30/09/2011

Course

 

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Jade bosse à fond la caisse. Rentre chaque soir d'abord excitée jusqu'à la moelle et boostée façon Duracell par tout ce qu'elle a fait pendant la journée, pour ensuite s'étendre et s'éteindre dans le canapé. Et la nuit elle bosse dans son sommeil. En rêve tout haut. S'en réveille avant son réveil. Et hier elle a dit à l'homme que décidément, pour faire ce métier, on devait être single. Merci pour l'info. Fait toujours plaisir par où ça passe. Et hier aussi, quand l'homme lui a proposé de se faire un petit resto ce vendredi soir, elle a tiré une tête genre pffff, encore! pas envie! Non non, ça fait une semaine qu'elle n'a plus le temps pour rien. Ce qui tombe mal car l'homme, justement, est de plus en plus conscient qu'il faut le prendre, le temps. En particulier, le temps de vivre. Ben oui, il a onze ans de plus qu'elle, il a déjà donné et en est revenu, des mirages. Il connaît cette griserie quand on est pris dans ce maelstrom, ce tourbillon, où tout vous réussit, où tout s'accélère, où on surfe tout en haut de la vague, où plus rien d'autre n'a d'importance. Cette ivresse de se sentir super bien, d'être le meilleur, de marquer des points, de monter en puissance. Mais il sait aussi qu'à un moment donné le maelstrom s'arrête, le tourbillon se fige et la vague s'aplatit. Et il a connu cette hébétude qu'on ressent alors, quand on voit que soudain il ne reste plus rien autour de soi. Ni pour soi. Ni à soi. Quand on réalise qu'on s'est planté dans ses priorités. Qu'on a gommé des pans entiers de sa vie pour des foutaises. Enfin bref, tout ça pour dire que l'homme ces derniers temps a comme l'impression de faire partie des encombrants. De lui taper sur le système, à Jade. De lui courir entre les pattes. De l'alourdir genre ballast. De la freiner. D'être de trop. Pffff, plus la moue que l'amour, cette semaine.

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28/09/2011

Fumer

 

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Les habitués de ce blog de mes deux le savent bien, l'homme passe un temps non négligeable de sa journée à glandouiller dans les files. Alors qu'est-ce qu'on fait pour passer le temps ? Ben, on regarde autour de soi, bien évidemment. C'est ainsi que ce matin, à un moment donné, il s'est vu tout à coup entouré de nanas. Une brunette dans le rétroviseur, une blonde dans la caisse devant lui et une châtain clair à sa droite. Pas de rouquine. Dommage, because manque encore à son tableau de chasse. Mais bon. On peut pas tout avoir dans la vie, ni toutes les avoir non plus. Bon. Donc jusque là, pas de quoi en faire une tagine. Si ce n'est... si ce n'est que toutes les trois, avec un bel ensemble, étaient en train de tirer une sèche, dont les volutes légères montaient voluptueusement par leurs fenêtres entrouvertes, avant de disparaître dans l'azur du ciel, doucement emportées par la brise tiède de ce septembre délicieusement estival (note poétique gracieusement offerte par la maison L'homme à son aimable clientèle). Et comme Jade fume aussi, il s'est dit que le jour d'aujourd'hui, les femmes fumaient décidément beaucoup plus que les mecs. Signe de libération ? De masculinisation des frangines ? De féminisation du stress ? L'homme sait pas. Et pourtant fumer tue. C'est marqué tellement grand sur les paquets de cigarettes qu'on ne sait presque plus lire si c'est des Marlboro, des Gauloises ou des Lucky Strike. Mais apparemment tout le monde s'en tape le jonc. D'après l'homme, et qui suis-je pour le contredire, c'est because l'incitant pour arrêter de fumer est beaucoup trop faible. Aaah évidemment, si au lieu de scribouiller bêtement "fumer tue", on écrivait "arrêter de fumer rend immortel", alors là, y aurait du résultat, c'est sûr.    

