06/02/2010

Sortie

disco

Hier soir, la femme d'en-bas et l'homme sont sortis. Avec une copine qu'ils connaissaient et son nouveau mec qu'ils connaissaient pas encore. Resto puis boîte. Elle s'est complètement lâchée. Elle a dansé pendant des heures. A déjanté. A disjoncté. A joué. A défié. A provoqué. A posé. A frimé. A ondulé. A vampé. A exagéré. L'a exaspéré, à l'homme. Tout comme d'ailleurs cette masse tout autour. Ondulante, tonitruante, gesticulante, criante. Hystérique, chaotique, frénétique. En a attrapé une sorte de nausée existencielle, l'homme. A dû sortir un long moment. Retrouver dehors l'air de la nuit. Ecouter le silence des rues abandonnées. Entendre ses talons sur le macadam. Voir la buée de son souffle sortir de sa bouche. A trois heures du matin ils étaient dans son appart à elle. Complètement vanné, le mec. Voulait qu'une chose, son pieu, à lui, chez lui et de préférence tout seul, qu'il lui a dit. Alors elle s'est déshabillée devant lui. Sensuelle et charnelle. Et, c'est connu, la chair est faible. Surtout celle des hommes. Surtout celle de l'homme. Evidemment ça c'est terminé style horizontal, oral, animal. Après, il lui a dit qu'en fait ils n'allaient pas ensemble. Qu'en fait, elle n'était pas le genre de femme pour lequel il tombait. Qu'en fait y avait trop de différences. Elle a répondu c'est vrai, t'as tout à fait raison. Et puis elle s'est mise doucement à pleurer. Pleurer son passé, son divorce, tant de choses qu'elle a perdu. Il a consolé. A partagé. Et a fait ça bien. Surtout que tout ce qu'elle vit, ben, il l'a vécu aussi. Et quelque part le vit encore. Dans la salle de bain, elle s'est démaquillée, a mis des compresses sur ses yeux tout brûlés par les larmes. Il l'a regardée. Dans la lumière crue des spots au-dessus des lavabos, il s'est fait la réflexion qu'elle n'était pas vraiment belle. Mais aussi, comme lui n'est vraiment pas beau, ben, qu'il avait pas trop le droit de critiquer. Puis ils se sont embrassés. Elle lui a dit qu'il était gentil avec elle. Puis il est parti. Et ce qui restait encore de la nuit, il n'a pas fermé l'oeil.    

11:55 | Commentaires (2) |

Commentaires

un morceau de réalité tout nu
Merci

Écrit par : ambre | 08/02/2010

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Boulot-métro-dodo? Arffffffffffffffff! que c'est triste! 2 âmes en peine....j'ai l'impression que l'homme a une vie: boulot-métro-dodo.....que c'est triste....

Écrit par : Sacha | 14/02/2010

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