31/08/2009

cierge

cierge

Non, l'homme n'est pas atteint d'une crise de mysticisme. Non, il n'a pas eu de révélation. Non, il n'a pas vu d'apparition. Mais il est entré dans une église. Et ça faisait longtemps. Et il a allumé un cierge. Et il s'est recueilli. Comme la première bigotte venue. Fort, ça, hein !? Ben, disons, qu'il a ressenti soudain un besoin. Celui d'exprimer sa gratitude. Et son humilité. Face à certains moments qu'il a reçus. A certains mots qu'il a entendus. A certaines choses qu'il a contemplées. Tant de beauté. De pureté. De profondeur. Attention, l'homme est plutôt ni maître ni dieu. Plutôt drapeau noir et anarchie. Et donc il sait pas trop bien qui remercier. Dieu, le destin, la chance, le bol, il sait pas trop. Mais remercier, il faut.

14:04 | Commentaires (2) |

29/08/2009

Allo

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La durée de conservation d'un amour dépend du temps qu'on parvient à se faire aimer par celui ou celle qu'on aime. Après il ne reste que l'ennui et/ou la coercition. Pourquoi l'homme écrit-il ça ? Alors voila. Comme l'homme n'a strictement rien à cirer à rentrer chez lui because y a personne pour lui dire boyou mon amou, ben, il bosse tard. Et ainsi, hier soir, au boulot, au hasard d'une porte ouverte sur un couloir, il entend un petzouille, méchamment irrité, répondre au téléphone : "Et alors, tu me surveilles ou quoi, tu me contrôles c'est ça... !?". Pas bon, le mec. Et là, l'homme a compris pourquoi le gars restait au burlingue aussi tard. Et là aussi, l'homme s'est senti soudain étrangement bien à l'idée que dans son appart, ben, y avait personne qui l'attendait. Enfin, personne du style imbuvable. Et sûrement pas l'un ou l'autre petit chef (h/f) aux allures de garde-chiourme, genre contrôleur, pion ou autre surveillant de récré. L'amour est libre ou n'est pas.

10:57 | Commentaires (3) |

26/08/2009

mur

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Le mur. L'homme sait qu'il est là. Il l'a déjà aperçu depuis longtemps. Et il fait tout pour l'éviter. Il s'arrête, respire, se promène, médite, fait du mindfulness, se crée de l'espace, se repose, écrit, bouge, bosse, réunionne, discusionne, bouillonne, se raisonne, tourne en rond dans son appart, se parle à lui-même, se fait une bouffe imbouffable. Et jusqu'à présent, il l'a toujours pas pris, le mur. Même si, à certains moments, il s'en est déjà dangereusement rapproché. Même si, quelques fois, il l'a frôlé de justesse. Alors, c'est assez curieux. D'un côté, il sait. Il sait que, tôt ou tard, il finira par se le prendre en pleine bouille. Quoi qu'il fasse. Et d'un autre côté, ben, ça ne l'inquiète pas trop. Parce qu'il en connait plein qui, un jour, ont perdu le contrôle et l'ont tapé, le mur, genre full frontal et type à fond la caisse. Et qui non seulement s'en sont sortis, mais en sont revenus mieux qu'ils n'avaient jamais été auparavant. Plus forts. Plus stables. Plus sereins. En fait, beaucoup mieux que l'homme ne se sent aujourd'hui...   

18:04 | Commentaires (5) |

24/08/2009

vase

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Alors l'autre jour, l'homme glandouillait comme ça, dans l'une ou l'autre galerie, lorsqu'il aperçoit, gravés dans le verre d'un grand vase en... euh... ben oui... en verre, les mots anonymes suivants : celui qui se perd dans la passion, perd moins que celui qui a perdu la passion. Aaah, de la toute belle phrase, ça. Tellement géniale qu'elle aurait pu être de l'homme himself, si si... Et tellement vraie aussi. Même si passion signifie en premier lieu souffrance, en l'occurrence souffrance amoureuse. Et ici l'homme ne peut résister à la tentation de placer une tite phrase, tout à fait de lui celle-là, et qui, quelque part, rejoint la première : pour guérir de la vie, il faut d'abord en devenir malade. Quoi ? Absurde, la phrase ? Ben, c'est possible. Mais en tout cas pas aussi absurde que ce que l'homme vit pour le moment...

