30/01/2011

Rétrochic

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Z'avez vu la dernière collection de Dior ? Pas mal, hein ! Paraît que ce genre de style, ça s'appelle "rétrochic". Et que rétro, ça fait référence aux années 50. Ce qui est chouette. Ce qui l'est moins, c'est que du coup l'homme se retrouve lui-aussi dans la catégorie rétro. Puisque lui-aussi, daté au carbone 14, remonte aux années 50. Au début des années 50 en plus. D'accord, rétro c'est pas encore Néanderthal, Cro-Magnon ou Mathusalem, mais tout de même, le mot indique indiscutablement une action en arrière. Comme dans rétrograder, rétrospective ou rétroviseur. Et ça c'est pas évident. Surtout pour un mec qui veut encore aller de l'avant. Même si ses élans ne sont plus comme avant, si son coeur ne bat plus aussi vite qu'avant, si ses rêves ne brillent plus comme avant. Glups, ça l'amuse pas tout ça...  

 

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28/01/2011

Scanner

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L'autre soir, l'homme poussait sa charrette au Delhaize du coin because devait absolument acheter de la crème glacée. De la crème glacée ? En plein hiver ? Est fou ce mec, ou quoi ? Ben non. Devait se faire arracher une dent le lendemain et donc, après, pouvait rien bouffer de chaud pour pas que ça saigne. Alors, voyez d'ici la joie et la bonne humeur qu'il dégageait autour de lui, le mec. Lorsque, quèque part à hauteur du rayon des cervoises, absinthes et autres hydromels, voila-ti pas qu'une bonne femme le prend soudain par le bras et lui envoie un truc dans le genre : vous savez qu'en scannant vous-même vos achats, vous enlevez le boulot des caissières? L'homme l'a regardée comme s'il venait de rencontrer un zombie. Non mais c'est vrai, après une journée de boulot où il s'est fait entuber de tous les côtés, et avec en perspective le jour d'après où il va se faire charcuter les gencives, c'est pas vraiment le moment d'entamer avec lui un débat sur la dialectique marxiste dans les supermarkets. Trrrrès mauvais timing pour les redresseuses de torts, les emmerdeuses à mort et les jeteuses de sorts de tout bords qui se croient appelées à changer le monde à tout bout de champ. Non mais attend, y a marqué "syndicat" sur son front ou quoi ? Y a brodé "révolution" sur son costard ou quoi ? Y a la bouille de Che Guevara sur sa cravetouze ou quoi ? Pense pas, hein. Aaah évidemment, l'homme aurait pu se laisser aller et lui lâcher une canonnade dans le genre de non mais de quoi je me mêle, hein mémé, avec mon petit panier à la con, mes 200 gr de chipolata, ma petite botte de poireaux et mon petit anorak qui sent les choux à 100 mètres à la ronde? Z'avez pas autre chose à foutre qu'à me gonfler les noix ou quoi ? Aaah, ça lui aurait fait vachement du bien, ça. Mais l'homme est trop poli, bien élevé, éduqué et tout. Et donc il a passé son chemin en haussant les épaules. Et d'ailleurs, point de vue caissière, y en a aussi une à la caisse réservée aux scanners, non ? Alors, il est où, le problème, hein ?           

