19/08/2011

Appart

 

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Jade est chez le coiffeur et l'homme a retrouvé pour quelques heures son appart. Cet appart où il est de moins en moins, pratiquement plus jamais. Et qu'il quittera pour celui de Jade dans quelques temps, c'est presque certain. Et quelque part, ça lui fait quelque chose. Parce que ces murs, ces meubles, ces pièces ont partagé plein de trucs avec lui. L'ont vu malheureux, solitaire, naufragé. L'ont vu se traîner, râler, tourner en rond. L'ont entendu parler à lui-même quand il n'avait personne à qui parler, jurer putain de vie, ricaner je suis foutu. L'ont vu désespérer, ne rien à cirer, se Chasse-Spleener, se Smirnoffiser, se Chivaz Regaler. L'ont vu tapoter tout blême dans le halo bleu d'écrans muets. Ont vu ses nuits sans rêves, ses matins sans espérances et ses gueules de bois sans égal. Mais aussi, parfois, et surtout à la fin, l'ont vu renaître, l'ont entendu à nouveau rire, ont distingué un coeur qui se remettait à battre, ont senti la chaleur d'un corps qui redevenait vivant. Aaah, ça crée un lien, tout ça, hein. Une complicité. Et donc, pas évident à laisser derrière soi. D'autant que chaque page qu'on tourne est une page de moins. Et des pages, y en a plus des masses.     

18:22 | Commentaires (3) |

Commentaires

Cool, c'est quand la cremaillere ?? ;o)

Écrit par : sugoisugoine | 20/08/2011

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... je compatis.
Si si si si .... car j'ai la même "blague" : je cherche une maison.
Pour y aménager. Avec MaDame et nos 'enfants (enfin "nos" : les miens et les siens ... donc "nos" :-)
Et donc que je vais quitter cette maison, devenue trop petite pour un temps, qui m'a vue arriver en catastrophe à Noël 2000 (véridique : bail signé le 24 décembre 2000 à 1800Hr, et installation dans la foulée) pour six mois : j'y suis toujours.
Pour quelques temps.
Alors, je comprends ce sentiment de complicité avec un lieu ... pour un peu, il nous ferait dire "non" à cette nouvelle vie qui arrive ,-)

Écrit par : Marc | 29/08/2011

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Belle coïncidence : me suis aussi barré entre Noël et Nouvel-An 2000... Timing malheureux, je sais, mais il n'y a pas de bon moment pour rompre... Je n'ose d'ailleurs pas trop me remémorer cet épisode... Car - et seuls ceux qui ont vécu ça le savent - c'est tout aussi douloureux pour celui qui part que pour celui qui reste. En fin de compte, l'échec est le même...

Écrit par : Un homme à Marc | 30/08/2011

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