17/11/2011

Choix

 

4921.jpg

Bizarre et inquiétant à la fois que nos sociétés interconnectées, internetées, interfacées, newslettrées, networkées, twitterisées, facebookées, médiatisées, réseaux-socialisées, smartphonisées, soient également celles où, non seulement on bouffe le plus d'anti-dépresseurs, de tranquillisants et autres machins chimiques censés remplacer tout le bonheur, toute la chaleur humaine et toute la quiétude qu'on a pas, mais où y a aussi, et en même temps, le plus de suicides. Un rien contradictoire ça, hein. On pourrait croire qu'avec toutes ces pilules pour nous rendre heureux on aurait moins tendance à se flinguer, et ben, de toute évidence, c'est pas le cas. Que le désarroi, la détresse, la souffrance doivent être profonds... Peut-être qu'en fait nos sociétés sont trop riches. Qu'elles présentent trop de possibilités. D'opportunités. D'alternatives. Trop de canaux relationnels, de listes de contacts, d'amitiés et d'amours chattées et skypées. Trop de paradis possibles, trop de voisins à l'herbe plus verte, trop de fruits plus ou moins défendus à portée de main. Et puis aussi, quand les choix sont limités, qu'y en a pas des masses, les décisions sont plus simples à prendre et les risques de se tromper sont plus restreints. Quand par contre les choix sont vertigineusement multipliés, le risque de se planter est d'autant plus important, et donc les déceptions potentielles, probables, prévisibles également, si bien qu'on finit par prendre peur et, surtout quand on a déjà connu quelques douloureux échecs, par ne plus oser. C'est alors qu'on tombe dans l'immobilisme, l'apathie et, ultimemenent, le découragement et le désespoir. Jusqu'à ce que la vie reprenne les choses en main et choisisse à notre place. Dans le meilleur des cas. Ou jusqu'à ce qu'on choisisse d'y mettre fin, dans le pire.

12:27 | Commentaires (1) |

Commentaires

Trop de choix détruit le choix.
Moins il y en a, mieux on peut trouver une nouvelle ligne. Sachant que les choix sont souvent situés entre la peste et le choléra. Les choix sont déterminés par un moins pire...
Merci les pillules du bonheur ! Elles m'ont permise de trouver une envie de vivre que je ne connaisait pas avant 45 ans, elles sont une béquille, mais doivent se combiner avec une mise en question fondamentale, avec de l'aide, avec une thérapie. Les pillules toutes seules ne sont rien qu'un emplâtre sur une jambe de bois. Soigner les symptômes est une chose, en soigner la cause est une autre chose, complémentaire et indispensable...

Écrit par : Moi | 17/11/2011

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.