31/05/2009

impuissance

mains croisées

L'ultime tristesse c'est de savoir qu'il y a tant d'hommes et de femmes qui s'aiment et qui ne sont pas ensemble, et tant qui sont ensemble et qui ne s'aiment pas. C'est que, à côté de l'injustice sociale, il existe aussi quelque chose comme l'inéquité sentimentale. Et à côté de la pauvreté matérielle, l'indigence émotionnelle. Et à côté des faillites économiques, des déficits de tendresse. Et puis il y a aussi cette impuissance. Celle d'être à la fois libre et totalement soumis au destin. D'être à la fois disponible et réceptif et demandeur et avide et affamé, et prisonnier de l'aveuglément du hasard et des errements de nos rencontres. Bref, d'avoir la liberté mais pas le contrôle. D'avoir le choix mais rien à choisir. D'être le nez collé contre la vitrine de la vie mais pas trouver la porte d'entrée. Allez bon, l'homme arrête les frais. La nuit lui noircit la tête et l'humeur. Y a plus qu'à aller roupiller. Et s'il rêve qu'il dort, à son réveil, au moins ce rêve-là sera devenu réalité.

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28/05/2009

brasserie

salle_brasserie

Hier soir l'homme s'est tapé un resto. Il était tard et pas envie de faire la popote. Donc, une sorte d'espèce de brasserie où on bouffe à toute heure des trucs qu'on ferait mieux de pas bouffer, quelle que soit l'heure. Enfin soit. Et donc, que fait un mec en attendant ses andouillettes AAAA sauce dijonnaise ? Ben, il regarde autour de lui. En particulier les frangines attablées dans les parages. Y en avait plein. Et il s'est demandé de combien d'entre-elles, comme ça, à première vue, il pourrait tomber amoureux. Une demi-douzaine, qu'y en avait, qui d'un sourire, d'un mot, d'un geste auraient pu le rendre d'un coup bleu d'elles. Evidemment, il s'agissait en l'occurrence d'une hypothèse tout à fait hypothétique. De l'hallucination hallucinatoire, et même hallucinante, d'un mec en manque de tendresse comme un assoiffé sans eau dans un désert sans oasis (pas beau ça, comme style ? Ah bon !). En tout état de cause, il s'est strictement rien passé évidemment. Vous pensez tout de même pas qu'un barjot tout vieux, tout moche et tout seul attire ne fût-ce qu'une seconde le regard de gisquettes toutes jeunes, toutes jolies et toutes entourées ? Faut pas rêver tout de même !  

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26/05/2009

orage

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Aaah l'orage, cette nuit. Ce poing qui s'écrase sur le ciel, c'est la colère de Dieu. Devant tant de vies qu'il a créées et qui, au lieu de vivre, ne parviennent à peine qu'à survivre. A surnager dans une existence obligatoire, sans valeur ajoutée et donc sans feux. C'est son impuissance devant tant de mal-être. Voila ce qui arrive quand on sème la vie à tout vent, sans demander l'avis de personne. Quand le cadeau qu'on pensait offrir, se retrouve n'être qu'un fardeau. Ben ouais, sur ce coup, Dieu s'est gourré. Il a façonné les mecs et les frangines, il a vu qu'ils faisaient que se disputer, que s'entretuer, que se déchirer, bref que d'être malheureux. Alors, il y a 2000 ans, il est redescendu sur terre pour limiter les dégâts. Pour leur dire que, s'ils restaient sages, ben, ils iraient au ciel. Après, évidemment. Mais qu'en attendant, ils devaient continuer à encaisser, à en prendre plein la gueule, à ramer. Il a même poussé le bouchon plus loin en disant carrément que c'était salvateur. Gonflé, non ? Alors quand Dieu, en des nuits d'orages, pique une colère devant sa propre dérive et ses propres errements, l'homme ici présent, ben, n'a pas vraiment pitié de Lui.

