06/01/2011

Boulot

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La semaine prochaine l'agenda de l'homme est full de réceptions et de bouffes pour la nouvelle année. Et la semaine d'après il est full de réunions. Aaah, décidément l'homme adore son boulot. Quand il pige pas un dossier, il dit qu'il est mal ficelé. Quand il est chargé d'un projet, il met les autres au turbin. Quand il se mêle les pinceaux dans une histoire, il dit que son workload (charge de travail en français, mais en english ça sonne tellement mieux...) est trop important et qu'il n'a pas assez de personnel. Quand il se gourre dans ses mails, il dit qu'il y a eu erreur matérielle au niveau de la communication. Et quand ça tourne à l'aigre, il reste toujours la magie de la sémantique étrangère. Exemple : garbage in, garbage out. Tout bon ça. L'homme utilise la petite phrase pour expliquer que si le résultat de ce qu'il a fait est nul, c'est parce que les éléments qu'on lui a fournis au départ étaient nuls. Et donc, qu'il sait pas faire de miracles. Autre exemple, en mettre plein la vue. Et dire comme ça, avec assurance et tout, que d'après le Standish Group, 25% des projets échouent, 50% aboutissent mais avec des délais et des coûts très supérieurs à la prévision et 25% seulement sont convenablement réussis. Et le Standish Group, c'est quoi ça ? Ben, l'homme n'en a pas la moindre idée. Mais ça on s'en fout. Because son interlocuteur, lui non plus n'a pas la moindre idée d'où sort ce Standish Group à la con. Mais c'est sans importance. Ce qui importe, c'est qu'au final le ratage passe en douce sur le compte des pertes et profits, et qu'on n'en parle plus. Non non, niveau business tout est dans l'esplication, c'est clair. Ah oui, j'allais presque oublier, surtout ne jamais dire je ne sais pas. Quand on vous pose une question et que vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'on vous demande, surtout - surtout - ne jamais dire je ne sais pas. Mais plutôt : je vais réfléchir à la question. Ou : je vais consulter mes collaborateurs. Ou : les choses évoluent tellement vite, je vais m'informer du dernier état de la situation. Et de conclure : je vous contacte dès que possible. Ensuite c'est simple : il suffit de faire le mort. Après un temps, le mec qui vous a mis dans l'embarras a complètement oublié qu'il vous a demandé quoi que ce soit et vous vous en sortez comme un grand, sans une égratignure. C'est pas beau, ça ?

19:51 | Commentaires (2) |

Commentaires

si c'est beau, on appelle ça de l'intelligence.
bi zou.

Écrit par : isa | 06/01/2011

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j'adore la photo ... ca en dis 'achement long comme dirait Coluche
ce cynisme empreint d'une legerete n'est pas sans me deplaire - je me marre -
Bosser aujourd'hui c'est devenu quand meme assez tartignolle, voire epique. Quand on pense que dans les annees 60 on se tapait dans le main et le deal etait convenu - d'apres les "anciens" -... maintenant c'est un chouia plus complique...

Écrit par : sugoisugoi | 07/01/2011

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