30/07/2011

Excursion

 

Boat_web.jpg

L'homme est un individualiste. N'aime pas tout ce qui est groupe, troupeau, rassemblement, multitude, foule, masse, tous ensemble, tous au pas, tous en choeur. Alors qu'est-ce qui est le plus crucifiant pour un individualiste pendant les vacances? Ben c'est, et de loin, les excursions. Un exercice cependant obligatoire puisque Jade aime bien, que ce sont aussi ses vacances à elle et qu'en plus elle a tout aussi bien investi dans l'aventure. Car un voyage avec l'homme reste toujours une aventure. Vu ses sautes d'humeur, ses marées noires et ses fissures de l'âme habituelles mais auxquelles personne, même lui, ne parvient jamais à s'habituer. Sans parler de ce besoin permanent d'être deux et seul à la fois. Mais bon. De quoi on causait encore? Ah oui, des excursions. Excursions avec, pour l'homme donc, le préfixe "ex" douloureux de excision, de extraction, de extirpation. Ouille, ça fait mal tout ça. C'est qu'il faut se lever à temps pour être à temps pour le bus qui doit être à temps pour le bateau qui doit partir à temps pour l'île de machin-truc où il faut être à temps de retour pour reprendre le bateau à temps et retrouver à temps le bus qui attend. En plus qu'il faut pas oublier son ticket (hein Jade...), qu'il faut faire gaffe à ne pas se tromper de bus (hein l'homme, qui était déjà presque en route avec une légion d'allemands vers je ne sais où, mais avec les allemands on ne sait jamais vers où...), il faut aussi se farcir le sandwich poulet-mayo, la bouteille de flotte, la banane et la pomme du panier pic-nic de l'hôtel, qui n'était d'ailleurs pas prêt et à cause duquel on a risqué dés le départ de ne pas être à temps pour le bus qui etc etc etc. Déjà que toute l'année est une course contre la montre, les vacances chrono en main, ça sait pas être le but. Mais restons positifs. L'homme a survécu hier le bus et le bateau, et survivra demain aussi, enfin normalement, avec un peu de chance, également le safari en 4X4, avec courage, dignité, abnégation et sacrifice de soi. Un monument, qu'il mérite le mec. A visiter lors de l'une ou l'autre excursion, bien entendu.             

16:32 | Commentaires (0) |

28/07/2011

Partage

 

saint-martin-of-tours-00.jpg

Quand on partage sa vie avec quelqu'un, ben, le mot le dit, il y a partage. On donne un morceau de soi à l'autre. Certains donnent beaucoup, même tout et s'offrent tout à fait. D'autres donnent peu, le minimum, presque rien. Tout dépend de ce qu'on accepte de donner et de ce que l'autre considère comme acceptable de recevoir. Ou de ne pas recevoir. A deux, tout passe ou tout casse avec le partage.

15:52 | Commentaires (2) |

27/07/2011

Direct

Alors sur ce coup, l'homme écrit en direct et même pas en différé du lobby bar de l'auberge grecque où c'est qu'il crèche pour le moment. En fait il écrit pour dire qu'il n'a rien à écrire, because entre le lobby bar, le pool bar, la plage et la piscine y a strictement rien qui se passe. Tout est tellement luxe, calme et volupté - comme dirait Baudelaire, mais pas sûr que ce soit dans le bon ordre - que même la machine à penser de l'homme s'est arrêtée. Et ça c'est fort. Vraiment fort. Juste une réflexion cependant : Jade et l'homme ont pris un hôtel adult only. Pas qu'on y tourne des trucs pornos ou quoi, mais un hôtel où y a pas d'enfants en dessous de 16 ans. Question d'être à l'abri des chialeries, des pleurs, des pipis-cacas et autres défauts de fabrication inhérents aux moutards de tous calibres et de toutes nationalités. Force est cependant de constater que les adultes en mode vacance ont comme une tendance à tout aussi bien retomber en enfance. Jouent tout aussi bien avec des balles dans la piscine, se couchent tout aussi bien sur des tas de machins gonflables de toutes dimensions, formes et formats, et jouent tout aussi bien à plein de jeux débiles. Mais soit. On va pas refaire l'humanité non plus, hein. D''autant que l'homme n'a pas le tremps. Doit absolument aller chercher Jade, qui doit entre temps avoir terminé de s'épiler les... le... enfin je ne sais pas tout quoi... pour aller bouffer. C'est que la soupe refroidi hein...

