17/03/2012

Enfants

 

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Hier, journée de deuil national en Belgique pour les enfants morts dans ce tunnel suisse. Drapeaux en berne, minute de silence, glas. L'homme aussi s'est recueilli en silence. Et pendant cette minute il na pas seulement pensé aux enfants décédés dans cet autocar fatidique mais aussi aux enfants de Syrie, de Somalie, d'Ethiopie, de partout, qui meurent par autocars entiers, chaque jour, et pas accidentellement, pas en revenant de classe de neige, mais volontairement, par le feu et le fer, à cause de la folie meurtrière des hommes. Et qu'on enterre sans honneurs militaires, sans sonnerie de clairon et sans émissions spéciales du journal télévisé. Pour lesquels il ne faudrait pas une minute de silence mais des jours et des jours.

Quelle qu'elle soit, la mort est toujours et partout aussi insupportable, aussi injuste et aussi hideuse. Quelles qu'en soient les causes et les circonstances, la douleur des mères et des pères, des grands-mères et des grands-pères, des frères et des soeurs, des amis et des amies est universellement pareille. Mais c'est comme si la mort qui frappe dans nos contrées était plus tragique que celle qui fauche dans les pays lointains. Et ça, ça dérange l'homme.     

10:05 | Commentaires (4) |

Commentaires

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.

Quelqu’un à côté de moi dit : «Il est parti».
Parti vers où, parti de mon regard, c’est tout.
Son mât est toujours aussi haut, sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.

Et juste au moment où quelqu’un auprès de moi dit : « Il est parti »,
il y en a d’autres qui, le voyant pointer à l’horizon et venir vers eux,
s’exclament avec joie : « Le voilà ».

C’est ça la mort.

William BLAKE (1757-1827)

Écrit par : Marc | 17/03/2012

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Aucune mort n'est plus ou moins supportable que l'autre. Dans ce cas précis, c'est que l'enfant aurait pû être tien, ou mien, ou celui de ton voisin. Voilà pourquoi elle revêt une importance différente et très proche. C'est la fatalité qui a décidé pour nous, parents, de préserver le nôtre pour un temps, nous ne pouvons que dire "Merci" d'avoir épargné notre petit. Nous avons, évidemment plus de sentiments pour nos concitoyens, parce que nous faisons partie du lot... Et cela ne réduit pas ma sympathie pour les peuples éloignés géographiquement et culturellement. Je manifeste seulement mon appartenance culturelle à une nation, et mon empathie pour ces familles dans le deuil. A 11 h, vendredi, j'ai entendu le tocsin de l'église de mon futur village qui sonne les heures, c'était la musique des morts, et elle a duré, duré... Comme si elle égrainait le nombre de victimes. Et c'était poignant, triste, et je n'ai pu m'empêcher de penser à eux.
Et demain on oubliera, on reprendra la vie où on l'a laissée. Ce petit moment ne peut nous faire de mal, il restera gravé dans nos souvenirs de vie, comme le 11 septembre (par exemple), des minutes qui jalonnent notre existence, comme la découverte des caches de Dutroux, comme, comme... Ce que chacun en a retenu...

Écrit par : Moi | 17/03/2012

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Superbe texte, même si, à mon avis, il est des horizons derrière lesquels personne n'attend, derrière lesquels il n'y a rien...

Écrit par : Un homme à Marc | 18/03/2012

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Personnellement, je crois que nous sommes attendu derrière chaque horizon.
Comme nous l'étions derrière celui-ci lorsque nous sommes arrivés dans ce monde.
Pour certain, ce fut une attende de joie, pour d'autres d'angoisse, de rejet, ...

De toute manière, nous verrons bien.
Lorsque, chacun à notre tour, nous franchirons l'horizon ... :-)

Écrit par : Marc | 19/03/2012

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