27/07/2010

Italie

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Demain, à cette même heure, et si Dieu le veut, Jade et l'homme seront sur les routes. Direction : la bella Italia et la côte toscane. Retour prévu : vers le 9 ou le 10 août. Ils savent pas au juste, ils verront bien. Rien ne doit et tout est possible. L'aventure, c'est l'aventure. Une dizaine de jours à deux qui ne les changera d'ailleurs pas des masses de ce qu'ils vivent aujourd'hui. Puisque depuis une semaine, ils ne se quittent pratiquement plus. Parlent beaucoup. Et de confidences dans le canapé aux confidences sur l'oreiller, ils se rapprochent l'un de l'autre à une vitesse vertigineuse. Fusionnels, qu'ils en deviennent. Accros. Y a longtemps que l'homme n'avait plus ressenti cet espèce de chatouillement, là à l'intérieur, qu'il reconnaît d'avant, quand il était gosse et qu'il déboulait, en pyjama, les escaliers le matin de la Saint-Nicolas, pour découvrir ses nouveaux jouets, étalés devant la cheminée. Où à la Noël, pour plonger sous le sapin à la recherche des cadeaux que le Père du même nom lui avait apporté durant la nuit. Et à présent il retrouve cette sensation que pourtant il croyait perdue. Ce frémissement, c'est celui du bonheur, c'est sûr. Ben ouais, et sur ce coup l'homme va vous étonner, mais il est comme qui dirait... heureux.

 

PS : l'homme, bien évidemment emporte son matos, notebook, chargeur et autres machins-trucs avec lui, because c'est bien connu, sans ses connections virtuelles il est perdu. Mais comme le Wifi c'est pas vraiment sa tasse de thé, question blog et autres bazars à scribouiller sur le net, ben, ça craint... Enfin, on verra (comme on dit chez les brailles)...    

17:03 | Commentaires (2) |

26/07/2010

Accélération

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L'homme aime la vitesse. Du moins quand il roule avec sa caisse. Par contre, dans la vie, il aime pas trop que tout aille trop vite. Alors, à présent que Jade prend de plus en plus vite de plus en plus de place dans son existence, qu'il passe de plus en plus souvent ses jours et ses nuits chez elle, que leur couple passe de plus en plus du mode play en mode officiel, l'homme, ben, ça le travaille. Attention, ça ne l'inquiète pas vraiment, ça ne le préoccupe pas réellement. Ce qui l'interpelle, l'interroge et, à la limite l'interloque, c'est la rapidité avec laquelle le monde change. Pas le grand monde, celui des marées noires, des guerres, des catastrophes, mais le petit monde, celui à portée de la main, de la pensée. Celui à portée de voix. Ces hommes et ces femmes autour de lui et proches de lui, qui, tout comme lui et en même temps que lui, plus que de choisir, glissent en fait dans des chemins, sur des voies, dans des destins jusque là impensables. Ce qui fascine l'homme, c'est cette totale imprévisibilité de la vie. C'est aussi ce qui, comme l'autre jour, lui fait tellement peur. Mais pas en ce moment. Certe, l'angoisse est toujours là, telle une cicatrice qu'il porte dans ses entrailles, mais il lui a donné une place et il la contrôle. Aujourd'hui, il est plutôt l'observateur de ce fourmillement incontrôlé et incontrôlable des destinées. Et il s'observe aussi. Il le faut.         

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24/07/2010

Petit-matin

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Ce matin, au petit-matin, surgie de nulle part et présente partout, la peur. Une angoisse sauvage, viscérale. L'homme, recroquevillé comme un moineau blessé, dans le grand lit de Jade. Bouffé de l'intérieur. Rongé. Et donc, surtout ne pas bouger, ne pas ouvrir les yeux. Et respirer. C'est ça. Respirer et expirer. A fond. Et à chaque fois se murmurer : calme... calme... calme. Et puis confiance... confiance... confiance. Et puis courage... courage... courage. Les techniques de la psy, dont il entend la voix qui répète doucement, le calme donne confiance et la confiance engendre le courage. Des mots qui aident. Mais, sur ce coup, pas suffisamment. Qui ne parviennent pas tout à fait à apprivoiser la bête. Pour cela, il faudra attendre que l'homme retrouve son appart et ses petites pilules rouge fuschia, qu'il avale comme un drogué en manque. Des semaines, que cela ne lui était plus arrivé et à présent cette attaque sournoise. Et petit à petit l'apaisement qui se répand en lui. Et l'homme qui se résonne. Qui se dit qu'il n'y a pas de bonheur sans qu'il n'y ait en même temps la peur de le perdre. Qui se dit qu'il y a tant de méandres dans la vie, que chacun, quelque part, à un moment donné, doit bien avoir peur de se perdre. Qui se dit qu'au final, avec ou sans peur, tout finit par s'arranger. Toujours. Le temps de prendre une douche que déjà il retrouvera Jade.    

