31/08/2008

être

schedule

C'est dimanche et le monde s'ennuie. Because il n'a rien à faire. Allez, qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui? C'est qu'en semaine c'est pas la même chose, on a des tas de trucs à faire. Faut faire ceci, faut faire cela. A tel point qu'il faut plus rien nous demander : on n'a pas que ça à faire. A mon avis on en fait trop. Faudrait en faire moins. Et je dirais même plus : et si, au lieu de toujours vouloir faire, on essayait un peu plus d'être. Tout simplement.  

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30/08/2008

tueur

temps

Il est là. Invisible et pourtant omniprésent. Et m'emmène, impitoyablement. Irrésistiblement. Je peux me débattre, hurler, me laisser tomber à terre, impassible, silencieux et sans le moindre effort, il me pousse, me tire, me traîne toujours plus avant, toujours plus loin, vers une destination que j'ignore mais que je sais terrifiante. Il ne veux rien de moi. Je le laisse totalement indifférent. Et pourtant il me réserve un sort tragique. La seule chose que je sais, c'est que c'est un tueur en série. Qu'il n'épargne personne. Que pas une âme ne lui a jamais échappé. Ses crimes sont sordides, sadiques. Parfois il agit avec une lenteur horrible, froid face aux cris et aux supplications : je vous en supplie, terminez-en. Parfois il vous achève d'un coup sec, par surprise, sans s'arrêter le moins du monde sur vos yeux écarquillés par l'incrédulité : déjà !? Face à lui, l'homme se marre plus. Se sent plutôt minuscule, le mec. Sa grande gueule, il la laisse au vestiaire. Aurait même plutôt tendance à jouer les larbins. Serait peut-être même capable de trahir. De collaborer. De jouer dans l'abjecte. Prenez celui-ci, prenez celle-là mais épargnez-moi. Laissez-moi devenir votre esclave, je ferai ce que vous voudrez. Mais l'assassin n'a besoin de personne, pas d'accolytes, pas de lieutenants, pas de fantassins, pas d'aides. Il fait tout, tout seul. Depuis toujours et jusqu'à la fin de la dernière éternité. Tout ça pour dire que parfois, ben... il trouille, l'homme, quand agenouillé, haletant et tremblant il ose parfois relever son regard pour, l'espace d'une seconde, croiser les orbites vides du temps.          

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28/08/2008

con

sondage



L'homme trouve que tout le monde - c'est à dire, soyons précis, tous les autres, à part lui - est con. Aaah, non seulement c'est pas vrai, mais en plus c'est pas beau de penser ainsi. Non mais attend, quelle arrogance, quelle suffisance, quelle impudence, qu'il a ce mec. D'un autre côté, quelle jouissance, quelle aisance et quelle assurance aussi, de vivre avec cette idée que c'est pas vous qui vous plantez toujours mais que vous vous plantez toujours à cause des autres. C'est que ça vous confortable la vie, ça hein, que ça vous bonne la conscience et vous sanse les complexes (alors ici, j'ouvre une parenthèse pour dire chapeau, casquette et même képi pour cet intrépide dynamiteur de grammaire, ce terroriste linguistique, ce saboteur de Grévisse qu'est l'homme, qui dans une seule et même phrase n'a pas hésité une seconde à transformer pas moins de deux adjectifs plus une préposition en autant de... verbes ! Non mais, tout de même, faut le faire, hein... Respect, man, respect). Alors, si ça vous fait tant de bien de vous croire tellement supérieur aux autres, pourquoi s'en priver, hein? Parce que c'est laid, voila pourquoi. D'ailleurs je le lui ai déjà mille fois dit et répété. Mais il me répond toujours la même chose, que je suis tout à fait con.

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27/08/2008

testomatrones

matrone

L'homme est un littéraire. C'est clair. Mais il a aussi un petit côté scientifique. Ainsi il a dernièrement publié aux Editions du Falzar une étude intitulée 'Questions de filles ou de mort', dans laquelle il propose une taxonomie des nanas tout à fait innovante. Pour les h/f qui décrocheraient sur le mot taxonomie, j'esplique que ça n'a rien à voir avec les taxes ou les impôts mais que ça veut dire quèque chose comme classification, dans ce cas-ci, des nanas. Et donc, dans cette oeuvre magistrale il distingue, entre autres, une classe de nanas qu'il appelle les testomatrones. Il s'agit ici d'une classe relativement marginale de frangines qui souffrent d'un taux particulièrement élevé de mâlité, ce qui n'est pas douloureux en soi, mais qui les rend totalement imbuvables pour les michetons non atteints de masochisme généralisé et tout à fait impropres à la consommation, tant nuptiale que charnelle hors mariage. Toutefois elles présentent aussi des points positifs. Ainsi elles sont très prisées dans les milieux militaires, surtout dans le grade de sergeant-major, où leurs éclats de voix font merveilles, dans les milieux policiers, où leur jeu de matraque suscite l'admiration lors des manifs, et naturellement dans les milieux cuirs-fouets-lèche mes bottes, où elles font un tabac chez les mecs qu'elles tabassent. Conclusion générale: les testomatrones, malgré ces quelques défauts, valent néanmoins le détour, et même un large détour, dans la mesure où il vaut mieux ne pas les rencontrer sur son chemin.   

