11/05/2011

Pétoche

 

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Hier l'homme est un gars qui a fait une présentation sur un machin-truc de management devant 280 michetons dans un big hôtel de la ville où il bosse. Z'auriez dû le voir, avec son petit costard tout repassé, sa petite cravetouze bien nouée et ses petites pompes super astiquées, impressionnant, hein, vraiment. Par contre ce que vous n'auriez pas su voir, et qui pourtant était impressionnante aussi, c'est la pétoche qu'il avait à l'intérieur. Et pas de la petite crainte à cinq balles en promo au Zeeman de derrière le coin, hein, pas de la petite frousse de deuxième main ou de la petite frayeur de kermesse de quartier, hein. Non non, de la toute belle pétoche. Une peur viscérale qui vous visse les viscères. Façon pressoir à raisins, à olives ou autre truc à jus de la même eau. Cet affolement pendant l'attente : surtout pas se planter, pas bredouiller, pas de black-out. Ensuite cette estrade sur laquelle l'homme est monté comme on monte à l'échafaud, avec un coeur qui cogne comme un fou dans la gorge et le sang qui chasse à grands coups dans les veines. Et puis bien regarder la frangine qui présente le bazar et oublier la salle. Et se lancer. Le focus sur la respiration, l'intonation, ce texte pensé, répété, mémorisé, ressassé depuis des jours mais lâché dans le public comme s'il était inventé au moment même. Et puis, au bout des premières phrases, s'entendre parler. Entendre que tout va bien. Se relâcher un rien et se laisser porter par la vague. Enfin, le mot de la fin et la présentatrice qui dit merci. La délivrance. Se rendre au lunch, le cerveau baigné dans l'adrénaline, avec la sensation du pilote de guerre rentré sain et sauf de sa mission loin en territoire ennemi. Et comme un con faire une tâche de pinard sur son falzar, et jurer nom-de-djeu-de-nom-de-djeu vais de nouveau devoir me taper le nettoyage à sec... 

14:21 | Commentaires (2) |

Commentaires

Comme je comprends la peur de l'Homme... Parce que je crois qu'on se la partage (ou qu'on se la démultiplie). Sauf que je n'essaie pas de la cacher dans un costard 3 pièces, moi je l'emballe gentiment dans mon habituel jeans basket et j'ajoute juste un peu de chemise blanche (ou noire fonction de la taille de la peur) et j'y vais dans le bain de l'audit (comme auditée ou auditrice c'est le même combat!). Et puis lors des "repas" je ne prends que de l'eau pétillante, surtout pas de salade (ca coince dans les dents), pas de mini feuilleté tomate (ca a tendance à t'agresser la fringue alors que t'as encore du taf après)... Bref me contente un peu des trucs "non dangereux". Et je souris enfin quand je remets un pied dans mon "home sweet home" et que mon fauve se rappelle à moi à coups de griffes sur le jeans!

Écrit par : Caroline | 11/05/2011

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Aaah audit, restructuration, changement, gouvernance... les mots magiques du culte de l'organisation... :-)))) Et le mot "consultant" aussi, le plus beau métier du monde : vendre du vent mais alors au prix de l'or... Merci de me lire Caro, et à plus...

Écrit par : Un homme à Caroline | 12/05/2011

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