22/12/2011

Tristesse

 

crepuscule.jpg

Crise d'asthme. Arrêt cardiaque. Elle est morte, la mère des enfants de l'homme. Il se voyaient encore de temps à autres, elle et lui, à l'occasion d'un anniversaire, d'un baptême ou d'un truc du genre. Sans être particulièrement amis, ils n'étaient sûrement pas ennemis non plus. Elle avait refait sa vie avec un autre, comme tout le monde. Certe, l'homme n'est pas ravagé. Mais il connaît une sorte de tristesse sourde, voilée, crépusculaire. Celle qu'on ressent à la perte d'une femme qu'on a aimée, avec qui on a vécu pendant 25 ans, avec qui on a eu trois enfants, avec qui on s'est disputé, avec qui ça n'a pas marché, et qu'on a quitté, onze ans déjà, La tristesse d'un père dont les enfants viennent de perdre leur maman. Celle d'un père qui comprend la douleur de cet autre père, qui lui, vient de perdre sa fille. Comme chaque année, les petits enfants ont écrit leur lettre de nouvel an pour parrain et marraine. Faudra leur expliquer que marraine est partie. Qu'elle est maintenant une étoile dans le ciel. Un ciel que les feux d'artifices de la fête viendront tantôt illuminer de toutes les couleurs... 

18:44 | Commentaires (4) |

Commentaires

Sincères condoléances!

Écrit par : ApprentieMamana | 22/12/2011

Répondre à ce commentaire

Oh !
Ce n'est une perte anodine. Tes enfants n'ont plus que toi sur qui compter maintenant...
Je compatis...

Écrit par : Moi | 23/12/2011

Répondre à ce commentaire

Bonsoir.

Je compatis de tout mon coeur.
Cela m'a fait un bond en arrière : le 01 mars 2004, la mère de nos enfants a franchi les Portes pendant l'incendie de sa maison, pendant que les enfants étaient à l'école.
Nos routes s'étaient séparées, nos vies aussi, mais j'ai ressenti aussi cette tristesse face au départ d'une personne que j'ai aimée.

Il fut un temps ou, sous nos latitudes, on portait les morts à l'épaule. Les porteurs leurs disaient alors ce qu'ils n'avaient pas dit avant :
"Ce sont les mots que l'on a pas dit qui font peser si lourds nos morts sur nos épaules."
J'espère que cela ne te pèsera pas, que tout a été dit.

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
Quelqu’un à côté de moi dit : «Il est parti».
Parti vers où, parti de mon regard, c’est tout.
Son mât est toujours aussi haut, sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.
Et juste au moment où quelqu’un auprès de moi dit : « Il est parti »,
il y en a d’autres qui, le voyant pointer à l’horizon et venir vers eux,
s’exclament avec joie : « Le voilà ».
C’est ça la mort.
BLAKE William (1757 - 1827)

Paix à son âme.
Et à la tienne.

Écrit par : Marc | 24/12/2011

Répondre à ce commentaire

Merci pour ton partage et pour la beauté de tes mots...

Écrit par : Un homme à Marc | 24/12/2011

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.