08/04/2011

Déroute

 

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6 heures.

L'homme se réveille. Il a dormi comme un loir. Pioncé comme une souche, pour ceux qui manient le littéraire un niveau plus bas. Il est reposé, mais côté coeur, se sent de cristal.

7 heures.

L'homme est sur les autoroutes. Il est tôt, c'est la veille des vacances, y a pas de voitures, il enfonce l'accélérateur. Dans les hauts-parleurs Téléphone se déchaîne : Je suis sur la route, Le coeur en déroute, Je suis sur la route, J'en ai rien à foutre. L'homme aime. Pousse le son à fond la caisse. Et sa caisse à fond aussi. C'est Bashung qui enchaîne. Osez Joséphine : Jamais souffrir, Juste faire hennir les chevaux du plaisir. L'homme se fendille. Toujours plus. A l'intérieur, maintenant, s'ouvrent des crevasses. Besoin d'air. Envie de tout foutre en l'air. Partir et disparaître derrière l'horizon.

8 heures.

Il déboule dans le parking de sa boîte. Rejoint son bureau. Ouvre ses dossiers.

9 heures.

Réunion. Architecture d'entreprise, gouvernance, change management, project development, blablabla. Dans sa tête, Téléphone n'arrête pas. Je suis sur la route et j'en ai rien à foutre.

Midi.

Fin des palabres. Sandwish poulet et Coca Light. Les pieds sur l'acajou de son bureau, il pense à Jade, qu'il va retrouver dans quelques heures. Et se demande comment il va faire comme si. Comme s'il se sentait bien. Comme s'il avait tout géré comme un chef. Comme s'il était grand, lui, tout tremblant.

13:24 | Commentaires (0) |

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