 

PS : Y a pas photo. L'homme n'a vraiment pas le temps... 

18:56 | Commentaires (0) |

26/07/2011

Costard

 

Male_Mannequin.jpg

L'homme est en vacance. Ce qui est bien. Si ce n'est que vacance signifie aussi "inoccupé". Comme dans emploi vacant. Et donc vide. Et c'est aussi un peu ce que l'homme éprouve, en ce moment. Une sensation de vide. Et comme la nature a horreur du vide, ben l'homme, et en particulier la tête de l'homme, s'occupe à faire du remplissage. Donc, à penser. A plein de trucs. Du passé, du présent, du futur. Pas que l'homme soit un intellectuel, hein. Mais il pense. Ne peut s'empêcher de penser. Et il se dit que quand il bosse, quand il s'affaire, quand il gesticule et qu'il bouge dans tous les sens, ben il ressent sa vie comme un costard trop étroit, étriqué, un peu juste aux entournures, un peu trop serré aux épaules. Une étroitesse qui l'empêche de respirer. Et à présent qu'il a tout le temps du monde, ben c'est comme si soudain il portait le costard d'un autre. D'un plus grand et plus gros que lui. Un costard trop large. Beaucoup trop large. Style XXL. Et qu'il flotte dedans. Qu'il y est un peu perdu. Dans une sorte d'apesanteur. Une atmosphère raréfiée. Et il se dit que quand il arrêtera de bosser, définitivement, ce qui devra bien lui arriver un jour, ben, ça craint. Que d'ici là, il a intérêt à trouver un costard à la taille de la vie. De sa vie. Et ça, il le sait déjà, ce ne sera pas facile.

11:50 | Commentaires (1) |

24/07/2011

Grecs

 

Atlantica_Imperial_Resort_Hotel_Kolymbia.jpg

Demain l'homme va se faire voir chez les Grecs. Part une dizaine de jours rôder à Rhodes, le mec. Les valoches, la foule à l'aéroport, la file du check-in, les singeries des contrôles, le zinc tout rempli, tout ça l'homme a en horreur. Est plutôt un voyageur immobile, le mec. Voyage plutôt dans sa tête. Où y a plein de continents encore inconnus, de terres à explorer, de tempêtes et d'orages à essuyer mais certainement aussi, même s'il ne les a pas encore découvertes, de baies et de criques où se reposer. Et des plages blanches comme des pages blanches, à l'infini, pour écrire plein de trucs sur le sable. Que personne ne lira car les étendues sont désertes et de toute façon la brise océane et les marées paresseuses auront tôt fait de tout effacer. Mais qu'est-ce qui est le plus important? Ecrire ou être lu? Ovide, du fond de son exil et de sa solitude, avançait qu'écrire sans être lu c'est danser dans le noir. S'il le dit, c'est que c'est sûrement vrai. Bon, sur ce coup on va pas entamer un débat philosophique, hein. Si l'homme écrit c'est qu'il a besoin d'écrire. Lu ou pas lu. Point barre. Et d'ailleurs n'a pas que ça à faire aujourd'hui. Doit encore caler ses Calvin Klein, son Axe Click, son Mâle de Gaultier, ses chemises de chez Zara Men, ses polos de Lacoste, ses shorts de Scapa Sport, ses Immodium, ses Motilium, ses Nurofen, sa brosse à dents Aquafresh, son dentifrice Colgate pour avoir des dents plus blanches, son Vichy facteur 50+ pour avoir une peau plus brune, son Notebook, ses bouquins, son bloc-notes et son Bic dans sa Samsonite rouge à roulettes avec ses initiales dessus. Allez, sur ce il vous dit vite fait : salut tout le monde.    

