30/03/2011

Liberté

 

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Jade, au départ, avait une grande crainte : qu'avec un mec entre les pattes, elle perdrait sa liberté. Cette liberté qu'elle avait connue pendant toutes ces années où elle avait vécu seule. Pas d'heure pour rentrer ou sortir. Pas de micheton qui lui tire la tronche quand elle part ou fait la gueule parce qu'elle arrive en retard. Bref, pas d'étouffoir. Ni de près, ni de loin. Le large, rien de moins. Et puis y a eu l'homme. Et l'homme lui a dit qu'il la laisserait totalement libre. Ce qu'elle n'a pas cru. Et puis il l'a laissée totalement libre. Ce qui lui a plu. Et étonné. Tiens, y a des hommes qui sont pas jaloux. Qui laissent leur nana affranchies et tout. Et tout ça sans râler parce que la bouffe n'est pas prête, les chemises pas repassées ou les slips pas nickel. Ben non, pour l'homme c'est pas des problèmes tout ça. Le soir quand il rentre, il aime autant avoir une heure ou deux pour déstresser sans devoir nécessairement faire la causette, question d'avoir une période de refroidissement en solo, et faire en passant, à s'naise, sa popote-minute-micro-ondes-boîte-de-conserve-minimaliste-instantanée. Ses chemises, il les file vite-fait au nettoyage à sec. Il pourrait les donner à Jade, qui a des machines qui font de la mousse et qui sèchent, mais il préfère pas. D'abord, Jade bosse aussi et il veut pas la charger encore plus, et ensuite il devrait dire merci et il n'aime pas dire merci. Quant à ses Calvin Klein, les accros de ce blog le savent depuis longtemps, il aime s'en occuper lui-même. Un exercice d'humilité. Le pape lave les pieds des pêcheurs, l'homme ses callebards (à lui, hein, pas ceux du pape), penché là, au-dessus du lavabo, les mains dans le Persil Gel à 30 degrés pour pas qu'ils retrécissent, perdu dans ses méditations sur les glorieux aléas de l'existence et la divine imprévisibilté de la vie. Bref, Jade n'a pas dû sacrifier un gramme de cette chère liberté qui lui est si chère et qu'elle chérit tant. A tel point qu'à présent, elle se pose des questions. Est-ce bien normal que ce mec me laisse tout faire, comme ça, sans réchigner? Ou plus grave encore, peut-être que notre relation, après tout, il s'en fout !? Peut-être même qu'il m'aime pas !? Non mais c'est vrai, il pourrait être un peu plus jaloux tout de même, non ? Un rien plus possessif ? Mon indépendance mon indépendance ok, jusque là ça va, mais lui, il pourrait quand même être un peu plus dépendant, non ? Aaah les femmes... y en a plein les bouquins, les romans, les manuels, les modes d'emploi, les bibliothèques communales, municipales, scolaires, universitaires et autres, et pourtant personne, jamais, n'a compris comment elles fonctionnent réellement. Quelle chance, hein.           

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28/03/2011

Mots

 

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Ben non, l'homme n'a rien écrit sur son blog ce weekend. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais il n'a pas trouvé les mots justes. Car il aurait aimé écrire combien, avec Jade, il est bien. Combien, avec elle, il se sent bien. Combien c'est bien, de tout partager avec elle. Combien, à ses côtés, la vie est bien. Et il en a été d'autant plus malheureux qu'après l'amour du dimanche matin, au son des oiseaux et dans la lumière toute fraîche du jour levant, dans cette béatitude et cette sérénité en lesquelles il baignait, il se sentait prêt pour les phrases les plus belles. Cependant, une fois devant l'écran, il a vu chaque ligne tomber lamentablement dans le cliché, l'eau de rose, la platitude. Et l'homme a dû abandonner sa tentative. Frustré, qu'il en a été. D'autant que l'homme est du signe du taureau. Et donc un obsédé sensuel. Un défenseur des droits de l'âme. Un amoureux de l'amour. Et il n'en aurait été que trop heureux de pouvoir chanter ses sentiments et décliner ses émotions dans la beauté d'un texte qui aurait tout dit, tout dévoilé, tout révélé, et qu'il aurait pu offrir à Jade, comme un bouquet de mots. Sa seule consolation est de savoir à présent que l'amour, c'est toujours mieux de le vivre que de l'écrire.         

