29/04/2011

Quatrième

 

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Vos trois premiers amours, vous pouvez carrément les jeter à la poubelle. Pourquoi ? Because c'est le quatrième qui sera le bon. Statistiquement prouvé. Et attention, pour une fois c'est pas l'homme qui déjante, hein, non non, c'est un professeur d'université, universellement universitaire et tout, qui le dit. Un mec qui enseigne la logique et la philosophie des sciences en plus. Et donc pas le premier petzouille venu, hein. Ah bon. D'accord, à première vue l'homme voit pas très bien le rapport entre le relationnel amoureux et la logique ou la philosophie, fût-elle scientifique. Mais soit. Si une pointure académique de ce gabarit l'affirme, l'homme s'incline et la ferme. Maintenant c'est vrai qu'une seule relation dans la vie, c'est un peu court. Ce que d'autres théories confirment d'ailleurs. Genre, la première femme c'est pour le sexe, la deuxième c'est pour avoir des enfants et la troisième c'est pour la tendresse, la complicité, le bien-être, bref c'est pour durer. Une approche intéressante même si, chez l'homme, elle a magnifiquement pris le mur. Et donc, pencherait plutôt pour le coup de la quatrième, le gars. Ou de la cinquième. Ou sixième. D'autant qu'en fait, comme pour tout, c'est une question d'expérience. Plus on a de nanas, plus on devient expérimenté et plus on a de chances de réussite. C'est l'évidence même. Alors les mecs, un conseil, allez-y gaiement, ça ne peut que s'améliorer.      

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27/04/2011

Belgique

La Belgique est devenu un pays où plus personne ne connaît plus personne. Et donc où plus personne n'aime plus personne. Ne respecte plus personne. Où chacun passe son temps à emmerder les autres, comme ça, par plaisir. Et ça, c'est grave. Un pays sans solidarité, sans amitié, sans fraternité. Un pays réduit à sa plus simple expression : dix millions d'individus qui ne pensent qu'à soi et se foutent du reste. Et des autres. De ce que les autres pensent. De ce que les autres ont. Ou, pour être plus précis, n'ont pas. De ce que les autres souffrent. Dix millions de moi je, de moi d'abord, de tout pour moi, de rien pour toi, de toi je m'en fous. Attention, s'il écrit ça, c'est pas parce que l'homme est belgiciste, royaliste, nationaliste, idéaliste ou n'importe quel autre truc à la con de la même eau. La Belgique, l'homme s'en fout. Les ethnies, les idéologies, les religions aussi. Non, ce qui compte pour l'homme, c'est l'Homme. Ses valeurs minimum. Sa chaleur minimum. Son coeur minimum. Et lorsqu'il voit que ce minimum-là disparaît, ça l'inquiète. L'attriste. Voire, le met en colère. 

     

   

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26/04/2011

D'Onan

 

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Que font les hommes quand ils sont trop seul trop longtemps? Ben c'est simple, il mettent eux-même la main à la pâte. Certains mettent la main à la pute, mais ça c'est autre chose. Faut pas généraliser. Non non, la majorité se contente de la pâte. La leur. Celle qui fermente et lève au sud de leur nombril. Bref, ils se donnent du plaisir. D'Onan d'Onan, quoi. Pourquoi ils font ça? Ben, parce que ça les désangoisse, les détriste, les désengorge. Du moins dans l'immédiat. Mais si, pour un moment, le geste déstresse, il est avant tout un acte de détresse. Car faut-il que tout soit vide, pour en venir à larguer sa substance dans le vide... 

