc (à l'Agence Wallonne des Literies à Ressorts, rue de la Berouette 12 à 5380 Franc-Waret) ou un fer à repasser (au Département Wallon des Plis et Braguettes, rue de la Gate à Pennat 23 à 4347 Voroux-Goreux). Peut-être qu'y a quelque part en Wallonnie une liste écrite spontanément par un mec spontané reprenant les choses à déclarer spontanément (peut-être à Spontin, qui sait ?). Bref, l'homme est parti dans une toute belle colère genre putain de bordel de pays de cons où on se fait plumer de partout par tous des trouducs de politicards de mes deux. Savez quoi? Au lieu de payer les 900 euros, il va en payer 899. Comme ça vont devoir se mouiller deux fois le maillot pour récuperer leur pognon, les petzouilles publics. Non mais c'est vrai à la fin, va pas se laisser arnaquer gratos, le mec. Ah bon.          

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17/04/2012

Plaisir

 

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Au fond, en y réfléchissant bien, le seul motif pour lequel l'humanité, depuis qu'elle existe, c'est vraiment bougée les fesses et les neurones est le plaisir. Dans tous les sens du mot. Pour ne pas devoir vivre avec la faim, la soif et le froid, les hommes ont inventé les systèmes économiques. Pour ne pas devoir vivre avec la douleur et la souffrance, ils ont inventé les sciences. Pour ne pas devoir vivre avec l'idée de la mort, ils ont inventé la religion. Pour ne pas devoir vivre avec la réalité, ils ont inventé les paradis artificiels. Non non, c'est clairement la recherche du plaisir qui est le moteur de tout. Faut pas chercher plus loin. Et surtout pas du côté des grandes idées genre altruisme, amour du prochain, égalité,  fraternité et autres valeurs morales, éthiques ou philosophiques à la con. Quant à cette autre toute belle valeur, la vérité, là on en parle même pas. C'est l'horreur absolue. Douloureuse, jamais bonne à entendre, toujours dérangeante et donc à éviter à tout prix. Because est tout à fait à l'opposé du plaisir. Est en fait son contraire. Son anti-pôle. Son anti-climax. C'est pourquoi, pour ne pas devoir vivre avec elle, les hommes ont inventé son anti-dote, l'espoir, et, pour être tout à fait sûr, le mensonge. Ce qui fait que nous vivons depuis toujours dans une double réalité. Une fausse que nous entretenons tous avec soin, en jouant notre petit rôle au quotidien, et une vraie, que nous connaissons tous mais que personne ne veut savoir. Tous atteints d'une sorte de schizophrénie volontaire, consciente, délibérée. Et peut-être salutaire.  

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15/04/2012

Dimanche

 

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Pour l'homme, le dimanche soir a toujours quelque chose d'une veillée d'armes. Tout est encore calme et silencieux autour de lui mais il est déjà à moitié dans la frénésie et le tintamarre du lundi. La frénésie des réunions, des agendas, des deadlines et le tintamarre des claxons dans les bouchons, des téléphones qui sonnent et des petzouilles qui gueulent because sont pas contents, pas d'accord, pas vos amis. Ceci dit, les dimanches, l'homme en avait horreur. Avant. C'étaient des jours vides, immobiles et froids. Aujourd'hui, avec Jade, les dimanches ont acquis une contenance, une consistance. Ils coulent avec une délicieuse lenteur. Ils ont une tiédeur. A peu près 37,6°C. Comme la peau de Jade. Ou la lumière tremblottante des bougies qu'elle allume. Aaah, quand on a connu les affres de la solitude dominicale, du désespoir dominical, du néant dominical, ben, on apprécie la différence, hein. Bien sûr, point de vue écriture, c'est pas aussi spectaculaire. Because y a pas mieux que la désespérance pour écrire des trucs très beaux, très poignants, très émouvants etc. Le bonheur par contre, c'est nettement moins porteur. A la limite c'est ennuyant. Voire carrément emmerdant. A tel point que certains en arrivent même à regretter le temps où ils étaient malheureux. Because ont l'impression que dans leur détresse ils vivaient plus. Plus intensément. Plus profondément. Mais pas l'homme, hein. Sûrement pas.

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