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25/03/2011

Monogamie

 

 

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Aaah c'est vrai, la monogamie sérielle (partenaires fidèles successifs, et ici l'homme met l'accent sur fidèle, si si...) a ses avantages. Ne fût-ce que because chaque nouvelle vie, chaque nouvelle femme, est... nouvelle. C'est un peu comme quand on achète une voiture neuve, qui sent délicieusement... le neuf. Tout est frais, propre, nickel. A découvrir. Si bien qu'il y a encore émerveillement, étonnement, surprise. Sans que la routine, le quotidien, l'habitude et la lassitude n'aient eu l'occasion d'encrasser, de faire grincer, d'assècher les relations, les dialogues, les élans. Le désavantage de cet avantage est qu'on atteindra jamais cette complicité, cet enchevêtrement, cette fusion qui ne peut naître et ne s'approfondir qu'avec la somme des années qu'on a partagées, des expériences bonnes ou mauvaises qu'on a supportées, des coups durs qu'on a vécus, et survécus, ensemble. L'idéal serait bien sûr de vivre à deux depuis toujours, tout en restant toujours comme aux premiers jours. Hélas, dans la vie on a jamais tout. Plus même, ceux qui veulent tout se retrouvent le plus souvent sans rien. Et donc, comme en toute chose, l'art réside dans la simplicité. En l'occurrence, celle d'être heureux avec ce qu'on a et non pas malheureux à cause de ce qu'on a pas, ou n'a plus, ou aimerait avoir.

Pfffff, sur ce coup, en écrivant ces mots, l'homme s'inquiète lui-même. Non, non et encore non, pas cette résignation annonciatrice de vieillesse, de cessez-le-feu, de reddition. Non, non et encore non, c'est pas encore aujourd'hui qu'il va hisser le drapeau blanc et se constituer prisonnier, ni du temps qui passe ni du temps passé. Au contraire, c'est le drapeau noir qu'il va monter. Celui de l'anarchie, de la rebellion, de la révolte. Jusqu'à ce que, en fin de compte, la vie ait raison de lui, et ne lui règle son compte.            

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23/03/2011

Bing

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Hier l'homme et un de ses potes du boulot ont eu droit à une présentation sur l'un ou l'autre machin-truc informatique à la noix. Alors Smartboard, Powerpoint, slides, démo et tout le toutim. La première partie, c'était une petite gisquette plutôt chouette, pas mal, bien et tout, qui l'a prise pour son compte. Et pendant qu'elle causait produits, marchés, statistiques, chiffre d'affaire, utilisateurs et autres bazars à la con, elle n'a regardé que lui, et n'a parlé qu'à lui, l'homme. Comme si l'autre, pourtant assis juste à côté, c'était du vent. Tellement que derrière son regard tout sérieux, attentif, intéressé et tout, l'homme n'a pu s'empêcher de se marrer en sourdine. Comme quand on joue au billard électrique et que soudain la petite balle argentée part en folie, se catapulte dans tous les sens, vous allume toutes les loupiotes, vous fait bing bing bing bing partout et que tout à coup on explose le score, sans savoir pourquoi ni comment. Après, pour la seconde mi-temps, c'est le collègue de la nana qui a pris la parole. Et là, c'était tout le contraire. Le mec, du genre déjanté du logiciel, excité du mégabyte, dégoupillé de l'alpha-numérique, lui, n'a causé qu'à l'autre, comme si l'homme était un minus habens de troisième zone, style invisible, inodore et incolore. Et ça aussi, ça a fait marrer l'homme en sourdine. Surtout qu'il a dû faire vachement semblant de tout piger, lui qui justement ne pigeait que dalle, ce qui en soi n'était pas dramatique vu que de toute façon il n'en avait strictement rien à cirer. Toute cette intro juste pour dire que décidément c'est exact, ce que Jade lui a dit dernièrement, à savoir que l'homme est un chasseur. Maintenant, faut dire que c'est pas parce qu'on est chasseur que pour autant on chasse, hein. C'est pas parce qu'on a un fusil, que nécessairement on tire, hein. Ah bon. Et puis, et là je vais vous étonner, l'homme est un mec qui n'est pas né d'hier non plus, hein. Pour le même prix - et alors que, tout flatté, il flottait dans son nuage - la nana s'est peut-être tout simplement dit je prends le plus con des deux, je lui fait un rien de gringue et ensuite je lui fourgue ma marchandise vite fait. Aaah...pas impossible ça, hein.    

