30/06/2009

phénoménologie

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L'amour est aveugle. Et ben, c'est pas vrai. Et l'homme va vous le démontrer. Et scientifiquement, en plus. Naaan ? Si ! En effet, sur ce coup, y a confusion. Because c'est pas l'amour qui est aveugle, c'est le désir. C'est cet état là, d'envie, d'appétence, de besoin basique, testostéronique, coïtique qui est caractérisé par une absence totale de discernement, voire de raison. C'est le loup qui a faim. Et le loup qui a faim, ben évidemment, il fait pas la fine bouche. Et fait pas dans la dentelle non plus. Même si justement, il en rêve, de la dentelle. Heureusement, cette phase 1, animale, primaire, reptilienne, ne dure pas. C'est juste la gâchette. Le truc qui fait qu'on bouge, qu'on doit bouger. Et qui fait qu'on choisit. L'autre. L'élue. Elle, sur laquelle on jette son dévolu, avant de se jeter à ses pieds, sans pour autant se jeter sur elle (ce qui n'est pas facile, vu que la manifestation du désir mentionné plus haut, se manifeste on ne peut plus manifestement plus bas). Mais bon, on reste bien élevé, respectueux, galant, plein de bonnes manières, après vous, vous permettez, je vous en prie, et tout et tout.

Une fois atteint ce stade du choix, on est en plein dans la phase 2, la phase d'attraction. La dopamine vous inonde le citron, vous fait rêver plein de trucs roses et bleus, pendant que la noradrénaline vous fait joyeusement disjoncter le palpitant et péter les veines because pression artérielle gonflée au carré. Bref, des symptômes tout à fait identiques au stress. Y compris les intestins en compote. Et donc, s'il est vrai que la chose latrinaire est assez gênante pour la chose amoureuse, d'un autre côté, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, si l'autre se tape régulièrement, et en des temps olympiques, un 100 mètres direction cagoinses, c'est plutôt bon signe : au moins, ses sentiments pour vous sont vrais. Par voie de conséquence, c'est pas une bonne idée, le jour où l'autre vous déclare son amour, de lui demander prouve-le moi. Mais bon. Soit. Revenons à nos boutons, comme on dit chez les vérolés. Car toute cette agitation n'est que temporaire. Après l'aveuglément du désir et la frénésie de l'attraction, vient en effet le temps béni de la phase 3, celle de l'attachement. 

C'est la période où Oxytocine et Vasopressine, les deux petites soeurs de Morphine, viennent délicieusement se répandre en vous, vous chouchouter tout en douceur, vous procurer enfin ce sentiment de béatitude ouatée et paradisiaque dont vous aspiriez depuis si longtemps...

Alors, pas impressionnante cette étude phénoménologique, clinique, allérgique, épidémiologique, obstétrique et même, à l'occasion, gastrique des affections amoureuses ? Ah bon. Hein ? Quoi ? Qu'est-ce que vous dites ? A quelle phase l'homme se trouve en ce moment ? Ben, n'avez qu'à deviner...         

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28/06/2009

96 heures

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Quatre jours et quatre nuits, ils ont passé ensemble. Entre quat' zyeux. A deux. L'homme et son ex. Une première nuit chez elle, leur ancien chez eux. Puis deux nuits à l'hôtel, en Zollande. Enfin, une dernière nuit chez lui, là où il s'est retrouvé, après avoir quitté leur chez eux. Et tout ce temps, ils se sont tus sur le passé. Et n'ont pas parlé de l'avenir. Ils ont fait l'amour. Plusieurs fois. Sans se dire je t'aime. Pas une seule fois. Ni elle, ni lui. Ils s'aiment bien, c'est sûr. Mais y a encore une différence entre s'aimer bien et s'aimer tout court. Et ça, tous deux, ils le savent. Parce que l'absence de l'autre est beaucoup trop supportable sur leur échelle du manque. Plus même, aujourd'hui l'homme a un sentiment de regret. Celui de ne plus, de ne pas, aimer.  

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26/06/2009

passoire

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Parfois l'homme a une sorte de genre d'angoisse. Celle de n'avoir rien compris à la vie. A l'amour. A l'amitié. Aux enfants. Aux hommes. Aux femmes. Aux autres. A lui-même. L'angoisse d'être passé au travers de son existence, comme l'eau au travers d'une passoire. Sans le savoir. Sans savoir. Alors, à l'intérieur, l'espace d'un moment, il titube. 

