29/06/2010

Bousculé

piranesi

En est sorti un rien bousculé, l'homme, de son entretien avec sa psy. Sans vraiment le secouer, sans avoir l'air d'y toucher, mais par le seul fait de ses remarques, de ses observations et de ses questions, alors qu'il lui expliquait tous ces trucs et ces machins qui ne cessaient de lui tordre les boyaux, elle lui a montré à quel point il était, et surtout il s'était, emmuré, le mec. Comme s'il avait passé son temps à se bâtir des murs, bien hauts et bien épais, là, dans sa tête. Des tas de murs. Plein de murs. Et maintenant c'est comme si d'un coup, son vrai paysage intérieur s'était révélé à lui. Un dédale de remparts et d'enceintes. Tellement de défenses contre tellement d'ennemis tellement imaginaires, qu'il en est devenu prisonnier, le mec. Incarcéré dans ses propres parois, le gars. Et à présent, cette vision fugitive de ce qu'il est, de la manière dont, au fil du temps, il s'est construit, le laisse tout pantois et un rien pantelant. 

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