08/11/2010

Fait-divers

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Une nuée de lumières bleues tournoient dans la grisaille du lundi matin. Au bord du trottoir, des voitures de police, une ambulance et des passants. Allongé à même le sol glacé, un homme, la poitrine dénudée. Autour de lui, des uniformes qui s'affairent. Des bras tendus écrasent rythmiquement un thorax laiteux, dans lequel apparemment le coeur a dû s'arrêter. Et bientôt, dans quelques instants, une heure tout au plus, la vie de plusieurs autres va s'arrêter elle-aussi. Du moins, telle qu'elle était. On se dit au revoir le matin, style allez-bonne-journée-et-à-tantôt, comme ça, sans faire attention, sans s'y attarder, peut-être même sans se regarder. Et soudain, il n'y a plus de tantôt. Si ça se trouve, on s'est peut-être bagarré pendant le weekend et on s'est barré sans même échanger un mot. Et sans plus jamais avoir l'occasion de dire que cette dispute, ben, c'était vraiment trop con. Non non, le seul antidote au destin, c'est de vivre éveillé.

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