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22/07/2010

Monotone

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Les romans d'amour n'existent pas. Les romans d'amour parlent de trahisons, d'infidélités, de mensonges, de malheurs et de plein d'autres trucs du genre, bref ils vous causent de tout sauf... d'amour. Plus même, lorsque, après mille péripéties, les amoureux enfin se trouvent ou se retrouvent, lorsqu'enfin le bonheur leur sourit, le bouquin lui, tout bêtement, s'achève. Fin. Terminé. Comme si après, il ne se passait strictement plus rien d'intéressant. Comme si, une fois atteint le stade béat de l'amour parfait, tout devenait monotone, ennuyeux, lassant. Rien à signaler. Passez votre chemin. Alors, quand on y réfléchit, ben, on peut se poser la question : si l'amour, à la longue, s'avère tellement soporifique, si on finit par tellement s'y habituer qu'au final on s'y embête, peut-être faut-il chercher précisément là, la raison même de sa faillite. Aaah ce serait fou, ça, si le bonheur portait en lui les germes mêmes de son échec. Style, je t'ai trompée parce que notre amour c'était trop bien. Aaah, y a du philosophique là-dessous, non ? Et du questionnement. A moins que... sur ce coup... l'homme ne pousse peut-être le bouchon un rien trop loin... Possible, ça. Possible aussi, qu'il est temps qu'il prenne des vacances, le gars. 

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20/07/2010

Tarte

 

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D'accord, n'en avez rien à cirer mais l'homme le dit tout de même, hier il s'est tapé un petit check-up chez sa toubib. Pression artérielle 13/8, BMI 23,3, le palpitant ok et les soufflets aussi. En pleine forme physique qu'il est, le mec. S'il claque demain, au moins ce sera en bonne santé. Si c'est pas de la toute belle perspective, ça ? Ah bon ! Aujourd'hui, il a vu sa psy. Et dans le citron, tout est bien calé aussi. Avait tendance à ruminer le passé, et ben, il rumine plus. Il s'en fout. Avait tendance à craindre un rien le futur, et ben, il craint plus. S'en fout aussi. Ressent comme une sorte d'espèce de midlife, le mec. Comme ça, sur le tard. A retardement. A un âge où les autres sont dans leurs pantoufles, avec leur petite casquette, leur petit mégot et leur petite bière, l'homme relance la mécanique. Samedi, il présente Jade à ses fils. Et alors les petits gars, quèsqu'on dit à la madame ? Bonjour Jadeeeuuuh. Ah bon ! Et dimanche Jade présentera l'homme à sa famille à elle. Papa, maman, grande soeur, petite soeur, beaufs, marmaille, bref toute la tribu. Et quèsqu'on dit, l'homme ? Bonjour monsieur, bonjour madameeeuuuh. Mmmmwwwouaaah ahahahah, alors sur ce coup, l'homme se marre, se fout carrément de sa propre gueule, se paie une solide tranche d'auto-dérision. Se voit déjà avec l'argenterie dans les pognes, la bouille dans le gâteau et les lèvres dans le kawa. Un peu de sucre, oui oui avec plaisir, du lait, non merci, vous prendrez bien encore un morceau de tarte ?  Tarte... tarte... ça c'est sûr, qu'il aura l'air tarte.

 

16:54 | Commentaires (1) |

18/07/2010

Amours (bis)

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Y a des amours qui vous sautent au coeur avec la fulgurance du félin qui vous saute à la gorge. Des amours boum, wouaaw, pfiou, qui vous renversent au premier regard, avant même le premier baiser, avant même le premier effleurement de la main. L'homme connaît. A vécu ça. Une émotion instantanée, immédiate, aveuglante de limpidité, sans discussion. Je l'aime, je le sais. Y a pas débat, pas de comment, pas de pourquoi. Et puis y a les amours qui prennent leur temps. Le temps de se découvrir, de se révéler, de devenir. Avec Jade, c'est comme ça. Au début, un duel un rien désabusé, cynique, hilare. Presque un malentendu. Puis un duo de plus en plus unisono, aux voix de plus en plus accordées, en harmonie. Et puis et puis... et puis l'autre jour, le coeur de l'homme qui soudainement baisse sa garde. L'imprévu de ce sentiment qui d'un coup vous déborde de partout, qui sort de ses rives, qui emporte ses digues. Et les lèvres de l'homme toutes surprises de murmurer ces mots qu'on murmure toujours trop tôt et qu'on regrette toujours trop tard, je t'aime. Et immédiatement après, la peur. Mais qu'est-ce que je viens de dire moi, qu'est-ce que je viens de dire. 

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16/07/2010

Amours

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L'amour est un nom masculin singulier qui se conjugue au féminin pluriel. D'accord un nom qui se conjugue, c'est pas évident. Mais dans la - très complexe - grammaire sentimentale de l'homme, ben, ça passe. Alors, explication. Un, y a pas deux amours qui sont identiques. Ni même comparables. Déjà qu'y a pas deux hommes et deux femmes qui soient les mêmes... Deux, les amours où on a aimé, mais alors vraiment aimé, ne meurent jamais. Du moins, jamais tout à fait. Même si on aime à nouveau, un nouveau ou une nouvelle. Non seulement quand se sont les méandres, les contraintes, les rationnalités de la vie qui ont séparés, malgré eux, ceux qui se sont aimés. Mais aussi quand les amoureux se sont délibérément, consciencieusement, profondément, lacérés eux-mêmes. Avec le temps, après un temps, il reste toujours un résidu. Because l'amour c'est comme du papier. On peut le déchirer en mille morceaux, il en restera toujours des morceaux. Alors, quand commence ou finit l'amour, ben, c'est une bonne question. Tout ça pour dire que l'homme, il a déjà dit je t'aime quelques fois. Peut-être trop de fois. Mais à chaque fois, ces mêmes mots, il les a prononcés, et ressentis, avec une profondeur, une teinte, une nuance différente. Et, à chaque fois aussi, avec une sensation particulière. Gravée dans un coin particulier de son coeur. Et de sa mémoire. Si bien que, au bout du compte, et du temps, rien de ce que le coeur a vécu, ne meurt. Et c'est très bien ainsi.         

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