14/03/2011

Coeur

entrer des mots clefs

C'est dimanche. Au petit-jour. Jade dort paisiblement à côté de l'homme. Le monde est silencieux et l'instant, privilégié. Car entre le sommeil et l'éveil, le cerveau n'est pas encore asservi par la conscience, les ruminations et les contraintes du quotidien, laissant la pensée vagabonder sans entraves dans les plaines immenses, et à cette heure encore désertées, de l'esprit. Autour de l'homme tout est immobile. En l'homme aussi. Tout, sauf son coeur. Qu'il sent battre dans sa poitrine. Un pouls calme et régulier. Dans cet univers figé, c'est comme s'il n'y avait que son coeur qui vivait encore. La pulsation originelle de la vie. Son essence même. La vie réduite à sa plus simple expression, celui d'un battement, d'une contraction. Tout le reste, le bien ou le mal de nos actes, l'utilité ou l'inutilité de notre existence, le sens ou la déraison de toutes ces philosophies et de toutes ces religions sensées nous apprendre à vivre et à mourir, tout le reste donc, est totalement tributaire de la répétition ou non de ce spasme organique, primitif et incontrôlé. Quelle trivialité, toutes ces richesses spirituelles, toutes ces valeurs morales et autres, subordonnées ultimement au gré d'une mécanique hydraulique. Elle fonctionne, tu vis et tu te fais des idées, elle s'arrête, t'es mort t'as pas idée. Décidément, le coeur de la vie, c'est le coeur. Et tout le reste n'est que de l'ornement.          

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