10/10/2010

Angoisse

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Au fond c'est simple, vivre n'est rien de plus qu'une occupation. Puisque, qu'on le veuille ou non, on est plongé dans un océan de temps. Immergé de force dans ce temps qui est partout devant nous et autour de nous. Une omniprésence immatérielle, invisible et impalpable. Bref, vide. Et qu'il nous faut donc remplir. D'une façon ou d'une autre. Alors on s'occupe. A courir, à se dépêcher, à stresser, à râler, à se crever, bref à bosser, question de gagner son beurre. Pour ensuite, avec ce qu'on a gagné, pouvoir meubler le reste... du temps. Non non, vivre n'est rien de plus que l'art de passer son temps. Un bête passe-temps, en somme. Jusqu'à ce que le temps, une fois passé, s'arrête. Quoi ? L'homme un rien dépressif ? Naaan. Le dépressif est un lucide qui a tout compris du temps. Et en particulier de sa vacuité. Qui a compris qu'il n'y avait aucune manière de remplir cette vacuité de manière sensée. Et qui, en conséquence, en laisse la vacuité le remplir. Heureusement pour lui, cette lucidité, l'homme ne l'a pas. Du moins, pas toujours. Et quand il l'a, il angoisse. Car elle est là, la source de son angoisse. Elle s'appelle temps. Et encore, sur ce coup, il ne parle même pas du temps passé. Du temps perdu. De toutes ces choses qu'il aurait voulu faire et qu'il n'a pas faites. De toutes ces choses qu'il a faites et qu'il n'aurait pas dû faire. Tout ce qu'il a eu et n'a plus. Tout ce qu'il aurait pu avoir et n'a pas. Rhaaah, le temps... On fait tout pour le tuer et c'est lui qui nous tue. Toujours.

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