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24/04/2011

Pirouette

 

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Jade a fait de la danse classique quand elle était fillette. Et apparemment elle en a conservé l'art de la pirouette. Elle qui avait annoncé un weekend super chargé, plein de trucs à faire, pas le temps pour rien, courses, commissions, famille, invitations, sorties, ben, tout soudain, elle a tout décommandé, rayé, postposé. A décidé tout de go de tirer l'échelle, de baisser le volet, de fermer boutique. Résultat, complètement pris à contre-pied, l'homme. Lui qui avait déjà enfilé ses combat shoes, sa veste de camouflage et son gilet pare-balles, prêt à affronter un relationnel problématique genre guerrilla émotionnelle avec embuscades sentimentales et tirs croisés de reproches, le voila qui se retrouve tout penaud, et un rien con, au milieu d'un nuage tout rose, tout tiède et tout lisse, créé comme par enchantement d'une phrase magique de Jade : j'ai tout annulé, comme ça on aura trois jours rien que pour nous, super non ? Ben ouais, super. Comme d'hab l'homme avait grrrrmhhmmhhpppfffff grognognon beaucoup trop vite et en plus pour rien. Tout à fait lui, ça. Quand il s'agit de broyer du noir, de râler, de ne rien en avoir à cirer, au quart de tour qu'il démarre, le mec. Alors, comme elle voulait tout de même donner un petit coup de torchon à son appart, et que l'homme avait un peu... euh... comment dire... mauvaise conscience d'avoir fulminé un rien à côté de la plaque, il lui a proposé, euh, si tu veux, je nettoierais bien la cuisine, moi, hein, qu'esse t'en pense? Jade a trouvé ça méga mignon et lui a donné un gros bisou. Et pendant qu'il s'affairait avec sa petite loque, sa petite éponge et son demi-litre de monsieur propre, il n'a pu s'empêcher de penser, avec une sorte de résignation amusée, que les femmes, décidément, seraient toujours trop fortes pour lui.

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22/04/2011

Case départ

 

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Ce matin, les petits oiseaux ont commencé à chanter à 5h29, très exactement. L'homme le sait : il était réveillé avant eux. Et en solo, en plus. Tout seul dans son grand lit à lui. Jade serait-elle à l'étranger, en séminaire ou un truc du genre ? Ben, non. Jade dort dans son appart, deux volées d'escalier plus bas. Et pour la deuxième nuit non seulement consécutive mais en plus carrément d'affilée. Se sont-ils bagarrés ? Pas vraiment. Le premier soir, Jade avait besoin de "me time", qu'elle disait. Alors, au début, l'homme comprenait. S'était résigné sans trop de mauvaise grâce à un petit coup de célibat forcé. Mais au fil des heures, des séries qu'il zappait, des bouts de films, de foot, de pub qui défilaient, il a trouvé la situation de plus en plus débile. Comme si tout ce qu'ils avaient construit, brique par brique, et ben, s'était écroulé, d'un coup et pour rien. A ressenti comme un froid intérieur, le mec. Style retour à la case départ. A l'incertitude. Au questionnement. Si bien que le second soir, celui d'hier donc, c'est lui qui a remis le couvert et voulu rester seul. Genre pffff, à quoi bon, les nanas, c'est toujours la même chose, sans elles on s'emmerde et avec elle on a que des emmerdes. Et donc l'homme a retrouvé les trois piliers funestes de la mâlitude solitaire, à savoir, et dans l'ordre, désillusion, frustration, masturbation (rhooooh, le vilain...). Attention, leurs soirées n'avaient rien d'extraordinaire, hein. Papote dans la cuisine, cigarette sur la terrasse, le canapé où Jade s'endort contre l'épaule de l'homme. Une douce habitude, que l'homme considérait comme acquise. A tort, donc. Pour relancer la mécanique, l'homme avait proposé de terminer pas trop tard cette après-midi, question de s'envoyer coolos une bouteille de bulles pour fêter le long weekend qui s'annonce, et ensuite d'enchaîner demain avec un méga spa, sauna, wellness suivi d'une tite bouffe sympa dans l'un ou l'autre resto. Mais Jade n'a pas le temps. Doit bosser tard ce soir, doit nettoyer demain matin, doit acheter des oeufs de pâques, doit inviter sa famille, bref le joug des obligations ordinaires. Alors la météo pour les prochains jours, ben, c'est simple : temps beau et chaud mais risque d'orages locaux.   