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26/08/2008

présent

cage

Vous appelez l'ascenceur. La porte s'ouvre. Vous faites un pas en avant. Ben quoi, rien de plus normal, qu'est-ce qu'il a encore trouver à radoter, ce mec... Et ben non, justement, c'est pas normal. Mettons que vous appeliez l'ascenceur, que la porte s'ouvre, que vous faites un pas en avant et que, pour l'une ou l'autre raison, l'ascenseur ben... il n'est pas là... Aaah, à ça on pense pas, hein... C'est la culbute dans le vide. Et salut bonsoir, heureux de vous avoir connu... Pourquoi l'homme dit ça? C'est simple. L'homme dit ça parce que tout le monde pense toujours à ce qui s'est passé hier, à ce qui va se passer demain, à la terrible nana de deux bureaux plus loin, à sa belle-mère qui vient le weekend prochain, à sa bobonne qui va râler parce qu'y a foot ce soir à la télé, bref on a le cigare tellement bourré d'histoires anciennes et à venir qu'on en oublie ce qu'on fait, que le présent en est totalement éclipsé, qu'on vit en pilote automatique. Et ça c'est terrible, ça. Non non, il est important de stopper les machines de temps en temps, de s'arrêter de temps à autres, de prendre conscience, le temps d'une pose, de ce moment véritablement unique qu'est le présent dans lequel on vit et de le vivre pleinement. Sinon il est perdu pour toujours, sans que personne, dans toute l'éternité, ne puisse jamais le revivre. Et ça, c'est impardonnable.       

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25/08/2008

choix

boidorman

Bonne nouvelle pour les mecs de seconde zone: selon une étude menée à l'université je sais plus laquelle de je ne sais plus où, il paraîtrait que les frangines n'ont aucun intérêt à épouser le gars qui est leur premier choix, le prince charmant, celui qui leur fait passer le coeur à la vitesse supérieure, qui leur flashe la rétine et leur huile instantanément l'épongette à fantasme, mais plutôt l'autre petzouille, celui qui reste un peu à l'ombre mais qu'elles connaissent bien et avec qui elles se sentent en confiance, parfaitement à l'aise, sans devoir forcer la dose. C'est que le mec de catégorie A a autant de défauts que le mec de catégorie B. Seulement ça, les frangines le voient pas. Sauf une fois scotchés ensemble. Et alors c'est trop tard. C'est l'amertume, l'amère déception et la mer à boire. Tandis qu'avec le mec du banc des réserves, ben elles connaissent ses petits travers et donc y a pas déception et donc ça colle mieux. Aaah, l'homme aime assez cette théorie. Allez, tout n'est pas perdu pour lui...

PS Autre constatation de la même étude : les couples qui se disent malheureux se disputent exactement autant que les couples qui se disent heureux... C'est donc pas les disputes qui comptent mais la manière de les règler. A méditer ça, non ?

     

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24/08/2008

Racines

racines600

L'homme envie ceux qui ont des racines. Lui, il s'est trimballé partout, n'est jamais resté assez longtemps. Il est venu, s'en est allé. S'est intégré un jour, s'est désintégré le lendemain. Pour suivre son coeur. Toujours. Et la passion fait pas de prisonniers, ne connait pas d'amis, brûle non seulement l'âme mais aussi la terre, les ponts et les bateaux. Et donc, parfois, ça lui manque, à l'homme, de n'avoir pas pu s'élever dans un humus richement tressé de radicules, dense en rhizomes et en tubercules, enrichi de passé, de récits, d'attaches. Pas toujours évident de naviguer sans ancre, de nager sans jamais avoir pied. D'un autre côté, peut-être l'homme est-il devenu asocial par nécessité, par pur instinct de préservation, connaissant les dictats du coeur. 

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