05/11/2010

Passion

tc1030tender-passion-posters.jpg

Faut savoir qu'en 2000, juste avant de tout plaquer pour sa maîtresse, l'homme a écrit une sorte d'espèce de petit bouquin sur cet amour caché qui l'a consumé pendant si longtemps. Un petit machin qu'il a publié ensuite à compte d'auteur, juste pour lui, juste pour se faire plaisir. Et qu'il n'a donné à lire à personne. Sauf à Jade. Un livre émotion. Un livre dévotion. Les souffrances du jeune Werther, version l'homme. Et dernièrement, au resto, Jade, sans raison apparente, laisse échapper dans un soupir désabusé : "pfff, à côté de ce que j'ai lu, ben, notre histoire à nous, c'est rien du tout... alors, je ne sais pas quoi penser, moi... je ne sais plus très bien... ". La phrase a saisi l'homme à la gorge. Et l'homme ne serait pas l'homme s'il ne s'était pas attardé sur cette affaire. C'est vrai qu'avec son ex il a connu une histoire passionnée. Mais la passion se nourrit exclusivement d'absence, d'éloignement, d'inaccessibilité, d'impossibilité. Et Jade et lui n'ont rien connu de tout ça. Vu leur proximité, leur disponibilité, leur liberté. Et donc peut-être qu'ils n'ont pas vécu pleinement ce stade de l'amour qu'est la passion. Faut-il le regretter ? L'homme sait pas trop. Bien sûr cette puissance de la passion, qui ravage tout sur son passage, qui emporte les certitudes les plus établies et déracine les convictions les plus profondes, continuera toujours à le fasciner. C'est certainement ce côté iconoclaste, destructeur, tout ou rien, qu'il porte en lui. Et que peut-être même, quelque part, il cultive. Mais la passion, et c'est même son sens premier, signifie aussi souffrance. Et là, l'homme a déjà donné. Et pris en plein la poire. Et Jade aussi. Du coup, ils se sont mis à jouer. Du moins dans les premiers temps. Un jeu qui consistait à ne pas se laisser avoir. A ne pas se laisser prendre. En particulier par la passion. D'autant que l'homme sait par expérience que le feu de la passion n'est pas nécessairement garant de la chaleur de l'amour. Pas plus d'ailleurs, que de sa durée.

10:07 | Commentaires (2) |

Commentaires

Ah la passion... Il y a tant à en dire que ça ne m'étonne pas que tu en as écrit un livre.... Je pense que certains êtres sont faits pour la passion, que ça les nourrit, leur insuffle ces tourments de vie comme une pompe à oxygène. Une fois qu'on a connu la passion, on a connu la souffrance qui va de pair avec. Parfois on se dit "plus jamais". Et si un jour on aime sans passion, on a l'impression que quelque chose manque, et que peut-être on n'aime pas vraiment. Un peu comme si on avait déposé les armes, pour enfin se reposer, et reposer son coeur.
La passion, souvent, se nourrit comme tu le dis de tout ce qui n'est pas "standard" en sentiments. La passion c'est génial au moment où l'on se retrouve. Mais il y a toujours les autres moments, ceux du déchirement provoqué par le manque de l'autre.
Le jour où on dépose son coeur au milieu d'un amour sans passion, c'est je pense, qu'on a atteint la maturité des sentiments.
Alors à la place de Jade, je ne m'en soucierait pas trop.
Comme disait je ne sais plus qui (O.Wilde?) "la passion c'est tellement beau, il vaut mieux qu'elle ne dure pas".

Écrit par : C | 06/11/2010

Répondre à ce commentaire

Merci pour ton commentaire... Très beau et très juste...

Écrit par : Un homme à C | 06/11/2010

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.