05/11/2011

Eglise

 

buda_eglise.jpg

Paraît qu'à un certain âge on se met en quête de spiritualité. Que c'est normal. Que ça fait partie d'un cycle de vie. Peut-être est-ce pour cela que, hier, l'homme a poussé le portail de l'église de son patelin. Pas que l'homme soit du genre croyant, pratiquant, communiant, confessant, pélérinant ou messe-du-dimanchant, pas du tout, mais il aime de temps à autre visiter ces lieux de culte, ne fût-ce que pour en goûter la grandeur, la profondeur et surtout le silence, tellement propice à l'apaisement et à l'introspection. En fait hier, l'homme cherchait plutôt à savoir, à découvrir, ce qui faisait que certains croient en Dieu. Pourquoi ? D'où leur venait cette foi aveugle et pourtant inconditionnelle ? Peut-être aussi pour trouver certaines réponses à certaines questions. Et donc l'homme a lentement parcouru les allées, s'est arrêté devant les tableaux et les statues, a longuement regardé le Christ crucifié, suspendu au dessus de l'autel. Peut-être espérait-il un signe. Une révélation. N'a reçu ni l'un ni l'autre. Sur le point de sortir, une table a retenu son attention. Dessus un grand livre ouvert. Sorte de registre dans lequel des gens avaient écrit plein de trucs. En voici deux exemples, que l'homme reproduit ici texto, littéralement, mot à mot :

 

"Sainte-Marie, mère de Dieu, je suis tellement en souffrance car mon mari vient d'acheter une Mercedes dans mon dos (sic) et en faisant supporter un nouvel emprunt à la famille..."

 

et

 

"Seigneur (...) aide moi à trouver un appart dans les normes à... (nom du patelin), proche de la gare...".

 

Alors l'homme est sorti de l'église. Avec en lui, une sorte de déception. Dans les dieux en général et le genre humain en particulier.

09:39 | Commentaires (15) |

Commentaires

Si ça ce n'est pas un signe, qu'est-ce qu'il vous faut ?
Un petit coup de Saint-Ex peut être : "Ce qu'il y a de grand dans la prière, c'est qu'il n'y est point répondu"

Écrit par : Walrus | 05/11/2011

Répondre à ce commentaire

Mais bon sang, mais c'est bien sûr... la divinité est en nous et nulle part ailleurs...

Écrit par : Un homme à Walrus | 05/11/2011

Répondre à ce commentaire

Espérer (demander ?) un signe, le recevoir et ne pas le considérer comme tel ....
La grande difficulté dans le scepticisme, c'est d'en sortir.

La divinité est partout.
Y compris en nous : ce n'est pas une exclusive (genre "ou dedans ou dehors").
Difficile à admettre que "1+1=2" est aussi divin et mystérieux que la foi ?

Écrit par : Marc | 05/11/2011

Répondre à ce commentaire

L'Homme se prend pour Don Camillo ?
Dieu ne parle que dans les films !!!!
Et je vais te dire que pour ce que Dieu m'a apporté comme merdes multiples, ben il ne fait pas partie de mes potes !
Mais j'aimerais bien, ce serait cool de pouvoir me reposer sur une ligne de vie divine, sur notre non responsabilité de ce qui arrive... Le destin quoi !!!!
Ceci dit, les églises, que j'adore visiter, sont source d'un grand plaisir visuel. à se demander pourquoi les croyants y ont tellement investi de leurs pauvres, maigres petits sous... mais quel art, quelle ambiance, quel plaisir que ces endroits immenses et tellement dépeuplés (il est préférable d'y aller en dehors des commémorations). J'ai toujours adoré ce silence, et même si je n'y étais pas seule, je parlais tout bas...
Bon, je vois que tu as (dé)laissé les infirmières, elles n'étaient pas à ton goût ???
Pour le golf, j'efface l'ardoise !

Écrit par : moi | 05/11/2011

Répondre à ce commentaire

Dieu ne parle que dans les films de Don Camillo.
Je crois que c'est exact ... ce qui ne l'empêche pas de s'exprimer autrement.

Un très chouette bouquin à ce propos, pour ceux capable de le lire : "Conversations avec Dieu", de Walsh.
Rigolo, décapant mais surtout très agnostique et qui ouvre des portes qui, pour moi, étaient fermés auparavent.
Pas que je sois devenu catholique (loin s'en faut !!!!), mais depuis j'ai compris comment et de qui viennent "les merdes" (ben oui, j'en ai eues aussi quelques unes ....)

Écrit par : Marc | 06/11/2011

Merci pour le tuyau... Vais essayer de trouver le bouquin...

Écrit par : Un homme à Marc | 07/11/2011

Répondre à ce commentaire

Marc, éclaire-moi ! Je suis trop nulle pour me farcir le bouquin, mais dis-moi d'où viennent les merdes !!!!
Merci déjà !!!!