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26/09/2011

Solo (bis)

 

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Aaah, ça n'arrive pas tous les jours, hein, que l'homme scribouille un second billet le même soir. C'est que le mec a comme l'impression qu'il va pas savoir dormir. Se voit déjà dans ses draps noirs (ben ouais, il a des draps noirs...) en train de se retourner sans cesse, de regarder sans fin les pans de lumière oranges qui se découpent sur le plafond, de mater toutes les cinq minutes les deux points rouges qui clignotent comme deux cons entre les heures et les minutes de son réveil digital. Pffff, au moins, quand Jade est là, ben, ils trouvent toujours l'un ou l'autre truc un peu torride qui les détendent, les épuisent, les anesthésient. Mais en solo, c'est pas la même chose, hein. Aaah évidemment, il pourrait se faire plaisir, vite fait, comme il le faisait si souvent. Avant. Quand il vivait, solitaire, son ère glaciaire. Mais à présent qu'il a Jade, problème, il aurait le sentiment de, quelque part, la tromper. De, quelque part, lui manquer de respect. Disons que c'est une question de dignité. Et aussi de protection de soi. Because, après, il culpabiliserait que c'est pas possible. D'accord d'accord, l'homme entend déjà tout le monde qui se marre. Respect, dignité, culpabiliser... non mais attend... ce mec c'est un dinosaure ou quoi ! Ben ouais, peut- être...       

23:25 | Commentaires (0) |

Solo

 

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Non, contrairement à ce que le titre de ce billet à la con pourrait laisser croire, sur ce coup l'homme fait pas de pub pour l'une ou l'autre marque de machin à cuire, rôtir ou reluire (genre "Dernier tango à Paris", si vous voyez ce que je veux dire), mais c'est juste pour signaler que Jade est partie pour deux jours à un séminaire, conférence, congrès ou un truc du genre, qu'elle organise pour sa boîte, et que donc l'homme est en solo depuis hier midi et jusque demain soir. Deux jours et deux nuits. D'accord, c'est pas la mer à boire et pourtant... Pourtant les anciennes pensées, les anciens réflexes et les anciens démons, du temps où il était vraiment seul, sans personne, sans attentes et sans perspectives, ont resurgi presque aussitôt après son départ. Quasiment instantanément. Comme s'ils ne l'avaient jamais quitté, mais étaient restés sous-cutanés. Des parasites dormants, immobiles, enfouis dans les replis de son âme et les méandres de son esprit, et prêts à s'emparer de lui à la première trace de solitude. Faut croire que deux années de constante angoisse de finitude, de permanente sensation de vacuité, de vertiges quotidiens sur les bords du néant, ça laisse des marques indélébiles au plus profond de l'être. A moins évidemment que toutes ces choses effrayantes ne fassent parties de la nature même de l'homme. Possible. Et même probable. Ce qui est certain par contre, c'est que quand Jade est à ses côtés, il se sent comme tenu par la main, l'homme. Qu'avec elle, son monde est plus rassurant. Que c'est elle qui donne de la consistance à son apesanteur existentielle, de la chaleur au froid intergalactique de son univers, de l'énergie à son inertie vitale. Non non, il faut se rendre à l'évidence, c'est vrai, c'est comme ça, elle est sa joie, sa force, sa certitude. Et qui sait, son avenir.    

18:45 | Commentaires (0) |

24/09/2011

Scarlett

 

