30/09/2010

Exercice

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Alors l'autre jour, l'homme lisait un bouquin sur la psychologie, le psyché et autres trucs de la même eau. Un bel ouvrage, tout sérieux, tout scientifique et tout, avec plein de questions à répondre et d'exercices à faire, genre introspection, style connais-toi toi-même (gnôthi séauton, comme disait Socrate en athénien. Et en grec aussi d'ailleurs. Aaaah l'homme, face à la culture générale désespérement désertique des petzouilles et des gisquettes qui s'attardent sur ses pages pourtant éblouissantes de philosophie, de connaissances et de sagesse, ne peut s'empêcher de s'investir, une fois de plus, dans la noble tâche de rehausser le niveau intellectuel de cette blogosphère pour le reste un rien cérébralement comateuse). Bon. Continuons. Et voila-ti pas qu'à la page 14 du machin, on lui demande de lister vite fait dix choses dans lesquelles il estime être bon. Facile celle-là, hein. Alors... pour commencer, où est mon bic... ah oui, il est là... ok, voyons voir... en quoi est-ce que je suis bon... euh... ouais... réfléchissons... suis bon dans... euh... en... euh... à... euh... non mais c'est quoi cette affaire, doit bien y avoir un truc dans lequel il est bon, non ? Euh... ben... non... Aaah évidemment, l'homme aurait pu écrire qu'il roule bien en voiture, surtout quand il conduit sa caisse à fond la caisse. Ou qu'il est bon au poker menteur. Ou pour emballer les nanas. Ouais ok, mais ça fait pas trop sérieux tout ça. Non non, sérieusement, voyons voir... Un bon organisateur ? Aaah, pas mal, ça ! Un bon organisateur ! Mais la vie du gars est un chaos et donc c'est pas vraiment ça. Ou un bon communicateur ? Aaah c'est bien aussi ça ! Un bon communicateur ! Ouais mais il est un rien asocial, le mec, ce qui fait que point de vue communication, on repassera. Et en management, alors, il serait pas bon en management ? Euh ouais, enfin, faut voir... Bon ben pffffff... y en a marre à la fin... exercice à la con, bouquin à la con, vie à la con...     

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28/09/2010

Allo

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Z'êtes-vous déjà demandé pourquoi une conversation normale entre deux personnes ne nous gêne absolument pas, à tel point qu'on peut parfaitement faire autre chose en les écoutant, par exemple lire son journal ou continuer ses mots-croisés, alors que quand quelqu'un téléphone, là, on ne sait pratiquement rien faire d'autre que de l'écouter ? Aaah, de la toute bonne question ça, hein. Et ben la réponse est toute simple. C'est parce qu'une conversation en mode dialogue est facile à suivre. On entend l'un dire blablabla et l'autre répondre blablabla et c'est tout. Y a pas de mystère, pas de surpise. Par contre, au téléphone, ben, là on loupe la moitié du truc. On ne sait pas ce que l'autre blablate dans l'écouteur du machin. Du coup ça intrigue, ça interroge, ça questionne. Bref, ça attire l'attention. Et l'explication scientifique, psychologique et même neurologique de ce phénomène est toute simple. Notre cerveau a tout simplement tendance à ignorer ce qui est prévisible et à ne s'intéresser qu'aux choses imprévisibles qui, elles, suscitent immanquablement sa curiosité, éveillent automatiquement son intérêt. Logique. Du coup, un éclair style révélation traverse le melon, jusque là passablement ténébreux, de l'homme. Cette fois c'est sûr, il sait pourquoi il aime tellement les femmes. C'est pas leurs jambes, leurs fesses, leur sexe, leurs seins, leurs yeux, leur sourire, leurs cheveux, leur voix, leur charme qui le font, non non, c'est rien de tout ça. Enfin, c'est tout ça aussi, évidemment, mais c'est aussi autre chose. En fait, c'est leur imprévisibilité. C'est ça. Exactement ça. C'est leur imprévisibilité qui rend les femmes tellement attirantes pour l'homme. Pffiou, se sent déjà beaucoup plus léger, le mec, maintenant qu'il a éclairci vite fait l'éternelle énigme de l'attraction féminine.

