31/01/2009

tour

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Dernièrement l'homme se faisait la réflexion qu'en fait, en y regardant bien, ben y avait comme qui dirait que des femmes qui gravitaient autour de lui. Son ex, la nouvelle Elle, les petites frangines du boulot, sa grande soeur à lui (vous permettez que je lui fasse un petit coucou? Oui, ça vous dérange pas? Merci. Alors voila : salut soeurette, je passe demain, et sur ce coup j'ai déjà commandé les fleurs que j'avais pas apporté la dernière fois because c'était un dimanche tellement férié, de fête et festif, que même les fleuristes en fleurs étaient de la fête et donc fermés...), Oasis, sa secrétaire, bref que des nanas. Amusant, ça, hein? Des mecs, y a pas. Alors moi qui le connais quand même un peu, j'me demande s'y aurait pas du freudien là dessous. Faut dire aussi que les mecs, c'est plutôt style insulaire. Non, pas insuline. Insulaire. C'est comme une île, quoi. Une fois que t'en as fait le tour, c'est fini. Et en général, le tour, c'est vite fait. Tandis qu'une femme, là, t'en finis pas d'en faire le tour. Et attention, sans jamais tourner en rond, hein. A se demander des fois si ça existe un jour que tu pourrais enfin poser tes valoches. Car c'est clair, contrairement au Tour de France, avec le Tour de Femme, si tu sais où est le départ, la ligne d'arrivée, par contre, bonne chance pour la trouver, avec ton p'tit vélo à la con.           

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28/01/2009

nécessité

essai 2

Le hasard et la nécessité, ça vous dit quèque chose ? Non ? C'est le titre d'un bouquin comme qui dirait bio-philosophique d'un mec qui s'appelle Jacques Monod et qui a gagné le Prix Nobel en 1965, après qu'un groupe de six coureurs ait été repris à moins 600 mètres de l'arrivée par un peloton déchaîné, dont il est finalement sorti vainqueur à l'issue d'un sprint mémorable dont on reparlera encore lontemps dans les chaumières. Je vous dit tout ça dans une tentative désespérée de rehausser le niveau, disons le franchement, lamentable de votre culture générale. Et donc z'avez sûrement pas lu le machin. C'est normal, l'homme non plus. Et donc son interprétation du titre est tout à fait libre et n'engage que lui. Ce qui n'engage à rien. D'ailleurs la dernière fois qu'il a voulu s'engager il a été réformé because ses pieds plats. Et donc l'homme, toujours audacieux dans ses pensées, voire téméraire dans ses raisonnements, si pas carrément novateur dans ses réflexions, a projeté (mais pas trop fort pour pas le casser) le titre du bouquin dans le domaine de l'amour. Et ça donne ceci. Dans l'amour, il y a le hasard de la rencontre qui se tresse (non, j'ai pas dit "qui se dresse", petites dévergondées, va) autour de la nécessité d'aimer. Je dis bien, la nécessité d'aimer, car peut-on concevoir la vie et le bonheur sans amour, hein ? J'vous le demande, moi.      

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27/01/2009

Et si

JudasKiss

Des fois, non mais attention hein, rien que des fois, et donc pas souvent, et en plus, seulement l'espace d'un effleurement de l'esprit, l'espace d'un moment, d'un égarement, l'homme se dit : et si... et si... il jetait tout par-dessus bord, hop, d'un coup sec, comme ça, son sens des responsabilités, ses scrupules, sa dignité, son respect de soi et des autres. Et s'il devenait à la fois Judas et Ponce Pilate et Barrabas. S'il devenait traître, mais alors un de la pire espèce, celui qui trahit non seulement les autres mais aussi soi-même. Et s'il ne pensait plus qu'à lui, qu'à l'instant, qu'à la minute, qu'à ici et maintenant, qu'à la satisfaction immédiate et sans lendemain. Et s'il devenait sale, hideux, ignoble. Haïssable et haï. Et profiteur. Et sournois. Et tout noir à l'intérieur. Et si, au lieu de l'attendre, cet amour, d'avoir de la patience, de la compréhension, de l'empathie et ben il prenait tout ce qui passe, là, tout de suite, non pas à portée de coeur mais à portée de main, sans état d'âme, sans sourciller, sans y laisser une miette de son sommeil. Heureusement... heureusement, il sait. Il sait qu'alors jamais, plus jamais, il ne pourrait supporter de croiser, ne fût-ce qu'une seconde, son regard dans le moindre reflet, dans le moindre débris de miroir, le moindre éclat de verre, morceau de vitre, coin de fenêtre, pan de vitrine ou la moindre flaque de pluie. Et alors, à cette pensée, il retrouve la raison. Et il se retrouve tel qu'il est. C'est que n'est pas salaud qui veut. Même si, très certainement, et de loin, c'est beaucoup plus confortable comme position. Non non, décidément, il est beaucoup trop honnête pour être bien dans sa peau...

