09/09/2011

Bulles

 

bulles20de20savon.jpg

Alors c'est l'homme qui est dans sa voiture, dans les files, dans ses pensées* et qui se dit que c'est pas une vie, que c'est pas vivre ça, qu'il doit y avoir autre chose dans la vie que cette vie qu'il mène, et qui soudain est pris de vertige, d'un quasi malaise, quand il se dit que de toute façon la vie ne peut donner que ce qu'elle a. Et qu'elle n'a peut-être pas des masses à offrir. Que peut-être elle est limitée. Bornée. Bête. Conne. Aaah, pas impossible ça, hein. Et que c'est nous qui l'habillons d'attraits qu'elle n'a pas et d'apparats qui ne sont qu'apparences. Du coup, nos rêves, nos aspirations, nos attentes ne seraient qu'autant d'illusions, uniquement créées par nous-mêmes pour nous sortir de toute cette banalité. Comme on se crée des fantasmes pour exacerber notre plaisir ou des religions pour nous anesthésier de la mort. Bref, des bulles plein nos têtes pour nous tenir en vie. Belles, reluisantes, irisées, mais d'une infinie fragilité. A tel point que quand on tente de les saisir, ou même de les laisser se poser délicatement sur la paume de notre main, elles éclatent. Et après, il n'en reste rien. Strictement rien. Derrière la transparence colorée de leurs membranes immatérielles, le vide. De là, le vertige. Cette impression soudaine de tituber au bord d'un abîme, surgi de nulle part.

 

* Je sais je sais, c'est le même début que son billet précédent, mais c'est la crise partout hein, alors l'homme économise comme tout le monde et recycle ses phrases...

14:05 | Commentaires (1) |

Commentaires

Et oui, l'Homme sait bien que c'est le propre de l'homme de se poser des questions existentielles sur la vie. Qui suis je? ou vais je? dans quelle étagère??? Alors que la vie c'est juste un début, un milieu et une fin, sur une durée plus ou moins longue fonction de la race (humain, chien, amibe...).
Fille que je suis pense que l'Homme que tu es devrait se simplifier la vie et ne plus prendre sa voiture, ca a l'air de sacrément faire gamberger ses neurones restantes... Et sachant que l'âge aidant ils sont de moins en moins nombreux, bein les survivants, les guerriers de la vie faut leur foutre la paix ;-)
Profite de ton week-end l'Homme et déconnecte.

Écrit par : Caroline | 09/09/2011

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.