17/12/2011

Trou

 

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"Vous saviez depuis longtemps qu'il y avait un mur, mais maintenant, vous venez de taper en plein dedans", se sont les premières paroles du psy lorsque, voici quelques années déjà, l'homme avait emmené son ex à l'hosto, complètement éteinte à l'intérieur, aux prises avec sa première dépression. L'homme a toujours retenu ces mots. S'il écrit ça aujourd'hui, c'est parce que l'homme, lui, n'a pas un mur quelque part en lui, mais comme un trou noir. Là, dans son ventre. Ou dans son coeur. Ou dans sa tête. Il sait pas très bien où, mais il est là. Et parfois, aux moments les plus inattendus, en sortant de sa douche, au volant de sa voiture, en sortant de réunion, il l'entrevoit, l'espace d'une fraction seconde, d'un vertige, d'un frissonnement, ce trou béant, sans fond et tout noir. Qui heureusement disparaît tout aussitôt. Ouf, il n'est pas tombé dedans. Pas cette fois. Mais lorsqu'il culbutera, ce sera quoi? La vie l'aura-t-elle épuisé au point qu'il n'aura plus ni l'envie ni la force de parler, d'écouter, de regarder, de comprendre, de ressentir? Fera-t-il tellement sombre derrière ses yeux que même en plein jour il fera nuit? Où son coeur se sera-t-il arrêter de battre, tout simplement? Il sait pas. Attention, avec l'homme tout va bien hein, n'est pas dépri, cafardeux ou un truc du genre. Pas du tout. Il se marre, se fout des autres et de lui-même, déconne, dérisionne et se self dérisionne, c'est pas ça. Mais, quelque part, y a ce trou noir. Parfois la taille d'une pointe de crayon, parfois un cratère à ses pieds, mais toujours là...

13:27 | Commentaires (2) |

Commentaires

Comme c'est bien décrit, ce gouffre qui nous guette, toujours présent, toujours prêt à resurgir, même si on fait comme s'il n'existait pas...

Écrit par : ApprentieMamana | 17/12/2011

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Moi, c'est le trou que je vois, j'imagine que je marche sur le bord d'une falaise...
Alors pas question de regarder passer les mouettes, pas question de se laisser distraire par le chant d'une alouette, seulement veiller où l'on met les pieds, l'un devant l'autre, évitant l'écueil, le rocher qui va se détacher, dont on n'a pas vu la fente se former...

Écrit par : Moi | 17/12/2011

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