15:21 | Commentaires (2) |

21/07/2011

Lille

 

1c07ce907966403061630e18daadd9db.jpg

Alors c'est Jade et l'homme qui avant-hier se balladent à Lille. Ils déambulent dans l'une ou l'autre rue piétonnière du patelin lorsque soudain un ahuri local les accoste. Le gars est complètement camé, shooté, seringué, jointé, sniffé, bref est tellement entamé qu'il balbutie des trucs complètement incompréhensibles. Alors l'homme pousse Jade de l'épaule et ils continuent leur chemin. Prestement. Pas assez prestement toutefois, car l'homme a juste encore le temps d'entendre le petzouille dire, et ça par contre de façon étonnemment compréhensible, loud and clear : vieux con ! Aaah sur ce coup l'homme aurait pu se retourner, écraser son droit vite fait sur le tarin du mec, lui envoyer facile un crochet du gauche dans le plexus solaire, voire lui taper aussi sec un coup de genou dans les noix, mais il ne rien fait de tout ça. D'abord because l'homme est un pacifique, ensuite because le mec est vraiment pitoyable et qu'à vaincre sans terrils on triomphe sans noirs, comme on dit à Charleroi, mais s'il ne l'a pas fait c'est surtout because une seconde après avoir entendu le "vieux con" fatidique du gars, l'homme croisait son propre reflet dans une vitrine. Et qu'est-ce qu'il a vu? Un micheton avec un crâne sans cheveux et plein de tâches brunes dessus, le dos légèrement courbé because il trimballe dans ses pognes plein de sacs en plastique de toutes les couleurs avec Zara, Printemps et d'autres machins à la con écrits dessus, qui en plus lui cognent pathétiquement et à chaque pas contre les guibolles, avec sur le dos un blouson en daim qui lui bat les flancs dans tous les sens et juste en dessous un jeans d'où dépassent des pans de chemise et qui à tout moment risque de lui tomber sur les genoux car il n'a plus de main de libre pour en resserrer la foutue ceinture. Ben ouais, vu comme ça, en effet, le givré local avait raison : il avait tout l'air d'un vieux con. Mais attention, hein, sur ce coup soyons clair, j'ai écrit qu'il avait "tout l'air" d'un vieux con. Ah bon. Because, en dehors peut-être de l'apparence, et encore uniquement parfois mais sûrement pas toujours, il n'est en rien un vieux con. N'avez qu'à demander à Jade, hein. Ah bon. Non mais. 

22:51 | Commentaires (0) |

19/07/2011

Destin

 

feu.jpg

 

Alors voila, c'est l'histoire - tout à fait véridique - d'un chien qui est seul dans une maison lorsque d'un coup un incendie se déclare et enflamme la baraque à une vitesse que c'est pas possible. Et donc à l'intérieur y a de la fumée partout, le feu qui fait rage, l'asphyxie qui guette, les plafonds qui s'écroulent et au milieu de tout ça le clébard qui est pris au piège. Il tourne en rond, panique, aboie, chiale, se voit déjà au paradis en train de bouffer du Royal Canin dans un bol en or, jusqu'au moment où, oh miracle, y a une fenêtre qui éclate et que, d'un bond, il se retrouve à l'extérieur. Aaaah tout content, qu'il est le chien-chien. Tout fou de joie, qu'il est. A tel point qu'il court à toute vitesse et dans tous les sens, aboyant à tue-tête, enivré par une allégresse telle, qu'il ne voit plus rien, n'entend plus rien, ne fait plus attention à rien. Aaah cette joie, cette ivresse, cette euphorie d'être toujours en vie, youpie je vis, youpie je vis, youpie je crrraaac ont fait ses os sous les roues du camion de pompiers arrivant à fond la caisse, toutes sirènes hurlantes. Aaah que le destin peut être chien. Comme si le mec à la faux avait voulu marquer le coup : l'heure c'est l'heure, et c'est lui qui décide.

09:51 | Commentaires (0) |