13:18 | Commentaires (4) |

26/01/2009

comprendre

Tache-trop-tard-2

Vous savez ce qui rend malheureux, vous ? Non, évidemment. Et en plus, ce flan caramel qui vous clapote dans la tête quand vous bougez, c'est pas fait pour arranger les choses. Enfin soit... Et ben l'homme va vous le dire, lui, ce qui rend malheureux. Quand on comprend quelque chose, on est heureux. Quand on comprend pas, on est con. Et quand on comprend trop tard, ben alors là, on est malheureux. Ainsi, l'homme a connu plusieurs femmes. Avec la première il a confondu l'amour et le sexe. Il croyait que faire l'amour était une preuve d'amour et qu'il suffisait de le faire beaucoup pour s'assurer d'une gisquette. Un rien débile, ce mec, vous allez dire, et z'avez raison. Avec la deuxième il a confondu l'amour et la respectabilité. P'tite maison, p'tit jardin, p'tits enfants. Un rien taré, ce mec, vous allez dire, et z'avez raison. Avec la troisième il a confondu l'amour et la passion. Et quand la passion s'est apaisée, elle avait tout consumé, y compris l'amour... Là vous dites plus rien, because c'est déjà plus aussi évident, hein ? Mais c'est comme ça. Et donc, à chaque fois qu'il a compris, ben, il était trop tard. Et donc, il était malheureux. Le problème c'est que quand on aime, on comprend jamais ce qui vous arrive. Et quand, enfin, on comprend ben... il est toujours trop tard.

18:04 | Commentaires (1) |

25/01/2009

sortie

lights

Alors voila. L'homme vient de rentrer. Normal, puisqu'il est sorti. A pris sa caisse sur le tard et mis le cap sur la nuit. S'est tapé quelques boîtes. A vu plein de chaudasses, de pétasses, de blondasses. Bref, il a vu du monde. Beaucoup de monde. Mais c'est tout. Il a pas parlé. Il a pas dansé. Il s'est pas marré. En fait, les meilleurs moments, il les a passés dans sa voiture. Les fesses dans le cuir. Leonard Cohen dans les oreilles. Les yeux dans la blancheur des phares sur l'asphalte juste devant lui. La bouille dans le halo rouge-orange des cadrans du tableau de bord. Il était un peu comme le mec dans un film triste, solitaire et malheureux, sur le ruban sinueux et désert d'une route de hasard. Les dernières images, juste avant le mot fin. Il était sorti parce qu'il se sentait seul et il est rentré parce qu'il se sentait encore plus seul.

03:34 | Commentaires (2) |

24/01/2009

marionnette

m_fils

Depuis hier, l'homme râle. Attention, pas la banale mauvaise humeur avec laquelle on se lève le matin, comme ça, sans savoir pourquoi. Pas non plus le tout beau coup de sang qui vous explose boum en pleine poire, vous disjoncte le cigare sur place, vous grille les plombs dans l'instantané. Non. Plutôt une colère lente, pernicieuse, qui s'insinue insidieusement à l'insu, qui se distille au goutte à goutte à l'intérieur et qui fait que s'amplifier, grossir, envahir, envenimer. Et pourquoi, que vous allez demander. Because depuis hier rien va comme l'homme veut. D'ailleurs, depuis hier, c'est simple, c'est comme si l'homme n'avait plus rien à vouloir. Que les autres, tous les autres, veulent à sa place. Et donc que tout ce qui bouge autour de lui décide pour lui. C'est blanc, c'est noir, c'est oui c'est non, ça va ça va plus, c'est OK c'est pas OK. Et donc se sent genre polichinelle avec au bout de ses fils, pleins de trucs qui le tirent à gauche à droite, le ballottent, le brimqueballent, sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Horreur de ça, qu'il a le mec. Qu'on lui bouffe sa liberté, sa volonté, son désir, son plaisir. Et cet amour illicite, illégal, caché, planqué et donc forcément fractionné, entrecoupé, morcelé, saucissonné, n'arrange rien niveau apaisement. Pas plus d'ailleurs que tout ce temps qui s'échappe de ses poings, que pourtant, ce soir, il serre si fort.

18:42 | Commentaires (1) |

22/01/2009

frangine

tournesol

Ce soir, plus que jamais auparavant, et pour une raison qu'il n'a jamais eue auparavant, mais qu'il a très certainement aujourd'hui, le mec voulait absolument trouver les mots justes, mais alors là, tout à fait justes, et vrais et forts et tout. Des mots tout beaux, tout grands, qui cartonnent, qui vont droit au coeur. Et ben... ça va pas. Tout ce qu'il trouve, ressemble à rien. Genre blabla à cinq balles la tonne. Style guimauve à indigestion directe. C'est que certains trucs, plus ils sont profonds et moins ils se laissent saisir. Et donc écrire. Ou traduire en phrases. Ils sont là, ils se vivent et se ressentent, ça c'est sûr, mais partager... ça c'est pas évident. Enfin, la petite frangine - ma petite frangine - qui lira peut être ce machin complètement débile, et même carrément à la con, voire à la noix, ben... elle comprendra.          

23:22 | Commentaires (1) |