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26/01/2011

Etude

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Sale temps pour les couples mariés : paraît que les mecs et les frangines divorcés sont plus heureux avec leur nouveau partenaire que pendant leur mariage. Sale coup aussi pour les michetons : dans la majorité des cas se sont les nanas qui décident de se barrer. Et attention hein, sur ce coup c'est pas l'homme qui affabule, c'est le résultat d'une étude toute récente de pas moins de 4 universités universitaires, basée sur une enquête auprès de pas moins de 12.000 têtes de pipes. Du scientifique pur et dur, ça, pas du Libelle, du Marie-Claire, du Cosmopolitan ou autre chou gnan-gnan du même style. Maintenant, faut voir aussi. L'homme, qui dans sa vie a été plaqué, qui a plaqué, qui a été trompé, qui a trompé, qui a vécu 100% ensemble avec une gisquette jusqu'à ce qu'il soit 100% étouffé et ne se retrouve 100% tout seul, et qui à présent vit 90% ensemble avec Jade because 100% ça lui fout encore toujours les jetons, et qui en a donc vu de toutes les couleurs, et même de toutes les douleurs, et ben cet homme-là vous dit attention, se tailler, c'est pericoloso tout plein et pas toujours gagné. Ainsi, quand il s'est tiré de la femme de sa vie qu'était celle de son deuxième mariage, pour refaire sa vie avec la femme de sa vie qu'était celle de son premier concubinage (vous suivez toujours ? Sinon l'homme donne aussi des cours particuliers, mais uniquement sur rendez-vous et pendant les heures de bureau), ben il s'est planté comme un chef. Mais, bonne nouvelle, ça ne lui a pas pour autant causé d'états d'âme. A aucun moment. Et encore aujourd'hui, pour rien au monde, jamais, il ne voudrait recommencer ni feu son mariage ni feu sa vie commune. Ne regrette ni l'un ni l'autre, le mec. Et ni l'une ni l'autre des nanas non plus. N'éprouve pas la moindre nostalgie. Ne pleure rien. Et donc, tout ce fatras scientifique, statistique, mathématique, ça vaut ce que ça vaut. C'est à dire pas des masses. Because la vie, ça ne se laisse pas emprisonner par des chiffres.             

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24/01/2011

Vie

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Phénomène biologique de la naissance à la mort, ça c'est la définition de la vie. Mais entre définir la vie et définir sa propre vie, y a comme une différence. Pas évident, hein, de définir sa vie. Comment elle est maintenant, comment elle était avant, comment elle a été dans sa totalité, jusqu'à cet instant précis. Et donc l'homme y a réfléchi, bien évidemment. Et il est arrivé à la conclusion qu'il a passé sa vie à rechercher la perfection. Ses enfants, il les voulait intelligents, obéissants, doués, voués au succès. Comme dans les films de Walt Disney. Exceptionnels, quoi. Mais ses enfants sont comme tous les enfants. Pas super intelligents, pas vraiment obéissants, pas réellement doués. Normaux. Ce qui est normal, vu que leur père c'est l'homme et que point de vue gènes, y a pas de miracles... Et en amour, alors? Aaah là aussi, l'homme voulait un amour total, unique, tout beau et tout bleu, sans nuages, sans orages, sans ravages. Ben, là non plus, ça n'a pas été tout à fait ça. Pas été vraiment parfait non plus, son parcours. Deux divorces, une vie commune terminée façon Titanic, et une tribu, enfin, une petite tribu hein, restons modeste, de plus ou moins amours, de plus ou moins relations, de bouts de chemins plus ou moins longs ensemble. Bon. Quesqu'y reste encore ? Voyons voir. Aaah il reste l'homme lui-même. Ben là non plus, il a beau chercher, il n'a rien fait, réalisé, réussi d'estraordinairement estraordinaire dans sa vie. Au point qu'il pourrait la résumer en une seule phrase tellement saisissante qu'il s'en est saisi lui-même : il a toujours essayé de devenir quelqu'un et n'est devenu que lui. Peut-être qu'à présent, il devient temps de laisser tomber cette absurde et vaine recherche de la perfection qui l'a mené là où il est aujourd'hui, c'est à dire pas très loin de nulle part. Peut-être qu'il est temps d'apprendre à vivre la vie comme elle est réellement : imparfaite.       