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23/05/2009

hosto

hosto1

L'homme vient de passer 2 jours à l'hosto. Voila, comme ça vous savez tout. Ce qu'il a ? Des cailloux dans les reins qu'il a, ça c'est sûr. Y a photos. Et même radios dans ce cas-ci. Et peut-être aussi l'appendice un rien enflammé. Voire même l'un ou l'autre boyau un rien encrassé. Là, les avis restent partagés. Bref, l'hosto quoi. Ambiance sparadraps-baxters-aïe-aïe-ça-fait-mal. Et en plus, pas de single et donc une chambre à deux. L'autre, un grand ahuri de 100 kilos et 40 balais, qui vit toujours chez sa momon, et qui a passé la première moitié de la nuit à zaper 146.965 fois, mais je peux me gourrer, ça peut tout aussi bien être 156.845 fois, et la seconde à ronfler comme un trio pour tronçonneuse, scie sauteuse et marteau-piqueur. Pas fermé l'oeil, le mec. Plus le petit-dèj aux premières lueurs, le dîner à l'heure de l'apéro et le souper à l'heure du goûter. Enfin, l'hosto n'est pas un resto. Et puis, faut le dire, les petites infirmières étaient super sympathiques, empathiques et pas empâtées. Et puis il a pu rentrer chez lui. Et puis de toute façon l'homme, comme le chantait le grand Serge, de tout, il en a rien cirer. Il devra d'ailleurs me surveiller ça, cette tendance chronique qu'il cultive ces derniers temps et qui consiste à systématiquement tout balancer par-dessus bord. C'est que pour ne pas désespérer, il est essentiel de ne pas espérer.  

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21/05/2009

insomnie

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Non mais, z'avez maté l'heure à laquelle le mec scribouille cette bafouille ? Fou ça, non ? C'est que ce soir, cette nuit, il ne trouve pas le sommeil, le gars. Faut dire aussi, qu'il le cherche pas vraiment non plus. D'ailleurs, pour qui il devrait aller roupiller, hein ? Et pourquoi ? Ben c'est simple, pour personne. Et pour rien. Nada, niente, nothing. Alors, il attend que le poids de ses paupières devienne intenable. Que ses pensées s'embrument jusquà ce qu'elles perdent le nord. Qu'en fin de compte, il tombe dans son lit, comme on tombe dans l'oubli. L'oubli de ce qui est, de ce qui a été, et même, au final, de ce qui sera. C'est que parfois, l'oubli du passé, du présent et du futur, n'est pas simple. Même au point que ça peut vous tenir éveillé.       

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19/05/2009

course

La_Course

Toujours à la course, l'homme. Le matin because son boss le téléphone aux aurores, because son boss est lui-aussi à la course. Pendant la journée, à la course because les deadlines que lui colle son boss, qui lui-aussi est la course because ses deadlines à lui. Le midi à la course, because y a la queue au snack pour aller chercher son sandwich. Après, mal à l'estomac because bouffé à la course. Et donc à la pharmacie. Mais alors à la course, because ils attendent jusque sur le trottoir tous les nauséux, les quasi-gerbants, qui digèrent pas because eux-aussi toujours à la course. Et le soir, à la course, because le Delhaize va fermer et qu'il a plus rien à bouffer. Ou parce que la blanchisserie où il a fourgué ses chemises va plus être ouverte, et qu'il a plus rien à se mettre sur le dos. Alors, comme il sentait trop les tenailles de la course, l'homme, il a été voir le docteur. Enfin la docteur. A la course. Et comme il a dû poireauter une heure dans la salle d'attente, à la course ensuite pour rentrer au boulot. Et après, à la course pour chercher ses médicaments. A la pharmacie précitée. Où évidemment ils n'avaient pas ses pilules. Et donc demain il devra y retourner, à la course, évidemment. Etc etc etc. Non non, il devient temps qu'il descende de son petit vélo, le mec. Qu'il arrête de pédaler comme un taré. Il a passé l'âge.          

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17/05/2009

Migraine

Migraine_Migration

La migraine du weekend. Au choix, le samedi ou le dimanche. Avec au menu, le Nurofen à l'Evian, le Perdolan à l'eau du robinet et/ou, pour contrer l'envie de gerber, le Motilium façon instantané. Ce doit être le stress de la semaine qui se lâche quand soudain on coupe les gaz et qu'on passe en mode divan-pantoufles. Le stress de pas aimer la vie qu'on mène. Le stress de rencontrer les bonnes personnes mais au mauvais moment et de tomber sur les mauvaises personnes à tous moments. Le stress d'avoir personne avec qui être qui on est. Et donc le corps se venge de ce que l'esprit endure. C'est aussi simple que ça. Il aurait dû devenir psychiâtre, l'homme, ou psychologue ou psycho-thérapeuthe ou un truc du genre. Enfin, il aurait dû devenir tant de choses qu'il n'est pas devenu. Et maintenant, en lettres géantes, genre HOLLYWOOD sur les collines de la ville mythique, se profilent sur les hauteurs calcinées de son existence, les mots TROP TARD.

Bon d'accord, c'est un peu noir tout ça. Mais d'un autre côté ce que le mec l'homme scribouille ici n'est rien de plus que le reflet d'un sentiment qui, s'il est authentique, sincère et réel, n'en demeure pas moins fugace et passager. Dans une heure tout deviendra plus supportable.

19:55 | Commentaires (2) |