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27/09/2010

Malade

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Malade comme un chien, l'homme, ce weekend. Cailloux dans les reins ? Appendice en compote ? Sait pas trop, le mec. Bouffe du Nurofen, de l'Ibuprofen, du Voltaren comme si c'étaient des dragées de baptême. Mais ça va mieux, merci. Si jamais ça recommence ou si ça ne passe pas tout à fait, ce sera l'hosto... Pfffff... déjà que c'est pas drôle de vieillir, mais quand en plus tout se détraque, ça l'est encore moins. Et de surcroît, Jade non plus n'est pas top. Aaah quand on est jeune, les amours sont tout fougueux, tout impétueux, étincelants, rutilants et tout. Par contre les genoux qui arthrosent, le dos qui ankylose, le foie qui cirrhose, et plein d'autres trucs pas roses, ben, ça vous freine drôlement les élans, hein, comme on dit en Zélande. L'amour passionnel, à fond la caisse et hors d'haleine, genre chevauchée fantastique qui décoiffe et qui ébouriffe, ben, c'est pas évident avec des vertèbres qui coincent et un ménisque qui cale. Non non, quand ça fait aïe aïe et ouille ouille de partout, reste plus qu'à se lover tout au fond du canapé, bien au chaud dans les coussins, tout près l'un de l'autre, les joues tout contre et les peignoirs emmêlés. Ce qui, quelque part, a son charme aussi...

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24/09/2010

Atypique (bis)

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L'homme a connu des femmes qui sonnaient à sa porte au petit matin. Qui soudain avaient ressenti l'irrésistible envie de le voir, avaient sauté dans leur voiture et pris la route pour le retrouver. Le temps d'une heure. Comme ça, à l'improviste. Sans réfléchir. Sans sommation. Sans prévenir. Et l'homme a déjà sauté dans sa voiture et pris la route, à la tombée du jour, parce qu'il avait soudain ressenti l'irrésistible envie de retrouver une femme, comme ça, à l'improviste, le temps d'une heure. Ici aussi, sa relation avec Jade est atypique pour l'homme. Il n'a jamais été aussi sage en amour. Peut-être qu'avec l'âge les hommes s'assagissent. Peut-être qu'avec les années, les émotions et les sentiments aussi s'assagissent. Auquel cas, ce serait dommage. Parce que la sagesse alors, au lieu d'être un des rares avantages qu'on acquerrait en vieillissant, en deviendrait tout aussi bien le plus grand inconvénient. L'homme écrit ça, parce que ce soir, Jade est rentrée tard de son séminaire en Hollande, lui a dit qu'elle était fatiguée, qu'elle voulait rester un rien seule pour récupérer. Et l'homme comprend. Et attend. Et ne râle pas. Et ne tourne pas en rond dans son appart. Et ne grimpe pas aux murs. Au contraire, il est étrangement calme. Etrangement... sage. Pas du tout lui, tout ça. Et donc le mec ne pige pas trop ce qui lui arrive. Ou plutôt ce qui ne lui arrive pas. Et quelque part, ça l'inquiète. Prendrait tout de même pas un coup de vieux, le mec ?        

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23/09/2010

Atypique

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Ce que l'homme vit actuellement avec Jade est tout à fait atypique pour lui. Faut dire que Jade est atypique aussi. Jusque juste avant Jade, l'homme n'avait connu que des femmes full-time femmes. Des femmes toujours femmes. Jade est différente. A côté de ses moments femme, elle a ses moments lame. Des moments où elle devient voyou. Du genre qui défend son butin. Ce qui est à elle, est à elle. Pas touche, sinon c'est la bagarre. Elle est comme ça en amour, elle est comme ça dans son business. Apparemment la vie ne lui a pas fait des masses de cadeaux. Et les hommes non plus. Hier sous la couette, elle baillait. Marmonnait qu'elle était épuisée. Et était toute étonnée que l'homme lui dise que c'était normal qu'elle soit fatiguée, qu'elle avait eu une longue journée, qu'elle avait beaucoup bossé, qu'elle devait se reposer. Elle lui a répondu que c'était la première fois qu'un mec lui disait ça. Et donc l'homme ne pense pas qu'elle ait été vraiment gâtée par les hommes. De là probablement son petit côté ni dieu ni maître. Faut dire que cette Jade un peu canaille attire l'homme. Parfois, l'amuse. Mais le plus souvent, le touche. Car il n'est pas dupe. Il ne prendra jamais sa peur pour de la prétention, sa fragilité pour de la bravade, son insécurité pour de l'orgueil. L'homme connaît trop bien toutes ces attitudes qu'on se joue pour se rassurer, ces vestes de sauvetage qu'on enfile pour surnager, ces gestes de sauvegarde qu'on garde pour survivre.