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Depuis que Scarlett Johansson s'est prise les fesses en photo dans sa salle de bain, tout le monde fait son petit exhibitionniste sur le net. Z'avez qu'à taper johanssoning sur Google pour en avoir plein la vue. Et après 5 minutes, plein le c..., ce qui n'est pas étonnant vu que c'est justement ça le buzz. Alors s'il y a, c'est vrai, de la belle fesse, intéressante, craquante, appétissante et tout, hélas y a en aussi beaucoup de maigrichonnes, de livides, de creuses, pâlotes, malingres, souffreteuses, râpées, avachies, mollassonnes, ramollies, bref des moches que c'est presque dégueu. Résultat, l'homme, évidemment, a scruté les siennes. Et évidemment, il a trouvé qu'elles étaient somme toute, en fait, à tout prendre, pas trop mal. Aussi blanches qu'une aspirine, d'accord, mais quand même petites, fermes, glabres, voire même un rien musclées. Probablement du fait qu'il les a déjà serrées quelques fois au cours de sa longue existence aventureuse... mmmmwwwouaaahahahaha... m'escuse... m'a échappé. Et voila donc l'homme, toujours prêt pour les conneries, à poil dans sa salle de bain, le dos vers le miroir. Aaah ça n'a l'air de rien comme ça, mais prendre son derrière en photo, c'est pas évident, hein. Avec le GSM dans une main et un miroir dans l'autre pour voir sur l'écran du machin comment cadrer le bazar, ben, c'est pas simple. A la première photo, il a pris le flash en pleine poire et s'est retrouvé la demi-heure suivante assis sur le bord de sa baignoire, en proie à un léger vertige, des tâches noires plein les rétines. A la deuxième photo, yééé, il avait tout le miroir, mais pfffff, y avait rien dedans. Sauf son peignoir suspendu tout con contre le carrelage du mur d'en face. A la troisième photo, il avait quand même la moitié du miroir et dans cette moitié, la moitié de sa fesse gauche. Naaan !? Si ! Si bien que ce n'est qu'à la quatrième tentative, qu'il a enfin réussi à avoir la totale. Enfin, la totale, c'est beaucoup dire. Car une fois en plein écran sur son laptop, ben, disons que c'était un rien débile comme truc. Au point qu'après en avoir longuement débattu avec lui-même, et aussi avec Moi, et même avec Je, il a décidé de verser cette pièce controversée aux archives secrètes de sa vie. A n'ouvrir au grand public que cinquante ans après la mort de l'homme, ce génie méconnu etc...          

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22/09/2011

Pâle

00_thumbnail_img_news_febrile_seizures.jpgAujourd'hui l'homme est un mec qui s'est levé tout malade et pas bien du tout. Mal de tête, le larynx et le pharynx en feu, ankylosé de partout, fiévreux jusqu'aux os, les jambes en flanelle. Il aurait pu se laisser porter pâle mais non, il bosse. Même si c'est avec des pieds de plomb. Ce qui, avec des jambes en flanelle, n'est pas évident. Et donc a descendu plein de Nurofen, de rhinospray et de neo-golaseptine par tous les orifices décents de sa bouille (les rares amateurs de littérature qui le lisent auront admiré au passage la subtile allitération de "descendu" et "décent"... Pas beau, ça?). Question de tenir debout. De toute façon, il n'avait pas le choix. Le jeudi c'est le jour où la petite gisquette vient nettoyer son pied-à-terre. Qui en fait n'est pas un pied-à-terre puisque situé au second étage. Et donc plutôt un pied-en-l'air, en fait. Ce qui fait que l'homme a préféré la quiétude feutrée de son burlingue au boucan d'aspirateurs qui aspirent, de seaux d'eau qu'on remplit d'eau ou de meubles qu'on déplace (quoi? non, ici j'ai pas trouvé de mots pour faire un bon mot, et alors? Non mais attend, le gars est dans un état grippal sinusité, accompagné de fièvre de cheval, aggravé d'écoulement nasal et compliqué de congestion frontale, et on vient encore lui faire des remarques sur son style !? Faut pas pousser quand même, hein ! Ah bon...). D'autant que today il fonctionne en mode mollo : a dévié sa ligne vers le secrétariat, annulé ses rencards et baissé ses stores. A l'économie, qu'il roule. Le minimum syndical, qu'il preste. Question de tenir jusqu'à ce soir. Et son pieu.          

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20/09/2011

Semblant

 

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Aaah le nombre de fois que l'homme a fait semblant d'être heureux pour ne pas attrister ceux qui l'aimaient. Le nombre de fois qu'il a fait semblant de s'intéresser à des trucs dont en fait il n'avait rien à cirer, juste pour ne pas décevoir ceux qu'il aimait. Et le nombre de fois qu'il s'est fait semblant de s'en foutre, uniquement pour mieux se protéger lui-même, par amour de soi... Faut juste rester attentif, avec tous ces faux semblants, de ne pas se perdre de vue. Car à force de trop vivre en fonction des autres, en fonction de ce que les autres pensent de nous ou, pire encore, de ce que nous croyons qu'ils pourraient penser de nous, ben, on risque de s'égarer, au point de ne plus savoir qui on est réellement. La crise d'identité en plein. L'évanescence de la personnalité. L'évaporation du moi. Et donc, il est toujours bon de ne pas toujours être bon. Et, de temps à autre, d'envoyer bouler le petit monde autour de nous, même si on l'aime bien. Style faut pas pousser, j'ai une vie aussi, moi.   

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