02/04/2010

Héros

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Dans sa chanson "Voir un ami pleurer", Brel parle de "ces métros remplis de noyés". Et c'est vrai, l'image est saisissante, tous ces gens qui dodelinent dans les rames embuées, comme derrière les hublots d'un navire naufragé. Et pour le mec immobilisé dans sa caisse au milieu des bouchons, c'est du kif. Lui-aussi est un noyé, mais alors dans son petit sous-marin personnel à lui tout seul. Mais c'est vrai aussi que tous ces noyés, où qu'ils se trouvent et sans exception, ont leur histoire. Car il n'y a pas d'existences simples, linéaires et indolores. Non non, chacun de nous est un roman. Un roman extraordinaire. Toujours. Car nous avons tous aimé et il n'existe pas d'amours ordinaires. Et nous avons tous perdus et il n'existe pas de chagrins insignifiants. La banalité n'existe que pour les autres, jamais pour soi-même. Pour soi-même, aucun bonheur, aucune détresse, n'est banal. Et c'est très bien ainsi. C'est ce qui fait que si nous ne sommes tous, quelque part, rien de plus que de modestes figurants du quotidien, des habitués de l'habituel, nous sommes tous, tout aussi bien, des héros. Ceux de notre propre vie.    

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