Écrit par : moi | 07/11/2011

:-)

Écrit par : Marc | 07/11/2011

Mwais ...
Un peu facile, ça, de demander un résumé.
Néanmoins, je vais te répondre brièvement :
Dieu est une entité énergétique qui, de par son état, n'a pas accès (dans le sens de "expérimenter") au monde physique. Il doit, pour expérimenter le chaud (qui est, en fait, l’absence de froid) ou le froid (qui est, en fait, l'absence de chaud), passer à travers nous. De la même manière, il ne connait pas le monde des sentiments et donc doit passer à travers nous pour expérimenter l'amour, la haine, l'indifférence, la joie, la peine, etc ...
Il nous a créé à son image, c'est à dire avec les mêmes capacités et droits : capacité de création et de destruction, libre-arbitre, etc ...
En nous créant, il a pris l'engagement de respecter notre libre-arbitre et nos choix d'expériences.
D'où te viennent tes merdes ?
Ben, de toi, c'est ton choix. Et de les créer, et de les expérimenter tant en physique qu'en émotionnel. Dieu n'est que l'instrument de ce que tu demande (en conscience ou pas), de ton contrat d'âme ... lui, il suit, avide de pouvoir, à travers toi, expérimenter et ressentir.

Un exemple ?
"Je suis trop nulle pour me farcir le bouquin".
C'est une croyance que tu énonce. Croyance qui va se manifester dans les faits. Pour changer ça, je crois que "Je ne désire pas me farcir le bouquin" ou même "je ne veux pas le lire" conviendrait mieux. D'une part, tu enverrai une image juste de toi-même, d'autre part tu accepte la responsabilité de ne pas le lire, qui est le résultat de ta volonté et aucunement de ta nullité.

Tu as des merdes ?
Elles sont le résultat de tes choix.

Écrit par : Marc | 07/11/2011

Répondre à ce commentaire

J'adhere totalement aux enonces de Marc.
Spinoza a ete un des premiers (sinon le premier?) a emettre cette idee de choix volontaire de notre part. Nous partons tous avec des handicaps; ces handicaps peuvent etre des croyances qui nous sont nefastes sans que nous en ayons conscience et cela peut passer par exemple par une education religieuse aui nous rigidifient dans nos pensees ...
Dieu c'est la nature, la nature c'est Dieu et nous nous sommes une materialite (un objet de la nature) qui passe dans un moment (si bref au niveau cosmique !)
Mais il y a d'autres points d'entrees, dont le cosmos justement (dont parle l'Homme!).

L'homme, un jour il va falloir que tu nous invites tous a causer ensemble :o) on apportera la bibine -ahahahah- soyons gais ca ne fait de tort a personne !!

Écrit par : sugoisugoi | 23/11/2011

Assez d'accord avec Marc !
"Le présent n'est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l'action." a écrit Simone de Beauvoir

Écrit par : Marie L | 08/11/2011

Répondre à ce commentaire

Merci !
Bon, je vais me recoucher, sur mon clavier... Cassée là!!!!
Snif...

Écrit par : Moi | 08/11/2011

Répondre à ce commentaire

Noooonnnn, c'était pas le but ! Désolée !!!

Écrit par : Marie L | 08/11/2011

Quand j'ai lu le bouquin, je l'étais aussi.
Un refus d'assumer mes choix (très fréquent dans notre société : c'est pas de ma faute, c'est celle du système, de la loi, de mes parents, de mon conjoints, de ...
Ben non.
D'abord, il n'y a pas de faute : chaque choix est juste, exact ... par rapport à un objectif à atteindre.
Reste à savoir quel objectif était à atteindre au moment du choix.
Et à accepter (et agir) que chaque choix peut-être remis en question, sans cesse : rien n'est définitif.

Quand j'ai abordé le livre de Walsh, j'étais assez méfiant : un nouveau truc new-age, un truc de propagande catho, etc ...
Ce que j'ai aimé dans cet ouvrage, c'est que c'est logique, un truc que genre "je le savais", rien d'imposer ou de gnostique. Qui pose des questions sans pour autant y répondre (mais aide à le faire, chacun pour soi).
Facile à lire aussi : moi, les grands textes avec des mots compliqués, c'est pas trop ma tasse de thé ,-)

Écrit par : Marc | 08/11/2011

OK dans l'ensemble, mais les choix, on ne les fait pas dès la naissance ! Il y a une série de déterminismes qui vont jouer une grande part de l'avenir de l'être qui pousse son premier cri... Et qui fera un jour ses propres choix, en fonction de ces déterminismes en fonction de son acceptation ou de son refus d'adhérer à une existence qu'on lui a tracée.
Je vais prendre quelques exemples: le petit africain qui vient au monde dans une région dévastée par la famine, il n'a pas faim parce qu'il a fait un mauvais choix, mais parce qu'il est né au mauvais endroit. L'enfant violé qui n'arrive pas à vivre sa vie de femme ou d'homme, il n'a pas fait le choix de faire une mauvaise rencontre, il n'a rien provoqué. Si je prends le volant bourrée que je me ramasse avec ma voiture, c'est bien fait pour moi, j'en avais fait le choix, mais le pauvre cycliste que j'ai buté, il n'a pas fait le choix de croiser ma route. Mon fils handicapé mental n'a pas fait le choix de se payer une overdose de morphine à la naissance, à travers moi, et je n'ai rien demandé au docteur, il m'a imposé cette piqûre, sans m'en parler. Ma soeur qui a été assassinée, elle n'a pas fait le choix de laisser entrer son assassin, il s'est introduit, et c'est son choix à lui de la tuer ! Il y a des choix, certes, bons et mauvais, qu'il nous appartien d'assumer, mais il y a toute une série d'impondérables que nous ne maîtriserons jamais.
En conclusion, nous ne sommes pas notre DIEU !

Écrit par : moi | 08/11/2011

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.