24/07/2010

Petit-matin

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Ce matin, au petit-matin, surgie de nulle part et présente partout, la peur. Une angoisse sauvage, viscérale. L'homme, recroquevillé comme un moineau blessé, dans le grand lit de Jade. Bouffé de l'intérieur. Rongé. Et donc, surtout ne pas bouger, ne pas ouvrir les yeux. Et respirer. C'est ça. Respirer et expirer. A fond. Et à chaque fois se murmurer : calme... calme... calme. Et puis confiance... confiance... confiance. Et puis courage... courage... courage. Les techniques de la psy, dont il entend la voix qui répète doucement, le calme donne confiance et la confiance engendre le courage. Des mots qui aident. Mais, sur ce coup, pas suffisamment. Qui ne parviennent pas tout à fait à apprivoiser la bête. Pour cela, il faudra attendre que l'homme retrouve son appart et ses petites pilules rouge fuschia, qu'il avale comme un drogué en manque. Des semaines, que cela ne lui était plus arrivé et à présent cette attaque sournoise. Et petit à petit l'apaisement qui se répand en lui. Et l'homme qui se résonne. Qui se dit qu'il n'y a pas de bonheur sans qu'il n'y ait en même temps la peur de le perdre. Qui se dit qu'il y a tant de méandres dans la vie, que chacun, quelque part, à un moment donné, doit bien avoir peur de se perdre. Qui se dit qu'au final, avec ou sans peur, tout finit par s'arranger. Toujours. Le temps de prendre une douche que déjà il retrouvera Jade.    

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