05/12/2009

Jouer

maison03

Son boulot, une comédie. Le fric, du Monopoly. L'homme a toujours, et souvent mal d'ailleurs, joué avec tout. Avec tout, sauf avec les sentiments. Les siens et, surtout, ceux des autres. Car avec les sentiments, on touche à l'essence même de l'être. A sa fibre la plus profonde. A son noyau le plus dur. Et le plus pur. Pourtant à présent, avec un détachement qui lui était jusque là étranger, il joue avec ses émotions, comme il jouerait aux cartes. Il joue avec l'amour. Il joue à l'amour. Et ça lui réussit avec une facilité qui ne cesse de le surprendre. Peut être parce que cette autre, aujourd'hui, joue le même jeu que lui. Possible. Peut être aussi parce que la vie est ainsi faite que tout ce qui est sans importance vous réussit toujours à merveille, et de surcroît sans le moindre effort, et que tout ce qui vous importe vraiment ne s'acquiert que dans la souffrance. Comme si la souffrance était la mesure de l'authenticité de l'âme, le prix pour la blancheur du coeur. Quoi qu'il en soit, l'homme le sait, l'homme le sent, plus il joue et plus il se perd.       

12:05 | Commentaires (3) |

Commentaires

Une femme dit alors : Parle-nous de la joie et de la tristesse !

Et il répondit : Votre joie est votre tristesse sans masque. Et le même puits d'où jaillit votre rire a souvent été rempli de vos larmes. Comment en serait-il autrement ?

Plus profonde est l'entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter. La coupe qui contient votre vin n'est-elle pas celle que le potier flambait dans son four ? Le luth qui console votre esprit n'est-il pas du même bois que celui creuse par les couteaux ?

Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre coeur, et vous découvrirez que ce qui vous donne de la joie n'est autre que ce qui causait votre tristesse.

Lorsque vous êtes triste, examinez de nouveau votre coeur. Vous verrez qu'en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices.

Certains parmi vous disent : "La joie est plus grande que la tristesse", et d'autres disent : "Non, c'est la tristesse qui est la plus grande."

Moi je vous dit qu'elles sont inséparables. Elles viennent ensemble, et si l'une est assise avec vous, à votre table, rappelez-vous que l'autre est endormie sur votre lit.

En vérité, vous êtes suspendus, telle une balance, entre votre tristesse et votre joie. Il vous faut être vides pour rester immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulève pour peser son or et son argent dans les plateaux, votre joie et votre tristesse s'élèvent ou retombent.

Khalil Gibran

Écrit par : Un chuchotement | 05/12/2009

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Pour la dernière phrase : c'est évident !

Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;
Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé.
(Alfred de Musset)
Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point.
[Edgar Allan Poe]

Etc... y en a plein comme ça.
Mais l'Amour, et non l'amour, n'est, et de loin, pas que souffrance.
C'est le dernier mot de tout.

Écrit par : en passant | 05/12/2009

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Un chuchotement en passant je me demande souvent le pourquoi de tous ces commentaires anonymes....

Écrit par : C | 06/12/2009

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