PS : Boulot boulot, pressée pressée, occupée occupée, ce soir Jade est en Hollande. Car Jade aime son job. Et a encore des ambitions. Et a raison d'en avoir. A son âge, l'homme en avait aussi. Et donc, il respecte. Important ça, de ne jamais oublier comment on était avant.

23:08 | Commentaires (0) |

22/09/2010

Attente

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Vivre ensemble c'est surtout une question d'attente. Non seulement 'attente' dans le sens d'espoir ou de souhait, genre y a intérêt à ce que la nana réponde aux attentes, mais surtout 'attente' dans le sens de salle d'attente, c'est à dire là où on se les casse pendant qu'on attend. Chez le docteur en attendant le docteur. Chez le dentiste en attendant le dentiste. Et chez soi en attendant l'autre. Attendre l'autre pour manger, attendre que l'autre sorte de la salle de bain, attendre que l'autre arrive parce qu'on en a marre d'être seul, attendre que l'autre parte parce qu'on a envie d'être seul, attendre que l'autre ait terminé de se fringuer, attendre que l'autre se réveille, attendre que l'autre veuille bien, attendre que l'autre rentre le soir. Attendre attendre attendre, c'est ça qui vous fout une relation en l'air. Bien plus que les amants ou les maîtresses. Because y a rien de plus frustrant, de plus énervant, de plus bisquant que de devoir attendre. Là-dessus, tous les spécialistes du stress sont unanimes, hein. Et comme si ça suffisait pas, en plus d'attendre, faut aussi s'attendre. Aaah, à ça on avait pas encore pensé, hein? S'attendre à des tas de choses. A ce que l'autre ne soit pas d'humeur, soit de mauvais poil, soit pas à prendre avec de pincettes. Et donc ça fait tout de même beaucoup ça, hein, niveau attentes. C'est pourquoi, avant de s'avancer plus avant avec vos avances, z'avez intérêt à d'abord rester un rien dans l'expectative. Et dites-vous bien que ça, c'est l'homme qui vous le dit. Avec son palmarès, un pro du relationnel disjonctif.  

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20/09/2010

Nous

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Alors l'autre jour, l'homme était chez Jade, qui elle était au téléphone avec son fils, et qui s'entend dire, comme ça, au cours de la conversation "qu'est-ce que tu fais demain, tu passes chez nous ?". Et juste après c'est Jade, tout étonnée, qui fait cette réflexion à l'homme : non mais t'as entendu ce que je viens de dire moi, j'ai dit "chez nous"... Ben ouais... Son chez moi d'avant est devenu maintenant un chez nous. Aaah évidemment, quand on vit en couple depuis un certain temps, on ne s'arrête plus à ce genre de détail. On dit chez nous, comme on respire. Rien de plus naturel, de plus neutre. Mais quand, comme pour Jade et pour l'homme, on a par la force des choses bien dû dire "chez moi" pendant quelques années, ben, les mots "chez nous" prennent tout à coup une toute autre dimension. Deviennent soudain tout imprégnés d'une sorte de chaleur, d'une sensation de feu ouvert, le soir, quand dehors il neige. Non non, la solitude c'est un peu comme le feu. D'un côté ça peut méchamment faire mal, mais d'un autre côté ça purifie. Because on apprend, ou réapprend, certaines valeurs. On découvre, ou redécouvre, ce qui se cache véritablement derrière les mots. Des mots de tous les jours, tout cons et tout courants, mais dont le sens, avec le temps, avec l'habitude, avec la routine, a tendance à s'évaporer. Maintenant attention hein, l'homme ne va pas tomber non plus dans l'eau de rose à cinq balles la bouteille familiale ou dans la guimauve sentimentale ou dans la sucrerie affective. Le gars n'est pas encore tout à fait ramolli du melon, hein. Il sait aussi que dans certaines relations, certains (h/f) donneraient cher pour avoir un chez moi à la place de leur chez nous. Voire un autre chez nous à la place de leur chez eux.

11:33 | Commentaires (2) |