16:58 | Commentaires (3) |

22/08/2009

après avant

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Après, plus rien n'est plus comme avant. Plus jamais. Ces mêmes lieux qu'on a arpentés à deux ne seront plus jamais les mêmes que ceux où on a marché seul. Ces endroits qu'on a partagés seront désormais tout à fait autres que ceux où on s'étaient jusque-là arrêtés sans l'autre. Les paysages, les maisons, les arbres, toutes les choses revêtent une autre dimension, reçoivent une signification cachée, seules connues de ceux qui y ont vécu quelque chose en commun. A chaque moment de quelque importance dans notre vie, il y a un avant et un après. Qui fait qu'on n'est plus les mêmes. Que notre regard n'est plus le même. Que nos sensations ne sont plus les mêmes. Et notre coeur non plus. 

Avant, plus rien n'était comme après. Jamais. Des souvenirs qu'on gardait des lieux et des endroits d'antan, plus rien n'est intact. Les paysages, les maisons, les arbres qu'on a connus, ont disparu ou sont devenus étrangers. Et tout ce qui avait une signification, est devenu insignifiant. On peut toujours tenter de retourner aux sources, mais alors uniquement par les voies du coeur. Celui qui, réellement, retourne sur ses pas, n'en reviendra que déçu. Seule la nostalgie survit le temps.   

11:32 | Commentaires (3) |

19/08/2009

hypothèse

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Hypothèse : et si l'âge donnait des droits que la jeunesse n'a pas ? Aaah, pas con, ça, hein ? L'homme s'esplique. Quand on est jeune, on a des enfants et on a des parents. On doit donner l'exemple aux premiers et suivre l'exemple des seconds. A un certain moment de la vie, toutefois, les enfants sont plus vraiment des enfants et les parents plus vraiment des parents. Et donc faut plus ni donner ni être un exemple. La responsabilité c'est pour les jeunots, que la droiture doit garder dans le droit chemin, quant à l'irresponsabilité, elle est l'apanage des anciens qui, question droiture, ont déjà assez donné. Et qui sont arrivés à un point de leur existence où l'infidélité, le double jeu, le jeu interdit et, tant qu'à faire, allons-y gaiement, la promiscuité, devraient devenir un droit naturel. Non non, l'âge doit avoir ses privilèges. Entre autres celui des plaisirs immédiats, des satisfactions instantanées, des extases-minutes. Et donc également celui de l'immoralité. Car quand le temps devient compté, attendre peut signifier plus jamais. Bon, reste plus qu'à fixer l'âge pour obtenir le permis de se méconduire... 

11:54 | Commentaires (3) |

17/08/2009

liberté

liberté

Personne n'est libre. Jamais. Aucune femme et aucun homme. Enfin, tout à fait libre. Et ici l'homme ne parle même pas des liens formels, état-civilesques, liturgiques et autres, style contrat de mariage et autres trucs notariés, bagués et bénis du même genre, non, mais d'autres liens, non écrits ceux-là, non enregistrés, non scellés. Et pourtant bien plus présents, plus vrais et plus profonds. Se sont ces attaches du coeur qui restent, survivent et persistent bien après toutes les dissolutions, les ruptures et les départs. Se sont ces restes d'affections, ces résidus d'amours, que quelque part on continue à respecter, au nom des bonheurs révolus, des moments partagés, du temps où on était deux. Ce sont ces fils émotionnels, ces cordons sentimentaux qui nous retiennent parce qu'on ne veut toujours pas blesser l'autre, même si l'autre appartient au passé et qu'il n'y a peut-être plus de futur possible. Et donc, en fin de compte, notre liberté demeure toute relative. Au mieux, elle n'est que provisoire, épisodique, momentanée. Sans plus.  

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