23/02/2012

Noirceur

 

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Y a des moments où l'homme n'en a rien à cirer de ce qu'il a, de ce qu'il n'a pas, a eu ou aimerait avoir. Où il n'a rien à cirer de rien. Où il n'a plus envie de parler, de penser, d'espérer, de se souvenir. Et s'il a encore envie de quelque chose, c'est de fermer les yeux, la porte et sa gueule. D'éteindre la lumière. De s'étendre dans le noir. Et d'oublier. Oublier qui il est, a été, aurait aimé être. Oublier qu'il vit, qu'il a vécu et que demain peut-être il ne vivra plus. Et donc, d'abord est venue l'angoisse. Ce tesson de bouteille qu'une main invisible lui retourne dans le dos du coeur. Puis la colère. Immense et incendiaire. Contre tout. Mais surtout contre cette vie qui finira immanquablement par finir. Contre cette fin qui le laissera à coup sûr sur sa faim. Contre cette voix à l'intérieur qui ne cesse de gueuler encore encore et ce corps qui ne cesse de gueuler qu'il est fatigué, qu'il en a marre de bouger, qu'il a mal partout. Ce soir Jade n'est pas là. Et tant mieux. Il est des noirceurs contre lesquelles même une femme ne peut rien. Ni même l'amour. Il est des ténèbres qu'on ne peut traverser que seul.    

21:06 | Commentaires (1) |

Commentaires

L'Homme, tu n'es pas seul contre cette noiceur, cette solitude, ce vide qui soudain envahie, encore plus qu'une présence physique, nous sommes (à mon avis) nombreux à la sentir, nous envahir, lentement, insidieusement, envers et contre tout (et tous ou toutes)...
Ne baisse pas les bras, seul la mort est plus forte que tout.
Courage, la vie vaut la peine, les malheurs, les souffrances, toutes ses piques ne sont rien.
Seuls les bons moments valent la peine, ceux passés ou à venir.

Écrit par : Caroline | 26/02/2012

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