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24/06/2009

sondage

Vu l'abondance de vos commentaires, sur ce coup-ci, l'homme va pas se les concasser pour vous produire un de ses textes géniaux dont il a le secret. Il se limitera donc, dès lors et en conséquence, à un petit sondage :

sondage
 

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22/06/2009

enfers

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Famille, je vous hais, écrivait André Gide. C'est un peu fort, mais ça peut arriver. L'enfer, c'est les autres, écrivait Sartre, et ça c'est déjà plus proche de la réalité. Mais s'il est vrai que l'enfer c'est souvent les autres, ben, faut dire aussi que nous portons chacun, quelque part en nous, notre propre enfer. Toutes ces petites folies mineures, quotidiennes, ordinaires qui au cours de l'enfance, pendant l'adolescence et au long de notre vie adulte (pour autant que nous le devenions jamais, adulte) se sont insensiblement entrelacées, enchevêtrées avec nos manières de penser, d'agir, de ressentir, et qui fait l'irrationalité de certains de nos comportements, la déviance de certains de nos gestes et la compulsion de certains de nos actes. C'est que le mince fil délétère de l'interdit, de l'immoral, voire de la perversité, au fil du temps, s'est tissé, invisible mais pourtant présent, dans la trame pour le reste très dense de notre normalité. Et mêmes si nous seuls les connaissons, et que personne ne les soupçonne, ils restent des enfers, parce qu'ils nous commandent et qu'on ne les contrôle pas, tous ces démons qui se fondent dans le paysage de notre banalité. Et ce n'est que quand ils resurgissent que nous reprenons conscience de leur existence et du fait, qu'en réalité, ils n'avaient jamais disparu une seconde de notre tête, mais s'étaient juste assoupis, le temps d'un sommeil éphémère.

12:38 | Commentaires (1) |

19/06/2009

fisc

Sait pas si c'est because il doit remplir sa déclaration d'impôts, mais l'homme sent monter en lui comme un vent de rebellion. Quoi, un vent ? Une tempête, oui ! Un ouragan. Un typhon. Quèque chose du genre anarchiste, casseur, style cocktail molotoff, Che Guevarra, Proudhon, la révolution d'octobre, le Potemkine, le drapeau noir. Que le fisc nous foute en calbard, ça on a l'habitude, mais que maintenant, en plus, il faut se taper son boulot, là ça commence à bien faire. Faut dire que cette fois-ci ils ont fait fort. N'ont même plus pris la peine de mettre les numéros dans les cases. Because trop compliqué. Et donc, les ploucs payeurs, démerdez-vous et bonne chance. Si ça continue, m'étonnerait pas que l'année prochaine on ne reçoive plus que des pages blanches. Et qu'il faudra tracer nous-mêmes les lignes dessus. Et puis, tant qu'on y est, pourquoi pas verser notre salaire directement aux contributions, hein ? Ils n'auraient plus qu'à nous refiler ce qui reste. Serait pas plus simple, ça ? Bref, l'homme est grognongnon, beurk, imbuvable. Et la vidéo ci-dessus, il la dédie tout spécialement à Joëlle, Elio, Didier, les verts, les bleus, les rouges, les oranges, les oliviers, les jamaïcains et les autres.

20:21 | Commentaires (0) |

18/06/2009

métro

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Alors ce matin, l'homme a dû se taper une réunion à l'extérieur, dans un hôtel du patelin. Et pour une fois il a pas pris sa caisse pour s'y rendre. Because sommet européen, plus une manif des paysans qui reçoivent pas assez de blé pour leur lait et donc savent plus faire leur beurre (pas virtuose, ça, comme littérature ? Si, hein ?). Et donc l'horreur in ze city. Tout bloqué, arrêté, coincé. Conséquence, il a pris le... métro. Naan ? Si ! Et ben, contrairement à ce qu'on pourrait croire, et contre toute attente, il a assez aimé le tube, le mec. C'est que dans le métro y a pas seulement des loubards, des voyous, des pick-pockets, des mendiants, des dealers, des drogués, des mal lavés, des malotrus, des malabars, y a aussi de la poésie sur les murs, de l'art le long des escalators et de la musique dans les plafonds. Et puis, ce qui n'est pas négligeable, et qu'il faut donc pas négliger, c'est plein, mais alors là plein, de nanas. Et comme on est bousculé à tout bout de champ, et qu'on se bouscule à tout bout de champ, ben, le contact est méchamment facile, oups, m'escuse, vous ai un rien écrasé les pieds, le ferai plus jamais, m'appelle l'homme, z'avez de beaux yeux, et si on se faisait un p'tit resto ce soir, comme ça, vite fait. Non non, le métro, l'homme est assez pour.

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