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20/01/2011

Semaine

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Cette semaine l'homme a complètement été bouffé par son boulot. A passé ses journées de réunions en groupes de travail, de comités de pilotage en séances d'information. A passé son temps à lire 25.000 messages à la con, à répondre à 35.000 coups de téléphones à la noix, à résoudre 10.000 problèmes de mes deux. Un tsunami d'infos lui a déboulé dessus. L'a emporté, balayé, noyé. En passe de perdre le contrôle sur son business, le gars. Et ça, il n'aime pas. Le fait un rien stresser. Palpiter du coeur. Mal dormir de la nuit. Aaah bien sûr, y a aussi eu quelques bons moments, style réceptions de Nouvel An et autres festivités festives. Quoi que, quoi que... là aussi c'est pas forcément la joie. Car même sans bosser à l'armée, encore tu tombes sur une armée. Une armée de généraux en plus. Des légions de secrétaires généraux, des bataillons de directeurs généraux, des pelotons d'inspecteurs généraux, des défilés d'administrateurs généraux, et quand y en a plus, y en a encore, des généraux. Et si c'est vrai qu'on bouffe et qu'on boit gratos, ben, faut pas croire pour autant que c'est bon marché, hein. Au contraire. Le mois de janvier vous coûte la peau des fesses. Pourquoi ? Ben, c'est simple. D'abord tout se passe toujours autour et aux alentours de mange-debout et donc, fatalement, tout le monde est debout à s'envoyer plein de petits gobelets, de petites cuillères et de petites assiettes, avec plein de petites choses froides et chaudes plus ou moins insaisissables dedans et dessus, avec dans les pattes plein de petites serviettes et entre les deux derniers doigts encore libres ce foutu verre de l'amitié qu'on vient de lever pour la cinquantième fois à la santé d'un micheton qu'on ne connaît pas, qui ne vous connaît pas et que personne n'a envie de connaître. Ensuite, comme l'endroit est bourré et qu'après les discours les trois-quarts des barjots présents le sont aussi, ben, inévitablement ça finit par se bousculer. Résultat, ça gicle, tombe et vole de partout. Et c'est la cravetouze qui en prend plein la mayonnaise, et c'est la chemise qui en ramasse plein le foie gras, et c'est la veste qui vous chope le saumon fumé et c'est le falzard qui se trempe au gros rouge. Non non, une fortune que ça vous coûte, ces conneries, niveau nettoyage à sec. Conclusion, le cerveau en surchauffe et les fringues ravagées, ça n'a pas vraiment été la semaine de l'homme, cette semaine.   

21:03 | Commentaires (4) |

18/01/2011

Attentes

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Alors sur ce coup, l'homme va vous intéresser. Et pas un peu. Because il va causer sexe. Plus même, il va causer de son... sexe. Aaaah, ça allume la curiosité ça, hein. Et pas que la curiosité d'ailleurs... Tout ça pour dire que pour un mec y a rien de plus inhibant que l'amour annoncé, programmé, prévu, noté à l'agenda, inscrit au rôle. Suffit qu'une frangine vous mette tout soudainement le paquet, par exemple au téléphone, en vous susurrant un truc tout sucré dans le genre de "aaah chéri, j'ai envie de toi, ce soir on va se faire un feu d'artifice grandiose, hein hein ?" pour que le moment venu, le feu d'artifice tant attendu ne se mue en pétard mouillé. Un petit pétard en plus. Un pétard genre têtard. Et encore, un têtard têtu. Because supporte pas la moindre forme de pression, le zizigouillard. Est super fragile du psychologique, le petit chose. Ne tolère pas qu'on décide pour lui quand, où et comment il entrera en action. Ni dieu ni maître, qu'il a. Tout au plus maîtresse, mais là aussi c'est du kif hein, il décide tout seul, comme un grand, quand il le deviendra... grand. Pas sur commande, ça c'est sûr. Non non, pour que le gonflant fonctionne au mieux, il lui faut de l'inopiné, du soudain, de l'improviste, de l'inflammation spontanée. A moins que ça, y a comme un risque qu'il se retire dans son coin, le gamin. 

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16/01/2011

Avant

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Maintenant, en cette fin de weekend, l'homme sait pas comment il a survécu avant. Avant Jade. Deux années pleines de samedis et de dimanches sans parler. Sans entendre personne. Sans attendre personne. Des jours sans fin. Sans espoir. Sait pas comment il n'est pas devenu fou, le mec. Ou dépressif profond et valiumisé jusqu'à la moëlle. Ou délirant et alcoolisé jusqu'aux narines. Doit être une sorte d'espèce de miracle, qu'il s'en est sorti indemne, de la solitude. Du silence. De cette liberté totale, que tellement de gens envient, mais que le vide rend insoutenable. Au point qu'on ne bouge plus. Qu'on ne respire plus. Qu'on ne vit plus. Trois nuits et deux jours comme pétrifiés. Momifiés. Non non, rien que d'y penser, l'homme angoisse grave. D'autant que, contrairement à tant d'autres, même dans l'euphorie du présent, il n'oublie pas les affres du passé. Et que mieux que quiconque il sait le temps qu'il faut pour construire un bonheur et la rapidité avec laquelle on le perd. 

20:47 | Commentaires (4) |