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21/04/2011

Fusion

 

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Niveau relationnel, l'homme est beaucoup trop fusionnel. Tellement à la recherche d'être avec l'autre à la fois deux et un, tellement en quête d'unicité, tellement avide de complicité indissociable, que parfois il oublie que, quoi qu'on fasse, quoi qu'on ressente, quoi qu'on s'unisse, on reste toujours, quelque part, tout seul. On peut avoir l'autre dans la peau tant qu'on veux, dans notre peau, en fin de compte, il ne restera toujours que nous. Et personne d'autre. Faut pas qu'il perde ça de vue, l'homme. Pas qu'il se perde trop dans le romantique, dans l'utopique, dans le chimèrique, le gars. Dans ces idéaux à la con qu'il a poursuivis tant de fois et jamais atrappés. Dans ces rêves qui, eux, ont tous fini par le ratrapper, pour le laisser sur place, loin derrière, à se demander, encore tout hébété et hagard, non mais, qu'est-ce qu'il m'arrive, là... Maintenant, ce n'est pas parce que rien n'est indissoluble, qu'il faut pour autant tomber dans le dissolu, hein. Mais tout de même, tout de même, garder les pieds en face des trous, les yeux sur la tête et les épaules bien sur terre, c'est un minimum. Surtout quand y a risque de tomber amoureux. 

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19/04/2011

Futur

 

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Parfois l'homme se demande ce qui lâchera en premier lieu. Le coeur ? Euh... non... pense pas. On a le coeur bien accroché dans la famille, donc peu de chance. La prostate ? Euh... non... pense pas non plus. La petite machine est drôlement bien entretenue et en plus entraînée, je vous dis pas. Si la fesse est à la prostate ce que le fitness est à la cardio, ben n'a pas de souci à se faire, le mec. Le foie ? Euh... ouais... pas impossible, ça. Avec la cervoise, le Médoc et l'Eristoff qu'il s'envoie, ça craint. Quoi que... quoi que... comme il a horreur de perdre le contrôle de soi-même, ce qu'en espagnol on appelle, très justement d'ailleurs, le self-control, il arrête toujours avant même que les dégâts ne s'annoncent. Sauf évidemment quand il est seul. Là, peut y avoir dérapage. Et encore, pas trop souvent. Donc, le foie devrait tenir. Les poumons ? Normalement, pas de soucis non plus, vu qu'il fume pas. Pas de tabac, pas d'herbe et pas la moquette. Evidemment avec ce qu'il s'aspire dans les soufflets, tous les jours dans les files et dans la ville, on sait pas trop. Mais en principe, ça aussi, ça devrait tenir la distance. Les intestins ? Je vous passe les détails mais réglée comme une horloge hein, la tuyauterie à andouillettes. Non, d'après moi, qui connaît l'homme comme s'il était son frère, vu que je le côtoie tout de même depuis sa naissance ou à peu près, ce qui va lâcher en premier lieu chez lui, c'est les lobes. A mon avis, le pré-frontal. Because c'est l'organe qui aura travaillé le plus dans sa vie. Qui n'aura jamais, ne fût-ce qu'une seconde, connu de repos. Et qui donc sera épuisé en premier. Le vois bien dans une maison de retraite de l'assistance sociale, moi, vu qu'il aura de toute façon claqué tout son pognon et qu'il sera toujours trop fier pour se faire aider par qui que ce soit. Le vois bien dans sa chaise roulante, l'oeil égrillard et lubrique, tracer derrière tout ce qui ressemble de près ou de loin à un uniforme d'infirmière, d'aide-soignante ou de préposée aux cuisines. Le vois déjà, héhéhé, le rire édenté, ouvrir tout grand son peignoir à tout ce qui porte des jupes, et exhiber tout fier son zizi, où ce qu'il en reste, au hasard d'une érection de fortune. Pffff... quelle tristesse...Enfin, on ne sait pas tout, hein... Heureusement...  

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