12:06 | Commentaires (3) |

20/03/2011

Dimanche

Le dimanche de l'homme est paresseux et donc va la jouer facile. Un super clip de Hooverphonic devrait faire l'affaire...

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18/03/2011

Trop

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Y a des jours où tout se bouscule. Où tout va trop vite. Où tout est trop compliqué. Tellement de tweets, de fesses-boucs, d'internet, d'intranet et de blogs qu'on en chiale aux gogues (blog/gogues, c'est pas de la toute belle rime, ça ? Ah bon !). Tous ces clics gauches, ces clics droits, tellement de clics qu'on en a sa claque (non mais quelle verve, hein !?). Tellement de gens qui posent problème, posent des questions, posent des lapins. Qui doivent venir et n'arrivent pas. Qui blablatent sans cesse sans cesser de déblatérer. Tellement de temps qui fait défaut qu'on fait des fautes. Ces bureaux remplis d'empressés qui vous mettent la pression et vous pressent façon citron. Ces ascenseurs qui n'arrivent jamais, sauf à vous énerver. Non non, bosser c'est pas un cadeau. Surtout qu'après c'est pas fini. Y a la ville qui attend. Les rues trop étroites à cause de bus trop larges, les files because les camions en double file, la congestion urbaine jusqu'à l'indigestion certaine. Alors faut absolument ralentir. S'arrêter un moment à la lisière du bois et laisser passer la meute. Question de ne pas se retrouver vieux sans avoir été jeune. Et de ne pas mourir sans avoir vécu. Ceci dit, l'homme sort de sa ennième réunion de la semaine. Vient de prendre en pleine poire une magnifique benne d'analyse business, value chain, data flow, analyse fit/gap, targets, process, input, tûût-tûûût, vroum-vroum et gaz à tous les étages. Ras la jatte, qu'il en a. Cette fois, il a assez donné. Se taille. Salut bonsoir, va faire un petit golf, le mec, peinard et tout...  

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16/03/2011

Fragile

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Les nuits sans Jade sont difficiles. Les réveils sans elle, fragiles. L'homme a été trop seul. Trop longtemps. Trop souvent. Alors, à chaque fois, il se lève avec plein de fissures au coeur. Et faut pas grand chose pour que tout lui revienne, lui retombe dessus, d'un coup. Ce bout de film où, fièvreux, il fait ses valises. Cette séquence où il pleure, accroupi sous la douche d'un hôtel de passage. Cette scène, en extérieur nuit, où son pas d'insomniaque martèle le macadam mouillé de rues inconnues. Alors il ne lui faut pas grand chose pour que tout, à nouveau, lui semble inutile et vain. La vie, l'amour et tout le reste. Et que, enfoncé dans sa voiture, il lui prenne l'envie, au lieu de prendre la bretelle vers le centre-ville, de ne rien prendre du tout et de continuer tout droit. Jusqu'au bout de l'autoroute. Qu'importe où elle mène, ne s'arrêter que là où elle s'arrête. Surtout si en plus, dans le matin blême, la radio distille des machins tristes, genre ballades. La voix rauque de Rod Stewart qui chante I don't wanna talk about it, how you broke my heart. Flashback sur des femmes qu'il pensait être là pour toujours. Retour en image sur des bonheurs qui auraient pu, qui auraient dû, rester. Arrêts sur image sur des visages qui lui sourient. Tellement de trucs en lesquels il a cru, que parfois, il ne croit plus en rien. 

          

19:40 | Commentaires (3) |